La «poubelle» de Montréal deviendra un parc urbain

Longtemps exploitée pour la pierre calcaire qui s’y trouve, la carrière Miron est devenue un dépotoir dans les années 1960.
Photo: Ville de Montréal Longtemps exploitée pour la pierre calcaire qui s’y trouve, la carrière Miron est devenue un dépotoir dans les années 1960.

Un immense parc verra le jour au-dessus des 40 millions de tonnes de déchets qui ont été enfouis dans le dépotoir de la carrière Miron au cours des dernières décennies. Dans le cadre d’un ambitieux projet de réhabilitation écologique, Montréal compte transformer le site du Complexe environnemental de Saint-Michel en un parc d’une superficie de 153 hectares au coeur de la ville.

L’ensemble du projet ne sera pas prêt avant 2023, mais la Ville entend achever l’aménagement de 18,5 hectares à temps pour les célébrations du 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Un montant de 33,7 millions est déjà prévu pour cette première phase, qui comprendra le réaménagement de terrains en bordure de la rue Papineau et de la rue d’Iberville, ainsi que l’amélioration des cinq entrées du site.

La Ville n’a pas été en mesure de préciser le coût total des investissements qui seront requis pour la réalisation des phases subséquentes.

« New York a son Central Park, Paris, son Jardin du Luxembourg, et Londres, son Hyde Park. Les grandes villes du monde sont reconnues pour leurs espaces verts légendaires. Montréal a déjà le parc du Mont-Royal et, dans quelques années, elle aura un autre parc emblématique, ici au Complexe environnemental de Saint-Michel », a soutenu le maire Denis Coderre, vendredi.

Longtemps exploitée pour la pierre calcaire qui s’y trouve, la carrière Miron est devenue un dépotoir dans les années 1960. Pendant des décennies, au grand dam des résidants du quartier Saint-Michel, les déchets se sont entassés dans ce dépotoir. La Ville de Montréal a acheté le site en 1984 et l’enfouissement a cessé en 2000. Le parc que la Ville veut maintenant créer sera le deuxième de la métropole pour la superficie, après le parc du Mont-Royal.

Vendredi, la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Anie Samson, a rappelé les tourments qu’ont endurés les résidants de Saint-Michel pendant des décennies. « Il y a une vingtaine d’années, on disait que c’était la plus belle poubelle à Montréal. On recevait les déchets de partout. […] On a mis les efforts nécessaires pour en faire le plus beau des jardins. »

 

Quatre secteurs

Le site sera divisé en quatre secteurs, dont les plus grands seront la « plaine » et le « boisé », qui reposeront sur un sol où les déchets enterrés atteignent une épaisseur de 70 mètres. La Ville reconnaît que le sol sera plus instable dans la plaine, où des matières putrescibles ont été enfouies, et c’est pourquoi elle n’y plantera pas d’arbres. Une oeuvre d’art public réalisée par l’artiste Alain-Martin Richard sera installée dans le secteur du boisé. Au nord-est du site, un lac sera aménagé, mais la baignade n’y sera pas permise.

La Ville continuera de capter les biogaz produits par la décomposition des déchets et de traiter le lixiviat produit par l’ancien dépotoir.

Le maire Coderre a promis que l’accès par transport en commun serait amélioré.

À l’heure actuelle, le site porte le nom de Complexe environnemental de Saint-Michel, mais l’administration compte bien donner un nom plus évocateur au parc. « On aime beaucoup Frédéric Back », a indiqué le maire.

3 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 29 août 2015 10 h 55

    On a déjà le plus beau parc-nature au monde!

    On a le magnifique parc de l'ILe Ste-Hélène. Malheureusement, on a permis à un multi-millionnaire de prendre quelques hectares pour sa folie de l'au-delà! Malheureusement, on permet des festivals du type "osheaga" d'envahir le site avec ses sons tonitruants, pendant que le stade ne sert toujours à rien. Malheureusement, on permet aux plus riches de venir marier leur fille en prenant d'assaut une grande partie de l'Ile , à leurs propres fins! Malheureusement, on aurait dû garder et poursuivre les "Floralies" qui nous ont permis pendant de nombreux étés, d'aller se balader dans ce magnifique jardin dans un calme unique à quelques pas d'une grande ville., avec vue magnifique de notre fleuve. Au lieu de cela, on va investir des millions dans ce dépotoir, qui laisse encore échapper des biogaz provenant des tonnes de déchets enfouis. On l'a "mise en mini-jupe" notre Ile Ste-Hélène, comme disait F. Leclerc dans sa chanson sur l'Ile d'Orléans!

  • Denis Paquette - Abonné 29 août 2015 15 h 02

    L'humain quel prédateur intarissable

    Aura-t-on fini d'y retirer le méthane qui s'y trouve, ne nous avait-on pas dit que nous en avions pour cent ans, quelle est la grandeur de cette fosse et la quantité de déchets qui s'y trouve, un sous-sol de plusieurs millions de pieds cubes de déchets ca ne s'efface pas comme ca, l'humain quel prédateur intarissable

    • Jean Richard - Abonné 30 août 2015 10 h 34

      Que sont nos déchets ? Des métaux, des plastiques (faits de pétrole), des restes d'aliments... Bref, nos déchets sont des choses qui viennent de la terre et qui finissent par y retourner.

      Il faut se demander qui de la terre ou de l'humain est le plus habile à recycler ce que dans le jargon administratif on appelle nos matières résiduelles.

      Et si c'était la nature ? Dans ce cas, le parc tel que conçu par la Ville pourrait être une erreur écologique car l'idée qu'on se fait d'un tel parc est liée à l'artificialisation.

      L'artificiel ne s'oppose pas nécessairement au naturel, sauf quand le premier tient absolument à détrôner le second. Par exemple, le fait qu'on ne veuille pas planter d'arbres dans une section du futur parc tient-il à la crainte que ces derniers ne poussent pas ou à celle qu'ils poussent en s'adaptant au sol instable et qu'il ne ressemblent plus au modèle qu'on avait imaginé ?

      Si on veut faire du futur parc un parc Jarry en plus grand, c'est qu'on aura choisi la domination de l'artificiel, ce qui pourrait enlever à la nature son pouvoir d'adaptation (après tout, on commence à admettre que les épaves qui jonchent le fond des mers ont été adroitement récupérées par diverses espèces vivantes – ce qui ne signifie pas pour autant qu'on doive tout basculer à la mer en se disant que la faune va faire le travail de récupération à notre place). Si au contraire on met tout en place pour que la nature s'adapte, ce qu'elle sait habituellement faire, ce parc ne ressemblera pas aux autres parcs de la ville.