Mobilisation pour sauver les vestiges du Village des Tanneries

Les fondations de plusieurs bâtiments anciens ont été exhumés aux abords de l’échangeur Turcot.
Photo: Jean-François Nadeau Le Devoir Les fondations de plusieurs bâtiments anciens ont été exhumés aux abords de l’échangeur Turcot.

Les fouilles archéologiques réalisées cet été sous l’échangeur Turcot dans le Village des tanneries ont permis d’exhumer de nombreux objets, mais également de dégager les fondations de bâtiments anciens. Comme les vestiges de ces bâtiments sont appelés à disparaître à la faveur du chantier Turcot, des élus montréalais et défenseurs du patrimoine interpellent Québec pour en sauver une partie.

Le ministre des Transports, Robert Poëti, la ministre de la Culture, Hélène David, et le maire de Montréal Denis Coderre doivent faire une annonce dimanche au sujet de ce site archéologique. Mais selon les informations obtenues par Le Devoir, l’annonce devrait porter sur le don par le MTQ de 150 caisses contenant des artefacts à la Ville de Montréal et du versement de 200 000 $ pour leur mise en valeur.

Le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, croit qu’il faudrait aussi préserver certains des bâtiments. Depuis qu’il a appris les intentions du ministère des Transports du Québec (MTQ) de ne pas les conserver, il a entrepris de mobiliser les citoyens pour sauvegarder ces témoins d’un chapitre important de l’histoire de Montréal. Les premières tanneries ont été fondées vers 1685 et ont mené à la création de Saint-Henri.

« Notre position n’est pas dogmatique, soutient M. Dorais. On ne parle pas de stopper les travaux de Turcot pendant des mois. Ce qu’on veut, c’est de forcer un engagement de la part du gouvernement du Québec pour la préservation des vestiges au-delà des intentions exprimées par le MTQ. On ne parle pas de l’entièreté des découvertes, mais on parle de conserver certains bâtiments. »

Pause demandée

Benoit Dorais, appuyé par les élus de l’arrondissement et par plusieurs personnalités comme l’historien Marcel Tessier ; le président de la Société historique de Saint-Henri, Guy Giasson ; et l’ancienne ministre Louise Harel, souhaite que le MTQ prenne un temps d’arrêt pour permettre de trouver une solution.

Le MTQ soutient qu’il lui est impossible de garder les bâtiments. « L’emplacement des vestiges est situé à un endroit stratégique. C’est là que va passer le collecteur d’eaux usées qu’on est en train de dévier et qu’on va réaménager l’intersection des rues Saint-Jacques et Saint-Rémi, et du boulevard Pullman », a indiqué au Devoir Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ.

Mme Bensadoun souligne toutefois que compte tenu des découvertes archéologiques, le MTQ a déjà demandé au promoteur chargé de reconstruire l’échangeur Turcot de retarder les travaux qu’il devait réaliser sur le site. Mais à la fin du mois de septembre, le promoteur devrait avoir le feu vert pour aller de l’avant.

S’il ne conserve pas les vestiges des bâtiments, le MTQ réalisera une modélisation 3D des découvertes afin qu’elles puissent être reconstituées virtuellement.

Benoit Dorais croit qu’il serait possible de conserver et mettre en valeur quelques bâtiments sur les zones où du gazonnement est prévu. D’ici le dénouement qu’il souhaite, il invite les citoyens à une vigie à la chandelle lundi soir à 19 h aux abords du site, à l’angle des rues Saint-Rémi et Cazelais.

2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 12 septembre 2015 05 h 11

    Une trace !

    Une trace d'humanité ancienne ?
    De l'existence tangible d'une société particulière et pré-canadian ???
    Vite, il faut agir !
    En avant les pelleteuses hydroliques. Les marteaux-piqueurs ! La dynamite s'il le faut !!! Vous serez bien payés.
    Que tout soit effacé au plus tôt. Avant que le peuple du Québec n'arrive à se réveiller en entier pour appercevoir son rabougrissement, lui qui ne vient pas de son propre déterminisme mais de la détermination historique d'un voisin à se présenter comme son maître...
    Seul après sa sublimissime Madame Deux, bien entendu.
    Elle et tous les suivants en génération qui viendront.
    Allez, rayez moi tout ça de la carte au plus sacrant ! Qu'on en parle tellement de moins en moins, que cela finisse par être que plus du tout.
    Ca presse, on dirait que quelques-uns de ces "ordinaires" qu'on croyait définitivement vaincus, reprennent du galon. Oui-oui, je vous l'assure, moi le chef de l'abrutissement définitif, j'en ai même vu quelques-uns qui frémissaient encore de savoir que d'autres des leurs, continuaient à respirer.
    A respirer cet air mi-salin de ce foutu Fleuve qu'ils aiment tant et qui fait malheureusement encore battre leurs coeurs de bélugas moribonds.
    Coeur rempli de feuilles et d'arbres de toutes ces maudites couleurs qu'ils ne se décident toujours pas à les évacuer, tellement elles sacrochent en eux.
    Je suis le roi du monde ! Celui de leur monde aussi, donc.
    Que disparaissent toutes ces pierres qui ne servent à rien, sinon qu'à représenter un risque pour mon ultime "unitéformité". En plus que tout cela date de cette hideuse époque où se mêlaient librement à eux les Sauvages qui aujourd'hui, par bonheur, sont mieux policés...
    Pas de quartier pour le quartier de Saint-Henri. Faudrait surtout pas que ses habitants, descendants d'Habitants, pensent qu'on les abandonne au triste sort de faire partie de la société qu'ils appellent pompeusement "québécoise".
    Et qui n'existe pas, je le prouverai en montrant le néant de leurs racin

  • Gilbert Turp - Abonné 13 septembre 2015 09 h 03

    Des ronds-points au lieu d'un échangeur

    On pourrait refaire les plans autour de ces vestiges et repenser le réseau sur une base de ronds-points plutôt qu'un échangeur. On sauverait quelques milliards et bien de la laideur.