Projet Montréal perd son numéro deux

Marc-André Gadoury était lié au parti Projet Montréal depuis sa fondation en 2004.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Marc-André Gadoury était lié au parti Projet Montréal depuis sa fondation en 2004.

Après son cofondateur, Projet Montréal perd son leader parlementaire. Marc-André Gadoury a annoncé jeudi qu’il se joignait à l’équipe du maire de Montréal, Denis Coderre.

Le conseiller du district Étienne-Desmarteau, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, a expliqué en conférence de presse qu’il a décidé de se joindre à l’équipe du maire parce qu’il avait été impressionné par ses réalisations et qu’il voulait maintenant travailler avec lui, et non contre lui.

« Maintenant, je vais cogner à la porte de M. Coderre avec mes suggestions et elles seront entendues. Je n’aurai pas besoin de passer par une question au conseil de ville, a-t-il affirmé, aux côtés de M. Coderre et de plusieurs membres de son équipe. Éthiquement, je sentais que c’était de plus en plus difficile à vivre. Je ne sentais plus que je faisais le bien des Montréalais. »

M. Gadoury avait pourtant été très critique à l’égard des décisions du maire Coderre en ce qui concerne notamment la gestion des contrats et le projet de ville intelligente.

M. Coderre dit maintenant vouloir profiter de l’expertise de son nouveau collègue dans plusieurs dossiers. « Il m’a déjà fait perdre patience, donc ça veut dire qu’il est efficace, a-t-il lancé en souriant. Aujourd’hui, c’est une bonne nouvelle pour les Montréalais. Aujourd’hui, nous ne sommes pas vindicatifs, ce n’est pas contre qui que ce soit, c’est pour Montréal. »

Dans les traces de Bergeron

M. Gadoury, qui est lié à Projet Montréal depuis les débuts du parti en 2004, quitte le bateau après l’ancien chef et cofondateur du parti, Richard Bergeron, qui siège aujourd’hui à titre d’indépendant. Depuis son élection en novembre 2013, Denis Coderre a également réussi à attirer vers lui l’attachée de presse Catherine Maurice et le conseiller politique Étienne Coutu.

L’ex-numéro deux de Projet Montréal n’aura pas de fonction précise dans l’équipe Coderre, mais il en fera officiellement partie. « Il ne vient pas parce qu’il y a un poste, a fait remarquer le maire. Il vient parce qu’il pense qu’on peut se réaliser pleinement à Montréal et que le fait de travailler en équipe va faire une différence dans l’affaire. »

Marc-André Gadoury a également eu quelques mots pour les citoyens de Rosemont–La Petite-Patrie, qui n’étaient jusqu’à maintenant représentés que par des élus de Projet Montréal. « Pour Rosemont-La Petite-Patrie, c’est vraiment une bonne nouvelle. On va pouvoir reprendre le terrain perdu dans les dernières années. » Toujours voter « oui » n’aide pas les Rosemontois, a-t-il dit par la suite, en réponse à une question en anglais.

Pas de crise

Du côté de Projet Montréal, on assure qu’il n’y a pas de crise au sein du parti. « Projet Montréal demeure une force politique extrêmement importante à Montréal », a plutôt fait valoir le conseiller Alex Norris.

« Sans Projet Montréal, plusieurs enjeux n’auraient jamais été soulevés à l’Hôtel de Ville, a-t-il poursuivi, en évoquant par exemple la baisse de financement de la STM et le patrimoine architectural menacé. Nous croyons que le rôle de conseiller d’opposition ne permet pas toujours de satisfaire nos ambitions personnelles, mais c’est un rôle qui nous est confié par les électeurs et qui devrait être respecté. »

Son collègue Richard Ryan croit justement que ce sont les ambitions politiques de M. Gadoury qui l’ont incité à changer d’équipe. Il avance que le conseiller avait l’intention de se présenter à la mairie de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie en 2017, mais qu’il avait été déçu d’apprendre que l’actuel maire, François Croteau, briguera à nouveau les suffrages.

« On s’explique mal la décision de M. Gadoury de se joindre à l’équipe Coderre, surtout qu’il a été l’un des plus virulents d’entre nous au cours des derniers mois, des dernières années », a néanmoins déclaré M. Ryan.

5 commentaires
  • Alain Gaudreault - Abonné 6 août 2015 16 h 27

    Il quitte le Parti ou son Chef?

    Il affirme ne plus pouvoir s'opposer à certaines décisions. Compréhensible car son Chef, qui ne voulait plus être identifié comme celui qui s'oppose à tout avait délégué le rôle de porte parole critique aux autres membres du Parti et ce, afin de refaire son image comme il l'a si bien explique dans une entrevue avec le Journal de Montreal il y a quelques semaines. Quitter ne pouvait être la seule solution pour préserver son intégrité. Ne pas le faire eu été mentir aux citoyens au nom d'une idéologie politique imposée par un chef soucieux de préserver son image.

    • Patrick Boulanger - Abonné 6 août 2015 17 h 40

      " Il affirme ne plus pouvoir s'opposer à certaines décisions. " (M. Gaudreault)?

      M. Gaubreault, où prenez-vous cette affirmation-là?

    • Alain Gaudreault - Abonné 7 août 2015 09 h 46

      Propos de monsieur Gadoury rapportés par le journaliste dans la première version de cette nouvelle et publiés par voie électronique jeudi le 6 vers 15h00, malheureusement disparus dans cette version remaniée, éliminant par le fait même la mise en contexte de la citation «éthiquement, je sentais que c'était de plus en plus difficile à vivre...» qui est utilisée au troisième paragraphe.

    • Alain Gaudreault - Abonné 7 août 2015 10 h 43

      «Je suis tanné de m'opposer. J'ai envie de réaliser des choses pour Montréal. J'étais obligé de m'opposer à la fierté d'être Montréalais et je ne suis plus capable de vivre avec çà.» M. Gadoury cité le 6 aout dans RueMasson.com - encore accessible - et qui donne un peu plus d'informations sur le contexte de son départ.

  • Maryse Veilleux - Abonnée 6 août 2015 19 h 03

    Opportuniste

    ... Ce n'est pas une grosse perte pour projet Montréal puisque monsieur démontre son opportunisme.