Saint-Lambert n’abandonne pas

Une foule de personnes au festival Osheaga
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Une foule de personnes au festival Osheaga

Malgré le revers qu’elle a subi vendredi dans sa requête pour faire réduire de façon urgente le volume des grands spectacles à venir au parc Jean-Drapeau, Saint-Lambert revient à la charge. La Ville demande à la Cour supérieure d’envoyer un juge sur les lieux afin qu’il puisse constater l’ampleur de la pollution sonore.

La municipalité se dit en plein droit de poursuivre ses démarches judiciaires. « Notre demande est tout à fait légitime. On ne veut pas l’arrêt des spectacles. On veut seulement équilibrer les droits de chacun », commente le procureur de Saint-Lambert, Alain Chevrier. Il explique que même si la juge de la Cour supérieure Chantal Corriveau a rejeté vendredi dernier la demande d’injonction temporaire, elle a aussi concludu même souffle que le dossier est « sérieux ». En d’autres mots, Saint-Lambert a le feu vert pour entamer de nouvelles procédures.

Rappelons que la magistrate a refusé la demande d’injonction temporaire, qui visait à imposer une limite de 95 décibels aux spectacles présentés cet été, estimant qu’Evenko risquait de subir une importante perte économique, tel que l’ont fait valoir les juristes du promoteur. Saint-Lambert entend maintenant concentrer ses efforts pour l’obtention d’une injonction permanente avant l’été 2016. Ce document permettrait d’imposer pour de bon aux producteurs de spectacles les niveaux de bruit souhaités par l’administration, soit moins de 60 décibels dans les zones résidentielles.

Pour faciliter l’obtention de l’injonction permanente, l’avocat a fait la demande mardi à la Cour supérieure de nommer un juge pour venir sur le territoire lors des spectacles majeurs (Osheaga, Heavy Montréal, etc.), qui se tiendront dans les prochaines semaines.

Magistrat sur le terrain

Il est fréquent que les juges se déplacent sur les lieux quand il s’agit de litiges liés au bruit, affirme M. Chevrier. « C’est facile de perdre un juge avec des débats pointus d’experts en acoustique. S’il vient à Saint-Lambert, qu’il entre dans les maisons, il pourra déterminer lui-même s’il s’agit de bruit excessif ou si le niveau est tolérable. C’est bien plus simple et efficace de cette manière », explique-t-il.

Le magistrat pourra aussi vérifier l’un des arguments mis de l’avant par l’avocat d’Evenko, à savoir que le bruit de la route 132 couvre les basses fréquences qui émanent de l’île Sainte-Hélène.

Le maire de Saint-Lambert, Alain Dépatie, espère que la Cour acceptera cette procédure, qui pourrait faire gagner beaucoup de temps aux deux parties lors du procès, qui se déroulera possiblement à l’hiver.

« Notre objectif est de diminuer au maximum les frais juridiques de cette affaire, ce sont les citoyens qui payent », rappelle-t-il. Evenko a jusqu’au 22 juillet pour faire savoir s’il s’oppose à la nomination d’un juge au dossier et à sa visite sur les lieux visés par le litige. « Je ne vois pas pourquoi ils s’y opposeraient », dit d’un ton confiant M. Dépatie.

Evenko n’a pas rappelé Le Devoir. Mais selon le maire, l’entreprise a fait savoir son désir de discuter avec les élus de mesures d’atténuation du bruit. « Nous sommes toujours disponibles et ouverts à les rencontrer. »