Les Montréalais pourront recharger leur carte Opus à distance

La technologie utilisée par la STM requiert que le titre acheté soit physiquement transféré sur la puce de la carte. C'est ce que permettra ce lecteur portatif.
Photo: Jeanne Corriveau Le Devoir La technologie utilisée par la STM requiert que le titre acheté soit physiquement transféré sur la puce de la carte. C'est ce que permettra ce lecteur portatif.

Les usagers du transport en commun pourront désormais recharger leur carte Opus dans le confort de leur foyer, mais encore leur faudra-t-il se procurer un lecteur au coût de 14,50 $, une condition qui a suscité une avalanche de moqueries sur Twitter.

Les sociétés de transport de la région de Montréal ont procédé jeudi matin au lancement du service « Opus en ligne ». Pour l’instant, seuls certains titres seront disponibles. À la Société de transport de Montréal (STM) par exemple, les usagers ne pourront acheter à distance que des titres mensuels et hebdomadaires. Les titres unitaires seront accessibles dans les mois prochains, a indiqué Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la STM.

Mais il ne sera pas possible de recharger sa carte Opus de son domicile sans se procurer le lecteur de cartes vendu en ligne au coût de 14,50 $ (taxes en sus). Ce prix comprend les frais de manutention et d’expédition, a-t-on précisé.

Choix technologique

Pourquoi, en 2015, est-il nécessaire de se procurer cet appareil ? Parce la technologie utilisée par la STM requiert que le titre acheté soit physiquement transféré sur la puce de la carte, a expliqué Philippe Schnobb : « On n’a pas le choix, il faut déposer le titre sur la carte. On ne peut pas faire ça de façon virtuelle, dans un nuage. Et même lorsqu’on aura la technologie du téléphone, il faudra faire le transfert du titre sur la puce de la carte. »

Le recours à la technologie du code QR aurait forcé la STM à modifier toutes les boîtes de perception de son réseau, ce qui aurait entraîné des coûts importants sans garantie de sécurité, a indiqué M. Schnobb : « On a choisi de ne pas faire ça puisque la prochaine technologie, c’est celle du NFC qui permet de faire la transaction directement avec le cellulaire. »

La STM a songé à offrir le lecteur gratuitement aux détenteurs de la carte Opus, mais elle y a renoncé. « Les coûts auraient été assumés par l’ensemble des clients, a dit M. Schnobb. Et selon les expériences faites ailleurs dans le monde, si on donne l’appareil, les gens vont peut-être le perdre ou l’oublier, alors que si les gens l’ont payé, ils vont savoir où ils l’ont rangé et faire un peu plus attention. »

À Gatineau, les usagers du transport en commun n’ont pas besoin d’appareil semblable pour recharger leur carte à distance, sauf qu’il leur faut prévoir un délai de 48 heures avant de pouvoir valider leur transaction, a expliqué Renée Lafrenière, directrice du développement marketing et communications à la Société de transport de l’Outaouais. La différence avec le système en place à Montréal, c’est que les informations liées aux transactions sont transférées sur la carte au moment de la validation dans l’autobus, dit-elle.

Sur Twitter, les internautes ont tourné en dérision l’annonce faite par les sociétés de transport en créant le mot-clic #InnoverCommeLaSTM. Toute la journée, les blagues sur la vétusté alléguée de la technologie de la STM ont déferlé sur le réseau.

La STM a semblé prendre les blagues avec humour puisqu’elle n’a pas tardé à afficher sur son compte Twitter l’image d’une main tenant une plume, accompagnée du message suivant : « Un instant, nous préparons nos réponses… »


Mauvaise publicité

Le conseiller de l’opposition à l’Hôtel de Ville Craig Sauvé croit que la STM aurait dû prévoir les tendances en matière de technologie lorsqu’elle a choisi la technologie d’Opus il y a une dizaine d’années : « C’est très décevant de la part de la STM. Ils n’ont pas besoin de cette mauvaise publicité alors qu’ils ont toutes sortes de beaux projets. »

Précisons que pour recharger la carte Opus à distance (stm.opusenligne.ca), outre le lecteur, il faudra un ordinateur muni d’une prise USB ainsi qu’une carte de crédit.

La mise en place du service de charge à distance a nécessité des investissements de 7,6 millions. Ce projet doit permettre aux usagers d’éviter les longues files devant les distributeurs au début de chaque mois dans le métro. Il est pourtant déjà possible de se procurer des titres de transport dans de nombreux dépanneurs et pharmacies à Montréal.

6 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 9 juillet 2015 15 h 34

    En moins ...

    Dans les autobus!

  • Marc Davignon - Abonné 9 juillet 2015 16 h 38

    Combien ?

    Comment justifier la dépense? En quoi ce service «améliore l'expérience» du transport en commun ?

    Ha! Oui! C'est vrai! Ne plus attendre en ligne le premier du mois devant une machine ! Est-ce que ça va changer le fait que vous allez, quand même, être debout dans l'autobus le jour venu? Vraiment! Ça vaut sept millions? Avec sept millions, combien de machines

    Et quand votre configuration changera (car elle changera), et que le bidule-truc ne suivra pas, lui? Que ferez-vous?

    Regardez tous les bidules-truc qui sont dans vos tiroirs (comme les «Pocket PC») qui sont là et qui ne se branchent plus, car Windows 7 vit le jour et que tous les fabricants de bidules-truc se sont «garrochés» pour en faire des nouveaux et ne plus faire évoluer ce que vous aviez entre les mains (et qui coute fort cher).

    Bien venus à Windows 10 et tous ces PC qui cesseront (pour un temps) de bien fonctionner (c'est vrai aussi pour les Mac, et Lunux de ce monde, quand vient le temps d'une mise à jour majeur).

    Combien ça coute une machine dans une station de Métro? Combien (avec support inclus) pouvait-on en avoir pour sept millions? À moins que ce soit ça ... refilez la facture du changement technologique. Des gens futés!

  • François Bélanger Boisclair - Inscrit 9 juillet 2015 16 h 56

    Intéressant mais...

    Le service n'offre pas dès le départ le chargement de titre de transport individuel comme pour le métro à Laval. Cette mesure aurait été beaucoup plus intéressante.

    Autre point décevant, certains cellulaire android sont compatible avec la communication NFC. Ils peuvent être utilisé pour payer des achats. Donc pourquoi ne pas permettre leurs utilisation pour communiqué avec la carte et acheté des titres de transport individuel ou carrément servir de carte?

    • François Bélanger Boisclair - Inscrit 10 juillet 2015 17 h 42

      Deux remarques suplémentaires:
      1. La STM devrait préciser que d'autres lecteurs de carte sont compatible. Le Omnikey 1021 et le Dekimado NFCStick fonctionnent actuellement avec l'application Java.

      2. L'application utilisé demande la fonctionnalité NPAPI plug-ins. Elle demande une modification dans chrome depuis la version 42 de celui-ci. De plus Chrome annonce qu'il va totalement bloqué cette fonction à la version 45... Cette erreur de conception montre que l'application des désuête avec son lancement.

  • François St-Pierre - Abonné 10 juillet 2015 08 h 24

    À côté de la plaque

    Voilà, comme le note M. Davignon, un autre bidule qui va aboutir aux déchets après somme toute bien peu d'utilisations. Ça n'aura pas évité beaucoup de visites aux terminaux que l'on trouve dans les stations de métro.
    Il eût été bien plus utile d'accroître la flexibilité de la carte Opus en la rendant vraiment régionale, sans que l'on ait à y charger une ribambelle de titres différents: métro à Montréal, métro que l'on prend à Longueuil ou à Laval, Réseau de transport de Longueuil, Société de transport de Laval et tutti quanti.

  • Jean Richard - Abonné 10 juillet 2015 08 h 30

    Gaspillage

    Sachant au départ qu'avant même le coup d'envoi du projet la technologie était désuète, la STM aurait dû y renoncer. Mais voilà, on vient d'y engloutir 7,6 miilions $. Pour une telle somme, à l'heure de l'austérité qui freine l'amélioration des transports en commun, la STM aurait pu se procurer une dizaine d'autobus articulés qui eux, peuvent transporter plusieurs centaines de personnes par jour.

    « Ce projet doit permettre aux usagers d’éviter les longues files devant les distributeurs au début de chaque mois dans le métro.  » – Il y a pourtant une solution beaucoup plus simple que même la vieille technologie de la carte Opus pourrait facilement offrir : les laisser-passer à durée fixe en nombre de jours (si j'achète un abonnement mensuel le 13 juillet, il est bon jusqu'au 13 août ou sinon, si j'achète un abonnement d'une semaine un mercredi, il est bon jusqu'au mercredi suivant ; pourquoi tout concentrer sur le 1er du mois ou le lundi, sachant que c'est la façon de créer de la congestion aux guichets ?).