Les Amis de la montagne opposés au terrain synthétique

La Ville veut profiter des travaux de réfection de la membrane d’étanchéité du réservoir d’eau McTavish, qui se trouve en souterrain, pour réaménager le parc Rutherford en surface.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La Ville veut profiter des travaux de réfection de la membrane d’étanchéité du réservoir d’eau McTavish, qui se trouve en souterrain, pour réaménager le parc Rutherford en surface.

Les Amis de la montagne pressent la Ville de Montréal de renoncer à son projet de terrain synthétique dans le parc Rutherford, sur le flanc sud du mont Royal. Selon l’organisme de défense de la montagne, le plan de réaménagement du parc contrevient aux règles de protection du site patrimonial du Mont-Royal.

Dans un document remis à l’arrondissement le 19 août dernier et dont Le Devoir a obtenu copie, les Amis de la montagne rappellent l’opposition générale suscitée par le projet et détaillent les raisons qui les amènent à réclamer de la Ville qu’elle reconsidère son projet.

Rappelons que la Ville veut profiter des travaux de réfection de la membrane d’étanchéité du réservoir d’eau McTavish, qui se trouve en souterrain, pour réaménager le parc en surface. L’arrondissement compte aménager un terrain multisports de gazon synthétique pour la pratique du soccer, du football et du rugby.

Îlots de chaleur

Comme le parc Rutherford est situé dans le périmètre du site patrimonial du Mont-Royal, son aménagement doit respecter les principes directeurs déterminés par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, rappellent les Amis de la montagne.

Dans ce contexte, la Ville devrait être exemplaire en matière de développement durable et renoncer à l’aménagement d’un terrain synthétique, qui contribue à la formation d’îlots de chaleur, plaide l’organisme. Plusieurs études soulèvent aussi des doutes quant aux effets du gazon synthétique sur la santé humaine, ajoute-t-on.

L’installation de quatre fûts d’éclairage de 30 mètres de haut aura un impact négatif sur le paysage tant le jour que la nuit, déplore l’organisme. L’aménagement de gradins et de filets tel qu’envisagé nuira aussi à l’esthétique du parc et à l’intégrité du paysage, prévient l’organisme.

Le partage du temps d’utilisation du terrain pose aussi problème. La part d’au moins 55 % accordée à l’Université McGill entraînera « une perte d’usage public et des risques de privation d’un parc municipal », estiment les Amis de la montagne. « Si besoin il y a d’un terrain sportif en ce lieu, il faudrait aménager un terrain de sport naturel, sans usage de fûts lumineux, et destiné à titre égal aux résidents et aux groupes sportifs de l’arrondissement », écrivent-ils.

Avec ces recommandations, les Amis de la montagne ajoutent leur voix influente à celle de nombreux résidents du secteur qui, réunis au sein des Amis du parc Rutherford, dénoncent depuis des mois le projet de la Ville et réclament l’abandon du gazon synthétique au profit d’un espace herbacé naturel accessible à l’ensemble de la population.

Coderre demeure ferme

En avril dernier, à un citoyen qui signalait l’existence de quatre terrains sportifs, dont trois synthétiques, dans un rayon d’un kilomètre, le maire Denis Coderre avait été ferme : « À un moment donné, gouverner, c’est choisir. J’en ai parlé aux Amis de la montagne. On ne reculera pas. On a besoin de ça. »

Comme il est situé dans l’aire protégée du Mont-Royal, le projet du parc Rutherford devrait recevoir l’aval du ministère de la Culture. Mercredi, le ministère a indiqué que le dossier était toujours à l’étude.

En juillet dernier, le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Luc Ferrandez, avait accusé l’administration Coderre de mettre en péril l’intégrité du mont Royal avec ce projet de terrain synthétique et celui de la transformation de l’ancien couvent du 1420, boulevard Mont-Royal en condos.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 10 septembre 2015 08 h 24

    Coderre erre !

    Cet éclairage aveuglant déforme et enlaidit le paysage nocturne montréalais. Et pourquoi réserver aux étudiants de McGill, qui possèdent déjà le plus riche campus unversitaire du Québec, un morceau de notre montagne à nous tous?

  • François Beaulé - Abonné 10 septembre 2015 11 h 20

    Terrains synthétiques : Danger !

    Les terrains synthétiques sont dangereux. Les joueurs et notamment les gardiens de but, avalent des micro-billes de benzène qui est cancérigène. Un taux anormalement élevé de leucémies a été mesuré chez les enfants gardiens de but ayant joué sur des terrains synthétiques. Certains États et Villes américaines les interdisent, dont la Ville de New-York.

    De longs et coûteux travaux viennent de se terminer sur un terrain du Centre Claude-Robillard. Un terrain synthétique y avait été installé il y a 5 ou 6 ans. Ce terrain était mal drainé et la surface synthétique n'a pas résisté longtemps. Auparavant et depuis 1976, ce terrain était en gazon naturel. Plutôt que de refaire le terrain au naturel, de longs travaux ont été exécutés pour creuser en profondeur et installer de la tuyauterie sous cet immense terrain. Puis une couche de 2 pouces de styrofoam a été placée et du gravier et du sable recouvert d'une couche d'asphalte et finalement d'une surface synthétique.

    Le maire Coderre est obsédé par les sports d'équipe et au diable les dépenses !

    Jeanne Corriveau devrait enquêter pour faire connaître aux Montréalais le montant global des dépenses pour ce terrain situé au sud-est du complexe Claude-Robillard. D'abord pour installer une première surface synthétique il y a quelques années. Puis pour les travaux majeurs qui viennent tout juste de prendre fin. Alors qu'un terrain en gazon naturel était déjà utilisable depuis 1976.