40 millions pour illuminer le pont Jacques-Cartier

Le pont Jacques-Cartier sera éclairé dès l’hiver 2017, et ce, pour au moins 10 ans.
Photo: Moment Factory/375MTL Le pont Jacques-Cartier sera éclairé dès l’hiver 2017, et ce, pour au moins 10 ans.

Le pont Jacques-Cartier deviendra bientôt un baromètre lumineux de l’humeur de Montréal. Ottawa vient d’accorder 30 millions de dollars pour illuminer le pont Jacques-Cartier, à temps pour le 375e anniversaire de Montréal.

Le pont iconique bien en vue derrière lui, le ministre Denis Lebel en a fait l’annonce jeudi après-midi dans le Vieux-Montréal. On prévoit que le projet coûtera 39,5 millions de dollars au total. L’illumination a été conçue et sera orchestrée par la firme montréalaise d’effets visuels Moment Factory. Les 9,5 millions nécessaires restants seront versés par la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal.

Le ministre des Transports et responsable de la région de Montréal, Robert Poëti, était présent à l’annonce, ainsi que le maire Denis Coderre. Tous ont tenu à souligner la collaboration des trois ordres de gouvernement. Gilbert Rozon, commissaire de la Société du 375e, s’est quant à lui réjoui de voir que le projet « crée des ponts », un thème qui s’imposait pour décrire l’illumination.

Adaptation en temps réel

Dès l’hiver 2017, et pour au moins 10 ans, le pont Jacques-Cartier revêtira donc une chape lumineuse mouvante et changeante. Il s’agit d’une « mise en lumière activée en temps réel », selon les mots des concepteurs de Moment Factory, à partir de données sur la météo, la circulation routière ou encore les événements comme les fêtes, les festivals. « Ce sera vert pour la Saint-Patrick ou multicolore pour la Fierté gaie », cite à titre d’exemple le maire Denis Coderre.

Il y voit une signature forte pour la métropole, un « objet vivant qui traverse les âges ». Le ministre Poëti a lui aussi attiré l’attention sur l’aspect historique et emblématique du pont. Cette structure en « dentelle d’acier », comme la décrit la vidéo de présentation du projet, traverse le Saint-Laurent depuis 80 ans. Transformer cette porte d’entrée en alliant l’art et la technologie permettra de « réaffirmer de manière innovante la présence de l’histoire dans le paysage urbain », a affirmé M. Poëti.

Si un tel éclairage représente un défi technique auquel s’attaqueront six autres entreprises en plus de Moment Factory, il ne devrait pas nuire à la conduite automobile. Des fermetures de voies sur le pont sont toutefois à prévoir durant la mise en place, soit entre juin et décembre 2016. Le budget prévu comprend les coûts de conception, de design, de réalisation d’opération et d’entretien pour 10 ans. Et ensuite ? « Vous viendrez me revoir », a répondu M. Coderre, confiant.

Odeur d’élections ?

Les 30 millions du gouvernement conservateur seront administrés par la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain, une société fédérale. Denis Lebel a précisé que ces fonds sont octroyés « sans toucher à d’autres budgets ».

Quant aux 60 millions initialement promis pour les célébrations, le ministre Lebel n’a pas voulu confirmer si le gouvernement fédéral comptait soutenir d’autres projets. « Nous sommes toujours en discussion », s’est-il limité à affirmer. L’année 2017 marquera aussi le 150e anniversaire de la Confédération, ce que n’a pas manqué de réitérer celui considéré comme le lieutenant de Stephen Harper au Québec.

L’annonce survenant dans un contexte où le déclenchement des élections fédérales serait imminent, il s’est défendu de tout opportunisme électoral, vite appuyé par le maire Coderre : « Ça fait un an que l’on s’en parle tous les mois. »

S’agissant de la première annonce officielle de la Société du 375e, son commissaire Gilbert Rozon a tenu à expliquer la démarche consultative entreprise. « Nous avons consulté 700 citoyens, organisé 50 séances de brainstorm et rencontré des centaines de créateurs et d’institutions phares », a-t-il résumé. Le projet a été présenté comme une priorité par le comité organisateur et devrait accaparer une part significative de son budget. M. Rozon a promis que dès novembre prochain, les projets du 375e seront annoncés au rythme d’un par semaine.

13 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 31 juillet 2015 03 h 15

    Lumière et obscurité...

    Cela n'est qu'une mesure de propagande politique et de communication pour démontrer la préoccupation et l'autorité du Canada sur ce qui est le territoire nationale historique des Québécois. Et en particulier sur ce Fleuve géant et nourricier qui se trouve matière à envie ?
    S'il n'en tenait qu'à moi, ce budget prévu de 40 millions de dollars pour Montréal devrait plutôt servir à aider tous les nouveaux arrivants à apprendre le français.
    En effet, à quoi sert-il d'imposer accessoirement la lumière sur un de nos ponts, alors qu'on favorise en vérité l'obscurité la plus profonde sur notre peuple ?
    A quoi d'autres que de l'enfoncer encore un peu plus, en même temps qu'on cherche à néanmoins obtenir ses votes ?
    Une pierre, deux coups...

    Merci de m'avoir lu.

    • Lucien Cimon - Abonné 31 juillet 2015 10 h 28

      Remplissez-vous les yeux; amusez-vous pendant que nous autres, nous nous occupons de vos vraies affaires.
      Lucien Cimon

    • Gilles Théberge - Abonné 31 juillet 2015 11 h 43

      Quand on va en Europe par exemple, on se rend compte qu'on a pas besoin d'investir des sommes faramineuses pour donner du lustre aux monuments historiques. Leur valeur intrinsèque se voit au premier regard.

      Mais ici, comme on a peu d'histoire et encore moins de culture, on garroche les milions en esbroufe de toute nature. Et voilà, ce projet en est un exemple patent.

      Comme ce pont est le plus souvente encombré, ça va faire une belle jambe aux gens pris dans le trafic de vouaire les lumières supposément exprimer leur humeur...

      Votre suggestion de consacrer des sommes à l'apprentissage de la langue du Québec aux immigrants d'arrivée récente est pertinent et elle serait certainement appropriée. Mais vous tombez mal.

      Vous tombez bien mal parce que le «commissaire», je l'ai vu et entendu dans un extrait télévisuel sur une chaîne française, rabrouer vertement, et pas à peu près, un «juge» devenu impatient devant une énième chanteuse française chantant en anglais dans une émission à Paris.

      Ne comptez pas sur ce personnage qui donne de plus en plus dans l'infatuation pour défendre la langue française à Montréal. Sa langue, c'est le bilingue. Et vous verrez probablement bientôt s'épanouir sous sa gouverne plutôt le bilingue que le français pour célébrer la fondation de Ville Marie devenue Montréal.

      Et puis, le Canada fêtera (!) lui, ses 150 ans. Probablement que le fédéral avec ses gros doigts, avec Coderre, et avec le Commissaire, la partie historique de la fondation de Montréal va virer en gros festival du ha ha ha, avec dégorgement folichon de fonds publics.

      Pendant en effet que les trous foisonnent dans les rues, que la pauvreté croît à vitesse grand V, que les petits propriétaires sont égorgés par les taxes, et que les vraies priorités sont repoussées sous le tapis de l'insouciance bureaucratique propre à tout ce beau monde.

      Mais eux, n'en doutez pas, ils vont s'amuser ferme.

  • Patrick Daganaud - Abonné 31 juillet 2015 03 h 32

    Ça me dit de rire de La Petite Fille aux allumettes...

    Voilà, Rozon et compagnie, de l'argent bien mal dépensé!

    Il y a dans la métropole des enfants qui crèvent de faim!

    • Robert Beauchamp - Abonné 31 juillet 2015 17 h 55

      Confier la fête aux fêtards nous en fera voir de toutes les couleurs

  • Francois Cossette - Inscrit 31 juillet 2015 07 h 01

    Vive les rues pleines de trou !!!!!

    Un bien beau projet mais 40 millions ce sont les impots fonciers de 8000 petits propriétaires comme moi. Je pense qu'il y avait bien d'autres choses a faire avec l'argent que je donne a tous les ans, a la ville de montreal. Encore un autre exemple du manque de respect de nos elus pour ce qui est de la gestion de l'argent que je leur donne.

  • Francois Cossette - Inscrit 31 juillet 2015 07 h 22

    Beau etre riche !!!

    C'est beau etre une ville riche, une ville qui peut se permettre de prendre l'argent des taxes de 8000 petits propriétaires dans le seul but d'éclairer un pont. Pendant ce temps les rues sont pleines de trou, l'aqueduc est pleine de trou, les pistes cyclables debordent, mais on va avoir un pont éclairé. Il semble que le mot éclairé ne peut définitivement pas être juxtaposé avec celui de nos élus qui eux semblent être complètement déconnecté de la réalité. La réalité d'une bonne partie des gens de Montréal qui peinent a payer leur compte de taxe. 100% d'augmentation en 12 ans. J'aurais aimé que mon salaire en fasse autant.

  • André Tremblay - Abonné 31 juillet 2015 07 h 59

    Autre dépense inutile....

    Et pendant ce temps, le pont de Québec, un des joyaux du patrimoine mondial, se détériore. Quand le calcul électoraliste prend le dessus sur le bon sens...