Montréal protégera l’écoterritoire contre le développement immobilier

Le maire Denis Coderre faisait valoir la semaine dernière que la Ville allait protéger 180 hectares de milieux naturels avec l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme.
Photo: Jean Gagnon CC Wikimedia Le maire Denis Coderre faisait valoir la semaine dernière que la Ville allait protéger 180 hectares de milieux naturels avec l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme.

Même si la Ville de Montréal n’est pas propriétaire de tous les terrains de l’écoterritoire de l’Anse-à-l’Orme, l’administration de Denis Coderre promet de les protéger contre le développement immobilier.

La semaine dernière, le maire Coderre avait annoncé que la Ville donnerait le feu vert à un vaste projet immobilier de 5500 unités sur une superficie de 185 hectares dans Pierrefonds-Ouest. Il faisait aussi savoir que la Ville allait protéger 180 hectares de milieux naturels avec l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme.

Or, The Gazette révélait lundi que la Ville n’avait pas réussi à acheter un terrain de 28,5 hectares appartenant à des entreprises qui auraient eu des liens avec le crime organisé. Il s’agit de Placements Manchester Brighton, propriété de la Succession Gaétan Goyette, ancien beau-frère du caïd Raynald Desjardins, et de Gestions de placements Uni-Dev.

Le responsable du dossier de l’habitation et de l’urbanisme à la Ville de Montréal, Russell Copeman, a indiqué que les négociations menées avec les propriétaires — par l’entremise de Canards Illimités — avaient échoué et que la Ville n’avait plus eu de contacts avec eux depuis 2009. « Les discussions ont été rompues parce que le prix demandé a été jugé déraisonnable par la Ville, a expliqué M. Copeman. Nous n’avons pas besoin d’être propriétaires de ces terrains pour les protéger. […] Nous n’avons aucune intention de négocier avec les propriétaires de ces terrains. »

M. Copeman a précisé que la Ville n’envisageait pas l’expropriation compte tenu des coûts élevés de cette procédure.

Critiques

Selon l’opposition à l’Hôtel de Ville, ce dossier comporte de nombreuses anomalies. Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, reproche à l’administration Coderre d’avoir placé la Ville dans une position délicate qui expose celle-ci à des poursuites judiciaires.

Le développement immobilier projeté ajoutera 10 000 voitures de plus sur les autoroutes 20 et 40, prévient M. Ferrandez qui presse l’administration de suspendre le projet immobilier et de mener une consultation pour doter Pierrefonds-Ouest d’un véritable plan de développement : « En 2015, on ne peut pas faire un projet en ne parlant qu’à des promoteurs. »

La conseillère de Bois-de-Liesse, Justine McIntyre, se dit elle aussi préoccupée par ce projet. Selon elle, le Bureau de l’Inspecteur général devrait se pencher sur le dossier compte tenu des nombreux questionnements soulevés.