Derniers adieux à Jean Doré

Les deux filles de Jean Doré, Amélie et Magali, ont rendu un vibrant hommage à leur père.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les deux filles de Jean Doré, Amélie et Magali, ont rendu un vibrant hommage à leur père.

Proches, amis, anciens collaborateurs et dignitaires, parmi lesquels trois anciens maires de Montréal, ont fait leurs adieux à Jean Doré lundi matin lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville de Montréal, là où, il y a trois décennies, l’ex-maire a mené sa « petite révolution tranquille ».

« Nous avons tous le sentiment que Jean Doré a enfin la place qu’il mérite dans l’histoire de notre métropole. Il aura été un des grands maires que Montréal a connus. […] Bravo, Jean ! », a déclaré d’entrée de jeu le maire de Montréal, Denis Coderre, lors des funérailles qui ont réuni quelque 200 personnes dans le hall d’honneur de l’hôtel de ville.

Jean Doré, qui a succombé à un cancer du pancréas le 15 juin dernier à l’âge de 70 ans, avait souhaité une cérémonie laïque dans la Maison des citoyens, à l’hôtel de ville.

Outre le maire Coderre, trois anciens maires de Montréal ont assisté aux obsèques, soit Pierre Bourque, Gérald Tremblay et Laurent Blanchard. Les ex-premiers ministres Bernard Landry et Pauline Marois étaient aussi présents.

Un père avant tout

Moment fort de la cérémonie : le témoignage des deux filles de Jean Doré, Magali et Amélie, qui ont rendu un vibrant hommage à leur père. « J’ai eu un père formidable, aimant, attentionné et passionné, passionné par un million de choses, a dit Magali Doré. Passionné par la vie, les gens et, surtout, passionné fou par cette ville. »

Gilles Duceppe a souligné la détermination de son complice de longue date. Le chef du Bloc québécois, qui fut l’un des organisateurs de la campagne à la mairie de Jean Doré en 1986, a surtout parlé de l’amitié qui l’unissait à l’ex-maire.

Jean Doré était le « deuxième père » de sa fille Amélie Duceppe, dont la mère, Christiane Sauvé, est devenue la conjointe de l’ancien maire. « Amélie fut le trait d’union entre nos deux familles », a relaté M. Duceppe.

Atteint d’un cancer qui ne pardonne pas, Jean Doré a vécu les derniers mois de sa vie « sans amertume, avec grand courage », a ajouté le chef bloquiste.

Léa Cousineau, ancienne présidente du comité exécutif, a rappelé que, lorsque M. Doré a pris le pouvoir en 1986, Montréal était un « champ de démolition ». « Jean Doré était un vrai leader démocratique. Clair dans sa vision et souple dans sa mise en oeuvre », a-t-elle dit.

Tour à tour, Jean-Robert Choquet, ex-directeur de cabinet, Phyllis Lambert, directeur fondateur du Centre canadien d’architecture (CCA) et Jean-Paul L’Allier, ancien maire de Québec, ont vanté les réalisations de Jean Doré. « Nous savons tous qu’il parlait beaucoup, mais il a également réalisé beaucoup. Grand parleur, grand faiseur », a résumé Jean-Robert Choquet.

Des messages de l’ex-premier ministre du Canada Brian Mulroney et d’Alain Simard, fondateur du Festival international de jazz de Montréal, qui n’ont pu être présents, ont été lus à l’assistance.

De nombreux legs

En marge de la cérémonie, l’ex-maire Gérald Tremblay a souligné la contribution de Jean Doré à la démocratisation de la Ville. « Il a compris que le citoyen est très important. On ne peut pas faire des changements majeurs sans impliquer les citoyens », a-t-il dit.

De son côté, l’ancien maire et ex-directeur du Jardin botanique, Pierre Bourque, a déploré le départ brutal de M. Doré. « J’ai travaillé huit ans avec M. Doré. J’ai été près de lui dans plusieurs projets, que ce soit le parc-plage, le Biodôme, le Jardin de Chine ou les pistes cyclables », a-t-il rappelé tout en préférant ne pas discuter des années pendant lesquelles il a été son opposant politique.

Maire de Montréal de 1986 à 1994, Jean Doré a laissé de nombreux legs à la Ville, dont le Biodôme de Montréal, le Jardin chinois, le Musée Pointe-à-Callière et la plage de l’île Notre-Dame qui porte désormais son nom. Il pilota aussi de grands projets urbains, comme la revitalisation du Vieux-Montréal et l’adoption d’un plan de mise en valeur du mont Royal, et dota Montréal de son premier plan d’urbanisme.