L’UPAC poursuit ses perquisitions

Il s’agit de la sixième série de perquisitions relativement au scandale des compteurs d’eau depuis le début juillet. 
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Il s’agit de la sixième série de perquisitions relativement au scandale des compteurs d’eau depuis le début juillet. 

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a poursuivi jeudi sa flopée de perquisitions dans le cadre de son enquête sur le scandale des compteurs d’eau à Montréal. Après les résidences du maire de Lachine, Claude Dauphin, et d’autres proches de Gérald Tremblay la veille, le corps policier s’en est pris cette fois-ci à la firme de génie-conseil Beaudoin Hurens.

« Une poignée d’enquêteurs procèdent actuellement à une perquisition » sur l’île de Montréal, a confirmé en matinée la porte-parole de l’UPAC, Anne-Frédérick Laurence. La perquisition avait lieu à la firme de génie-conseil Beaudoin Hurens, également connue sous le nom de LBHA (Leroux, Beaudoin, Hurens et associés), dont le nom a été évoqué pendant la commission Charbonneau. Les enquêteurs se sont rendus aux bureaux du boulevard Crémazie en début de matinée, en lien avec l’octroi du plus large contrat municipal de l’histoire de Montréal, celui des compteurs d’eau, qui remonte à 2007.

Le contrat de 355 millions octroyé au consortium Génieau — formé des firmes Dessau et Simard-Beaudry — avait été annulé deux ans plus tard, dans la foulée de révélations concernant des irrégularités administratives et d’allégations de collusion et de corruption.

Cette perquisition était la sixième d’une série à avoir été menées depuis quelques semaines. Au début du mois, les bureaux de la firme de génie BPR, situés à Montréal et Québec, ont été la cible de perquisitions par les enquêteurs de l’UPAC. Dessau et le Groupe SMi, Construction FrankCatania et l’assureur Travelers Canada ont également vu l’UPAC débarquer dans leurs locaux.

Aucune arrestation

La porte-parole Anne-Frédérick Laurence a défendu l’UPAC, qui, même si elle a effectué de nombreuses perquisitions n’a toujours procédé à aucune arrestation.

« Pour avoir des arrestations, il faut des accusations. Et pour faire cela, il faut des preuves. Il faut analyser cette preuve que nous recueillons pour déposer des accusations, qui éventuellement pourront résulter dans des condamnations. »

En 2014, la Ville de Montréal avait voulurégler ses comptes avec certaines firmes de génie-conseil avec lesquelles elle a fait affaire au cours des dernières années, dont LBHA, en lien avec des travaux effectués dans son réseau d’eau. À l’époque, le litige concernait les travaux de mise en place d’une membrane d’étanchéité sur le toit du réservoir d’eau potable Châteaufort, dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. La Ville avait mandaté le Consortium Cima+/LBHA pour la préparation des plans et devis ainsi que pour la surveillance des travaux.

Beaudoin Hurens se présente comme un cabinet de génie-conseil offrant des services d’études, de conception, de gestion et de surveillance de travaux d’ingénierie, notamment, en bâtiment, en environnement, en traitement des eaux, en transport en génie urbain, en structure, en électromécanique et en automatisation. L’entreprise est détenue par neuf associés et compte près de 250 employés répartis dans huit bureaux. Elle aurait été la première firme de génie québécoise à recevoir son accréditation de conformité de l’Autorité des marchés financiers, lui permettant de solliciter et de réaliser des contrats publics, selon un communiqué de l’entreprise remontant à 2014.

LBHA n’a pas donné suite aux appels du Devoir jeudi.

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