Montréal doit verser une compensation, estime Ferrandez

<em>«Le prix doit être assez élevé pour qu’on y songe à deux fois»</em> avant de faire ce genre de manoeuvre, avance Luc Ferrandez, sans préciser de sommes.<br />
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir «Le prix doit être assez élevé pour qu’on y songe à deux fois» avant de faire ce genre de manoeuvre, avance Luc Ferrandez, sans préciser de sommes.

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, Luc Ferrandez, réclame de l’administration Coderre qu’elle se conforme au principe du « pollueur-payeur » et verse un montant pour compenser l’impact négatif qu’entraînera le déversement prévu de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

Ce dernier a d’ailleurs pressé vendredi Environnement Canada, qui n’a pas encore donné son feu vert à cette mesure controversée, d’enjoindre au maire Denis Coderre de « compenser » en argent et par diverses mesures la pollution qui pourrait être générée par cette opération majeure. Si les entreprises polluantes sont soumises à la politique du « pollueur-payeur », Ferrandez ne voit pas pourquoi l’administration municipale y échapperait.

« Personne n’a étudié le principe de compensation. Nous demandons au gouvernement fédéral d’être sérieux et de ne pas juste faire un combat de coqs pour faire des gains électoraux. On lui demande d’étudier avec la Ville de Montréal un processus de compensation », a défendu Luc Ferrandez.

Vendredi, M. Ferrandez a ajouté qu’il ne pouvait dire à l’heure actuelle s’il s’opposait ou non à la purge d’un des trois égouts collecteurs devant débuter le 18 octobre, puisque les études prouvant qu’il s’agit de la seule solution envisageable n’ont toujours pas été dévoilées par la Ville. « On ne sait toujours pas s’il y a urgence », a-t-il dit, dénonçant l’opacité de l’administration Coderre dans ce dossier.

La Ville de Montréal, qui a refusé de commenter la sortie de Projet Montréal, a de son côté indiqué aux médias que des discussions entre l’administration Coderre et les ministères fédéral et provincial de l’Environnement ont été entreprises vendredi après-midi. Des experts des trois parties poursuivent l’étude du dossier.

Le fleuve en péril

Un expert en biologie et ex-fonctionnaire au ministère de la Faune, Pierre Dumont, est par ailleurs venu appuyer les propos du chef de Projet Montréal en soulignant que le fleuve Saint-Laurent était « déjà en surcharge ». « Le lac Saint-Pierre est déjà un canari qui suffoque et dans le golfe du Saint-Laurent, il y a une zone en déficit d’oxygène qui s’agrandit. Il y a déjà deux lumières rouges allumées », a-t-il dit.

La situation est déjà grave, ajoute-t-il, puisque en aval de Montréal, le tiers des spécimens d’une espèce de poissons-sentinelle naissent hermaphrodites, affectée par les perturbateurs endocriniens présents dans l’eau. Il faut selon lui devancer les échéanciers prévus à Montréal et dans d’autres villes en aval de la métropole pour moderniser ou construire des usines d’épuration plus efficaces puisque de nombreuses surverses nuisent déjà à la santé du fleuve.

Selon Sylvain Ouellet, critique en matière d’environnement pour Projet Montréal, la controverse soulevée par le déversement projeté a frappé l’opinion publique. « On n’a toujours pas la carte pour savoir où auront lieu les déversements et le bilan des déversements. Il faudrait que la Ville transmette aux citoyens en temps réel tous les événements liés aux surverses. »

5 commentaires
  • . Cabana, Séguin inc. - Abonné 9 octobre 2015 15 h 21

    Refaire la piste cyclable sur Rachel en échange?

    Allez mon cher M. Ferrandez,
    vous qui êtes expert en égoût à ciel ouvert
    promettez-nous que les chantiers
    qui défigurent votre quartier
    ne seront pas en vain, mais en vers
    des pistes tels des poèmes où nous serons enfin à l'aise

    P.S. et à combien se chiffre la facture d'avoir tuer les artères commerciales du Plateau?

    Étienne Gour

  • Robert Beauchamp - Abonné 9 octobre 2015 15 h 24

    Le cas Coderre

    Comment va s'y prendre le joyeux maire pour nous vanter les mérites de l'effort écologique à l'avenir? Comment va-t-il s'y prendre pour nous justifier de futurs investissements en matière écologique? Du gazon biologique pour le futur stade de baseball?

  • Hélène Paulette - Abonnée 9 octobre 2015 17 h 35

    Tout à fait, monsieur Ferrandez.

    Il faut cesser de prétexter les coûts plus élevés pour contourner les normes environnementales. S'il n'y a vraiment aucune autre solutions, des sommes substantielles doivent être versées aux organismes qui s'occupent de la santé du fleuve et sont en grand besoin de financement par les temps qui courent...

  • Maryse Veilleux - Abonnée 9 octobre 2015 21 h 29

    Débats de société

    Avant de faire ces déversements il y aurait dû avoir des débats publics pour discuter du pourquoi ils voulaient faire ces travaux et qu'il soit discuté s'ils étaient fait, ou si d'autres choix de société devaient être priorisés.

  • Robert Beauchamp - Abonné 9 octobre 2015 23 h 39

    Subventions à Poly

    Je ne comprends pas qu'il puisse être du ressort de la ville d'octroyer des subventions de recherche sur une base récurente. N'est-ce pas là du ressort des 2 palliers de gouvernement? Cela ressemble-t-il aux subventions octroyées par Hydro-Québec? À chacun sa mission et non pas par des octrois obtenus par le fruit de contacts dits personnels. La recherche à Poly et ailleurs mérite d'être soutenue par les gouvernements et non pas par les créatures de ceux-ci dont les missions sont pourtant bien définies. Dans ce dossier, la perte de crédibilité de la Ville a un effet contaminant sur les dits «partenaires» subventionnés. Au fait on dit subventions à la recherche à Poly. À quel type de recherche les subventions de la Ville ont-elles été appliquées?