L’UPAC chez «Monsieur 3%»

Le nom de Bernard Trépanier est revenu constamment devant la commission Charbonneau, où plusieurs l’ont décrit comme l’architecte du système de financement occulte d’Union Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le nom de Bernard Trépanier est revenu constamment devant la commission Charbonneau, où plusieurs l’ont décrit comme l’architecte du système de financement occulte d’Union Montréal.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a procédé de plus belle jeudi à une perquisition en lien avec le scandale des compteurs d’eau à Montréal. Cette fois, Bernard Trépanier, alias « Monsieur 3 % », une figure marquante de la commission Charbonneau, s’est retrouvée dans la mire des enquêteurs.

Le nom de Bernard Trépanier est revenu constamment devant la commission Charbonneau, où plusieurs l’ont décrit comme l’architecte du système de financement occulte d’Union Montréal, le parti de l’ex-maire Gérald Tremblay, à qui l’UPAC avait rendu visite mercredi.

Une dizaine d’enquêteurs se trouvaient jeudi midi au domicile de l’ex-directeur du financement d’Union Montréal, une copropriété située sur le boulevard Gouin Est, dans Montréal-Nord.

« Il y a [eu] une perquisition à un domicile à Montréal, et nous y sommes afin de prélever des éléments de preuve », a indiqué la porte-parole de l’UPAC, Anne-Frédérick Laurence.

Des documents et du matériel informatique ont été emportés par les enquêteurs, a-t-elle laissé entendre.

Il s’agirait de la seule perquisition à avoir eu lieu jeudi, en lien avec la série de fouilles effectuées depuis le début de l’été dans le cadre de l’enquête de l’UPAC sur le scandale des compteurs d’eau. Aucune arrestation n’a eu lieu, mais l’UAC n’a pas voulu indiquer si des interrogatoires avaient eu lieu.

Ces descentes policières se déroulent en lien avec l’octroi du plus large contrat municipal de l’histoire de Montréal, celui des compteurs d’eau, qui remonte à 2007.

L’enquête en était à sa neuvième journée d’interventions policières depuis le début du mois de juillet. Un total de 14 perquisitions ont eu lieu au cours de cette période, chez d’ex-proches collaborateurs du maire Tremblay et diverses entreprises de génie-conseil, notamment.

Le contrat des compteurs d’eau, évalué à 355 millions de dollars, avait été accordé au consortium Génieau, formé des firmes Dessau et Simard-Beaudry. Il avait été annulé deux ans plus tard, dans la foulée de révélations concernant des irrégularités administratives et d’allégations de collusion et de corruption.

Bernard Trépanier, surnommé « Monsieur 3 % » pour la ponction qu’il exerçait au nom d’Union Montréal sur les contrats octroyés par la Ville, s’était décrit devant la juge France Charbonneau, comme un honnête citoyen en « semi-retraite » depuis 2007.

Après son départ d’Union Montréal en 2006, il avait affirmé s’être occupé « de la campagne annuelle de financement pour le maire, jusqu’en 2008 environ ».

Pour Union Montréal, il avait « seulement la responsabilité d’organiser, de voir à ce que les campagnes de financement dans les arrondissements soient organisées dans le but d’atteindre les budgets qui étaient fixés par le parti », a-t-il alors dit.

En 2012, il avait été arrêté par l’escouade Marteau en même temps que l’ex-président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, et sept autres personnes pour leur rôle dans le dossier du Faubourg Contrecoeur.

Le Devoir n’a pas été en mesure de joindre M. Trépanier, jeudi.

7 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 30 juillet 2015 12 h 49

    À quand une perquisition chez M.Trottoir

    Et la saisie de ses chaussettes comme élément de preuves pour fin d'enquête et peut-être quelques piastres. À quoi sert cette mascarade des années trop tard.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 30 juillet 2015 14 h 24

      La corruption débuta au PLQ avec l'annonce de la réingénierie de l'État en 2007.

      L'UPAC peut bien faire toutes les perquisitions qu'elle pense nécessaire, ne pensez-vous pas que la déchiqueteuse a eu le temps de passer maintes et maintes fois depuis?

      Quand un gouvernement nomme les juges et que les juges jugent le gouvernement comment ne pas s'étonner que tout finisse en queue de poisson comme la commission Bastarache?

  • Gilles Théberge - Abonné 30 juillet 2015 13 h 31

    Voilà l'agneau sacrificiel

    Vous pensiez que les politique, Dauphin, Tremblay, Forcillo, Maciocio et al finiraient par être accusés de quelque chose? Vous vous trompez.

    Regardez la photo de monsieur 3%. Vous la reverrez. Lui, c'est le fretin, menu menu menu.

    Mais je gagerais ma dernière piastre en papier qu'il sera traduit devant la justice lui, fort probablement.

    Mais pas les politiques...

    • François Dugal - Inscrit 30 juillet 2015 20 h 53

      Le pouvoir politique nomme les juges, monsieur Théberge; nos chers politiciens jouissent donc de facto de l'immunité la plus totale.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 31 juillet 2015 10 h 27

    La faute aux médias ?

    Le regard de Trépanier dans la photo ci-haut semble dire de que Gérald Tremblay a affirmé:«C'est de votre faute les médias» Hé bien Moi je dis: «Bravo aux médias si toutes vos manigances sont dénoncées...Bravo ! Car où en serait notre société démocratique, si les journalistes n'étaient pas à l'affût de tous ces fraudeurs, prédateurs et collusionnaires de tout acabit...Comme le disait mon grand-père: «Tout vient à se savoir un jour et le crime ne paie pas »

    Trop facile de faire des reproches aux médias...

  • Serge Morin - Inscrit 31 juillet 2015 10 h 38

    Ridicule

    La commission Charbonneau n'aura été qu'un divertissement ou seuls les cons qui sont venus à ce diner auront droit à quelques tapes sur les mains.
    Les grands bénéficiaires de cette arnaque ne seront nullement dérangés et continuent e core de diriger le Québec
    Misère

  • Lucien Cimon - Inscrit 31 juillet 2015 10 h 54

    Quelle coûteuse comédie!

    Il faut bien donner à la plèbe un os à ronger. Espérant que celui-là va l'occuper suffisamment longtemps pour qu'on oublie d'incriminer ceux qui sont à la base de ce système de corruption; pour qu'on oublie de se poser trois questions fondamentales préalables:
    1-Qui tenait les yeux grand fermés sur ces systèmes dénoncés depuis des années par plusieurs intervenants?
    2-À quel parti politique appartenaient la plupart de ces acteurs?
    3-Qui profitait de ces détournement du bien public pour engraisser sa caisse électorale?
    Trois à cinq ans plus tard, sous un gouvernement libéral, l'UPAC fait des perquisitions espérant trouver des preuves...
    Quelle comédie!