Coderre met le cap sur le statut de métropole

Maintenant que, dans une forte majorité, les municipalités québécoises ont donné leur aval au pacte fiscal, l’administration de Denis Coderre met le cap sur les négociations qui devraient permettre de doter Montréal d’un statut de métropole en février 2016.

Réunis en congrès à Québec, les membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) ont approuvé à 75 % le projet de pacte fiscal samedi. Quelques jours auparavant, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) avait fait de même dans une proportion de 80 %.

Le pacte devrait être signé mardi à Québec, a indiqué le maire Denis Coderre au Devoir, et une loi-cadre sur la gouvernance de proximité devrait être adoptée d’ici l’automne 2016.

Si ce pacte reconduit une partie des compressions de 300 millions imposées dans le pacte transitoire de 2015, il permettra aux villes de toucher des revenus supplémentaires par l’entremise de diverses mesures. Le pacte accordera aussi aux municipalités le pouvoir d’imposer des conditions de travail à leurs employés.

Les créatures des provinces

L’étape du pacte fiscal étant franchie, Montréal intensifiera ses discussions avec le gouvernement dans le but d’obtenir le statut de métropole qui accorderait à la Ville une nouvelle autonomie en matière de développement économique, de gouvernance et de développement social. La Ville de Québec mène des discussions similaires pour son statut de capitale.

L’administration Coderre souhaite notamment que la Ville n’ait plus à demander la permission au gouvernement du Québec pour modifier les limites de vitesse dans ses rues ou déterminer les heures d’ouverture des commerces. « On est imputables devant la population. On est capables de prendre des décisions, indique le maire. On passe de créature des provinces à gouvernement de proximité. »

 

Comité consultatif

En prévision de ces négociations, Denis Coderre a mandaté un comité consultatif présidé par Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, pour lui faire des recommandations. Les autres membres du comité sont Léopold Beaulieu, Laurence Bherer, Stephen R. Bronfman, Dr Gilles Julien, Éric Lamarre, André Maltais, John Parisella, Claude Séguin et Louise Roy.

Ce comité a remis son rapport au maire, mais celui-ci refuse de dévoiler les recommandations qui lui ont été formulées. Celles-ci seront rendues publiques la semaine prochaine, dit-il. D’ici là, Monique F. Leroux abordera les enjeux économiques liés au statut de métropole lors d’un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain mercredi.

En janvier dernier, à l’issue de consultations auprès de la société civile, la Conférence régionale des élus avait notamment suggéré que Montréal obtienne une autonomie complète en matière d’habitation ainsi que les budgets qui s’y rattachent, qu’elle ait un pouvoir d’influence sur la grille de sélection des immigrants, qu’elle dispose de leviers supplémentaires pour stimuler l’activité économique et que les budgets en santé et services sociaux tiennent compte de la spécificité de Montréal.

En matière de développement économique, le maire rappelle que Montréal n’avait pas les outils nécessaires pour retenir Electrolux et concurrencer les mesures incitatives financières offertes par l’État du Tennessee à l’entreprise. « Il y a Investissement Québec. Moi, je pense qu’on devrait avoir Investissement Montréal », indique-t-il.

Mais pas question de toucher au nombre d’élus, qui sont 103 à l’heure actuelle, ou d’envisager des fusions d’arrondissements, assure le maire. Même un statut de métropole ne permettrait pas à la Ville d’intervenir dans ce domaine, dit-il : « J’ai promis qu’à mon premier mandat, il n’y aurait pas de changements sur le nombre d’élus ou d’arrondissements. On n’a pas besoin d’embarquer là-dedans pour l’instant. »

À voir en vidéo