Des citoyens sommés par Olymbec de nettoyer le terrain

Olymbec accorde cinq jours à deux citoyens pour enlever les palettes de bois et autres biens laissés sur le terrain.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Olymbec accorde cinq jours à deux citoyens pour enlever les palettes de bois et autres biens laissés sur le terrain.

Les bacs à fleurs et les structures de bois installés par des citoyens dans le parc des Gorilles, dans Rosemont–La Petite-Patrie, devront disparaître. C’est ce qu’Olymbec, propriétaire de cette ancienne friche boisée, a fait savoir aux Amis du parc des Gorilles dans une mise en demeure acheminée à deux de ses membres vendredi dernier.

Le groupe citoyen, qui n’a pas les moyens d’engager une bataille juridique contre l’entreprise, n’a d’autre choix que d’acquiescer à la demande, mais juge qu’il s’agit là d’une forme d’intimidation. « Olymbec ne nous a jamais avisés qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’utilisation du terrain. Ils n’ont jamais dit qu’ils ne voulaient pas des installations, ne serait-ce que temporaires », a indiqué Simon Van Vliet, qui, avec Frances Foster, est visé par la mise en demeure. Le groupe citoyen n’ayant pas de structures légales, l’entreprise impute à ces deux citoyens la responsabilité des objets laissés sur le site, déplore M. Van Vliet.

Arbres rasés

Le parc des Gorilles, c’est le nom que les citoyens du secteur ont donné à cet ancien terrain boisé qui appartenait autrefois au Canadien Pacifique (CP). En 2013, les citoyens ont appris que le terrain avait été vendu au promoteur Olymbec après que tous les arbres eurent été abattus. Depuis, la Ville de Montréal tente d’acheter le terrain pour l’aménager en parc. L’an dernier, en attendant le dénouement qu’ils souhaitent, les résidants du secteur ont installé des bacs à fleurs, disposé des palettes de bois et aménagé un sentier sur le terrain dénudé désormais couvert de gravier.

Les Amis du parc des Gorilles ont également élaboré un plan de réaménagement pour le futur parc, plan qu’ils ont dévoilé récemment lors d’un événement public, ce qui, croit Simon Van Vliet, a incité Olymbec à se manifester par la voie de ses avocats.

Dans sa mise en demeure, Olymbec accorde cinq jours aux deux citoyens pour enlever les palettes de bois et autres biens laissés sur le terrain, faute de quoi ceux-ci seront jetés et la facture leur sera envoyée.

« Les gens ne peuvent accaparer un terrain qui ne leur appartient pas, a fait valoir Benoît Larose, vice-président aux affaires juridiques et corporatives chez Olymbec. La mise en demeure vise essentiellement les biens laissés sur le site. On a l’impression d’agir en citoyen responsable en s’assurant que personne ne se blesse. Les deux personnes concernées ont reçu la lettre et en ont pris acte. Ils se sont engagés à retirer les biens, donc quant à nous il n’y a plus de débat. »

La Ville de Montréal a engagé des procédures pour faire l’acquisition du terrain, ce qui pourrait mener à une expropriation si les négociations échouent.

Lundi, le responsable du dossier de la planification immobilière au comité exécutif, Russell Copeman, n’était pas disponible pour commenter l’évolution du dossier. « La Ville de Montréal poursuit toujours ses démarches afin d’atteindre les objectifs de verdissement du secteur Marconi-Alexandra », a indiqué le service des communications de la Ville.

En mai dernier, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a d’ailleurs reconduit la réserve foncière qui avait été imposée en 2013.