Tenue soignée obligatoire pour les chauffeurs de taxi

Des chauffeurs de taxi de Montréal ont à nouveau défilé dans les rues pour dénoncer le service Uber. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des chauffeurs de taxi de Montréal ont à nouveau défilé dans les rues pour dénoncer le service Uber. 

Montréal veut en finir avec les chauffeurs de taxi à l’apparence négligée. À compter du 1er janvier, le pantalon noir et la chemise ou le chandail blanc seront de rigueur pour tous les chauffeurs. Et tous les véhicules devront être dotés de caméras.

Le comité exécutif a approuvé mercredi des modifications au règlement sur le transport par taxi dans le but de moderniser l’industrie durement éprouvée par l’arrivée d’Uber.

Tel que le stipulait le plan d’action du Bureau du taxi dévoilé en août dernier par le maire Denis Coderre, des caméras devront être installées dans tous les véhicules taxis.

Les chauffeurs et propriétaires de taxi ne pourront visionner les images captées à l’intérieur du véhicule, car seuls les policiers ou agents de la paix y auront accès. « On est dans une société de droit. Il faut protéger les gens. Il faut gérer avec beaucoup de parcimonie le traitement des données confidentielles », a rappelé le maire Coderre mercredi.

Code vestimentaire

Le nouveau règlement prévoit également un code vestimentaire que les chauffeurs seront tenus de respecter : pantalon long noir obligatoire, chemise blanche ou chandail blanc de type polo avec des manches, chaussures fermées et chaussettes. Entre le 1er mai et le 30 septembre, les chauffeurs pourront oser le bermuda noir.

« On veut que ce soit des ambassadeurs et qu’ils paraissent bien », a indiqué Aref Salem, responsable du transport au comité exécutif.

Des règles vestimentaires sont aussi prévues pour les chauffeurs et chauffeuses de limousines qui devront, en tout temps, porter un complet ou un tailleur.

La Ville souhaite que l’industrie du taxi rajeunisse sa flotte de véhicules. Ainsi, l’âge des véhicules permis ne pourra dépasser huit ans. Le règlement entrera en vigueur le 1er janvier, mais les chauffeurs auront un an pour se conformer aux dispositions concernant l’âge des véhicules et les caméras.

Les programmes de formation des chauffeurs de taxi pourraient aussi être revus dans la foulée du nouveau règlement.

Fonds de développement

Afin de donner un coup de pouce à l’industrie, le Bureau du taxi de Montréal s’affaire à mettre sur pied un fonds de développement. Ce fonds sera vraisemblablement alimenté par des revenus publicitaires et possiblement des contributions gouvernementales, a indiqué Marie-Hélène Giguère, chargée de communication au Bureau du taxi. « Notre objectif, c’est d’aider l’industrie afin que la facture ne soit pas refilée en totalité aux chauffeurs et aux propriétaires de taxi. Mais c’est sûr qu’il va y avoir une contribution qui va être attendue de leur part », a-t-elle dit.

Elle précise que les modifications apportées aux règles sur l’âge des voitures ne toucheront que 250 véhicules. Quant aux appareils permettant le paiement des courses par carte de crédit ou de débit, qui seront obligatoires à compter du 15 octobre, les trois quarts des véhicules en sont déjà dotés, a-t-elle signalé.

À Bruxelles aussi

Près de 400 chauffeurs de taxi de toute l’Europe s’étaient donné rendez-vous au centre-ville de Bruxelles afin de protester contre Uber, qu’ils accusent d’être de la « concurrence déloyale ». La circulation a été fortement perturbée en pleine heure de pointe dans le centre de la capitale belge, ainsi que les autoroutes menant à l’aéroport international. « Nous subissons de nombreux contrôles alors que des particuliers travaillent exactement comme des taxis sans payer les mêmes taxes », a notamment déclaré à l’AFP Concha Guardado, responsable de l’association Elite Taxi de Madrid, exprimant la grogne de ses collègues d’ailleurs en Europe. « Nous voulons une chose : Uber hors d’Europe », a déclaré quant à lui Kamel Abdellaoui, chauffeur londonien.