Coderre recommande Philippe Pichet comme directeur du SPVM

«C’est un homme de terrain très efficace, qui saura s’adapter au poste», a dit le maire de Montréal, Denis Coderre, à propos de Philippe Pichet.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir «C’est un homme de terrain très efficace, qui saura s’adapter au poste», a dit le maire de Montréal, Denis Coderre, à propos de Philippe Pichet.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, recommandera à Québec la nomination de Philippe Pichet pour remplacer le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

M. Pichet devrait ainsi remplacer Marc Parent, en poste depuis 2010, qui avait annoncé en mai dernier son intention de ne pas solliciter un second mandat à la tête du service de police montréalais. M. Parent quittera ses fonctions en septembre.

Cadre au SPVM depuis 2005, Philippe Pichet, qui était jusqu’alors adjoint au bureau du directeur, a obtenu la préférence du maire de Montréal parmi les cinq candidats — Fady Dagher, Bernard Lamothe, Mario Guérin et Patrick Lalonde — qui ont manifesté leur intérêt pour le poste. M. Coderre a toutefois précisé que tous les candidats avaient leurs forces. « Le meilleur candidat ? On aurait pu prendre un petit bout de chacun », a-t-il affirmé en conférence de presse vendredi après-midi.

Il est clair, cependant, que M. Pichet a su gagner la confiance de M. Coderre lors de son entretien avec lui.

« C’est un homme de terrain très efficace, qui saura s’adapter au poste, a soutenu le maire. Des fois, vous allez le regarder et trouver qu’il a une réserve, qu’il est effacé, mais quand il fera face à l’adversité, il va répondre. C’est un homme qui prend la chaleur. »

M. Coderre a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agit, pour le moment, que d’une simple recommandation et non d’une nomination.

En effet, avant de prendre les commandes du SPVM, Philippe Pichet devra attendre que sa candidature soit entérinée par la Commission de la sécurité publique, le Comité exécutif et, finalement, le conseil municipal, les 17 et 20 août.

La recommandation sera ensuite envoyée à Québec pour obtenir l’approbation de la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault. Le maire de Montréal a toutefois assuré qu’il ne s’agissait là que d’une formalité.

Nombreux défis

L’opposition a salué vendredi le choix du maire et le processus de sélection. « Nous sommes très heureux d’avoir été impliqués », a assuré le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, en faisant référence au comité de sélection mis sur pied par le maire afin de l’aider dans sa prise de décision.

M. Ferrandez a toutefois souligné que de nombreux défis attendent le futur directeur du SPVM, surtout en raison du contexte de restrictions budgétaires. « Le gros défi sera d’être présent dans les quartiers tout en réduisant les coûts », a fait valoir le maire du Plateau-Mont-Royal.

Pour sa part, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a pris acte de la recommandation faite par le maire aux instances participant au processus de nomination.

Son président, Yves Francoeur, a aussi rappelé que « d’énormes défis attendent le prochain directeur ». « Le premier, c’est clairement l’amélioration des relations de travail », a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Le futur directeur devra, entre autres, prendre part au processus de négociation des conventions collectives des 4500 policiers syndiqués.

Les questions de profilage politique, de radicalisation et de cybercriminalité seront également au coeur de son premier mandat.

M. Coderre a précisé que le candidat recommandé n’accorderait aucune entrevue pour ne pas miner les dernières étapes qui devraient mener à son assermentation.

Pas plus qu’un mandat

Depuis les années 1950, rares sont les directeurs qui ont effectué plus d’un mandat à la tête du service de police montréalais. Et le dernier en date confirme cette tendance. Suscitant la surprise en mai dernier, Marc Parent a annoncé qu’il quitterait ses fonctions le 1er septembre prochain. La détérioration de sa relation avec le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, serait en cause. Cette rumeur a toutefois été démentie par les principaux intéressés. M. Parent poursuivra sa carrière dans le secteur privé. Son prédécesseur, Yvan Delorme, avait quant à lui brigué un second mandat, mais avait finalement démissionné dans la controverse, à peine quelques mois après sa reconduction. Une seule exception, à l’aube des années 2000, confirme la règle. En effet, Michel Sarrazin a alors été aux commandes du SPVM pendant six ans et demi, la Ville ayant prolongé son premier mandat, le temps de mener à bien une réforme de la police de quartier entamée au cours de ses premières années en poste.


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