Drogue, déchets et incivilités au parc du Mont-Royal

Les Amis de la montagne estiment que l’actuelle tolérance de différents usages interdits favorise leur prolifération.
Photo: Hussein Abdallah CC Les Amis de la montagne estiment que l’actuelle tolérance de différents usages interdits favorise leur prolifération.

Incivilités, musique forte, occupation du domaine public sans permis, consommation de drogue, prostitution et accumulation de déchets. Les problèmes qui affectent le parc du Mont-Royal se sont aggravés cette année, estiment Les Amis de la montagne. Très préoccupé par les dangers qui guettent ce parc emblématique, l’organisme a tiré la sonnette d’alarme le mois dernier afin que la Ville de Montréal remédie à la situation.

Dans un rapport que Le Devoir a pu consulter, Les Amis de la montagne dressent un portrait alarmant de l’état du parc du Mont-Royal à la lumière d’observations faites au mois de mai dernier.

Illustré de nombreuses photos, le rapport signale que les problèmes de bruit et de malpropreté ont pris de l’ampleur cette année. Dans la partie du parc qui longe l’avenue du Parc, des rassemblements de musique électronique se sont ajoutés aux habituels tam-tams qui sont présents depuis des années.

Ces activités ont aggravé les problèmes liés à la circulation automobile, à la présence de vendeurs illégaux et à la musique forte, en plus de mettre en péril la salubrité des lieux compte tenu de l’absence de toilettes publiques à proximité. Des automobilistes se garent le long du chemin de ceinture du parc en faisant fi de la présence de panneaux d’interdiction, note-t-on.

Plusieurs secteurs du parc attirent des fêtards et « individus au comportement douteux » le soir et la nuit avec consommation d’alcool, vandalisme et violence. « Les exemples d’usage illégal ou inapproprié des espaces publics par des individus ou des groupes — de manière récurrente et systématique — sont en forte augmentation. Cette occupation du parc et de ses bâtiments ne respecte pas la réglementation en place […] et nuit à l’expérience des visiteurs autant qu’à l’esprit du lieu. L’actuelle tolérance de ces comportements entraîne l’aggravation de tels abus », souligne-t-on.

Feux et tai-chi

Les auteurs du rapport notent que les véhicules publicitaires faisant la distribution gratuite de produits promotionnels ont envahi le parc. « Cette pratique illégale est devenue courante sur l’ensemble des stationnements et lieux de rassemblement du parc du Mont-Royal (maison Smith, lac aux Castors, chemin Olmsted, belvédère Kondiaronk, belvédère Camillien-Houde) ».

Les Amis de la montagne déplorent aussi l’appropriation de l’espace public sans permis. À titre d’exemple, le Chalet du mont Royal est occupé tous les dimanches par des cours de tai-chi « nuisant à l’usage normal des lieux ». Le groupe a d’ailleurs été avisé récemment qu’il ne serait plus possible d’utiliser le Chalet à cette fin.

Les feux allumés par les usagers du parc causent aussi des inquiétudes. Quelque 35 sites de feux ont été démantelés lors de la Corvée du 3 mai dernier et 26 autres l’ont été entre le 22 et le 31 mai.

Toutes ces activités compromettent la sécurité des lieux, présentent des risques d’accidents majeurs et dégradent le milieu naturel du parc. Pour Les Amis de la montagne, il y a urgence d’agir.

Le 12 juin dernier, ce rapport a été présenté aux membres de la Table de concertation du Mont-Royal qui regroupe des représentants de la Ville et des institutions présentes sur la montagne. La situation a été jugée « problématique » et « intolérable ». « Il existe un risque réel que l’autorité municipale responsable ne soit pas en mesure d’assurer une gestion du parc du Mont-Royal à la hauteur de ce lieu emblématique de Montréal », peut-on lire dans le bilan de la réunion.

Le président de la Table, Claude Corbo, a alors alerté le maire Coderre. Le responsable des grands parcs au comité exécutif, Réal Ménard, assure que le dossier n’a pas été pris à la légère par l’administration Coderre. Le maire a rapidement mandaté le directeur général Alain Marcoux pour qu’il élabore un plan d’action. Ce qui fut fait dans les semaines suivantes. Les 22 actions du plan seront mises en application rapidement, a promis M. Ménard.

La priorité sera mise sur la propreté avec l’ajout de 200 poubelles dans le parc et la mise sur pied d’une équipe de nuit de quatre cols bleus pour maintenir la propreté des lieux. La surveillance policière sera aussi accrue dans le parc. Une personne au Bureau du Mont-Royal s’assurera qu’un meilleur contrôle soit exercé sur les activités autorisées sur le site. À titre d’exemple, les organisateurs de rassemblements de musique électronique seront rencontrés. « Il est possible qu’on juge que cette activité n’est pas compatible avec le lieu », a indiqué M. Ménard.

Amélioration

La directrice des communications des Amis de la montagne, Hélène Panaïoti, dit avoir déjà noté une amélioration dans l’entretien du parc. « La Ville a tout de suite répondu [à nos préoccupations] », dit-elle. Dès lundi dernier, en arrivant au bureau, les employés des Amis de la montagne ont constaté que les poubelles avaient toutes été vidées la veille, ce qui n’était pas le cas auparavant. « Le parc était impeccable. On constate également la présence plus soutenue de la police », a relaté Mme Panaïoti.

Le chef de l’opposition, Luc Ferrandez, reproche à l’administration Coderre d’avoir sabré les budgets d’entretien du parc dans la foulée des compressions budgétaires imposées à la Ville. Réal Ménard a rejeté ces critiques : « On n’est clairement pas dans une logique de compressions avec les mesures qu’on met en place. »

Rappelons que la montagne bénéficie d’une protection nationale depuis que, par décret, le gouvernement du Québec a créé l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal en 2005.

Les exemples d’usage illégal ou inapproprié des espaces publics par des individus ou des groupes sont en forte augmentation

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 9 juillet 2015 07 h 49

    Les chasseurs

    Mais ou diantre sont passés les chasseurs de carrés rouges?