Des moutons à Montréal en 2016?

Les moutons devaient faire un retour en ville cet été pour tondre l’herbe de quelques parcs montréalais. L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie était prêt à accueillir le projet à vocation éducative de « Biquette à Montréal ». Mais faute de soutien financier, il faudra attendre à l’été 2016 avant de voir le premier troupeau brouter le gazon montréalais.

Les élus de Rosemont–La Petite-Patrie s’apprêtaient à donner le feu vert au projet lors d’une assemblée extraordinaire du conseil d’arrondissement prévue mardi. À la dernière minute, Biquette à Montréal a dû réfréner ses ardeurs. L’aide financière que sollicitait l’organisme sans but lucratif auprès de partenaires comme l’Union des producteurs agricoles (UPA) n’a pu se matérialiser à temps pour la saison 2015.

Biquette à Montréal s’est aussi heurté à des complications liées aux normes d’hygiène plus sévères au Québec qu’en Europe, et à la complexité des structures décisionnelles à la Ville. « On veut que le projet soit rodé au quart de tour. Il y avait des réticences, notamment de la part de l’UPA, parce que ça implique du “vivant”», a indiqué Mathyas Lefebure, un des instigateurs du projet. Comme la vocation de Biquette à Montréal n’était pas de faire de la production de denrées, le projet entrait difficilement dans le cadre de financement habituel, dit-il.

Renouer avec l’agriculture

Biquette à Montréal souhaite combiner le concept d’éco-pâturage — comme il s’en fait ailleurs dans le monde, notamment à Paris et à Lyon — à des activités pédagogiques pour permettre aux citadins de renouer avec la vie agricole et recréer les liens que l’urbanisation a brisés.

Piloté par Mathyas Lefebure et Marie-Ève Julien-Denis, Biquette à Montréal envisageait d’amener en ville 10 agneaux de deux à quatre mois pour brouter les vertes pelouses de deux parcs de Rosemont–La Petite-Patrie dans des enclos amovibles. Une bergerie devait être installée dans un parc pour que les bêtes puissent s’y abriter chaque nuit, en sécurité. L’organisme comptait offrir des activités d’animation et de sensibilisation auprès des familles, des camps de jour et des citoyens désireux de renouer avec les activités agricoles.

Auteur du récit D’où viens-tu, berger ?, paru chez Leméac en 2006, Mathyas Lefebure est ce publiciste montréalais qui, en 2004, avait traversé une crise existentielle et était devenu berger en Provence. De son côté, Marie-Ève Julien-Denis détient une maîtrise en géographie humaine de l’UQAM et s’est spécialisée en agriculture urbaine. Elle a aussi gardé des chèvres en France et en Suisse.

Fromagerie ?

Il y a quelques mois, le maire François Croteau, qui avait autorisé un poulailler communautaire en 2010, s’était montré désireux que son arrondissement accueille des moutons dans le cadre de projets d’éco-pâturage. Biquette à Montréal, qui préparait déjà son projet, a saisi la balle au bond.

Mais ce n’est que partie remise, assure Mathyas Lefebure qui vise maintenant l’été 2016 pour réaliser le projet. À plus long terme, Biquette à Montréal voudrait offrir des services de tonte de gazon auprès des particuliers et des entreprises. L’organisme rêve même d’une fromagerie qui produirait du fromage 100 % montréalais pour le 375e anniversaire de la ville.

1 commentaire
  • Jean-Guy Aubé - Abonné 9 juin 2015 10 h 38

    Ou situer la limite de l'agriculture urbaine?

    Ca commence par des abeilles et des toits verts et ça fini par des vaches sacrées qui se promènent dans les rues comme aux Indes. Nos élus et fonctionnaires devraient avoir des choses plus utiles à faire pour la communauté montréalaise que de géer des permis de basse cour. Quelle est cette idée folle et rétrograde de ramener la campagne à la ville? L'agriculture urbaine devrait se limiter aux quelques secteurs encore zonés agricoles sur l'Ile de Montréal. Un Montréal moderne a besoin de gratte ciels lumineux à la fine pointe de l'architecture moderne, pas de vieilles baraques en bois que l'on transforme en poulaillers ou en granges. Les poules en particulier sont un danger pour les enfants qui seront portés à s'en rapprocher pour jouer avec car elles peuvent leur crever les yeux avec leur bec pointu. Pour ce que et des moutons, avons-nous les espaces nécessaires pour les élever en liberté dans les champs extérieurs ? Si nous les confinons à l'intérieur des granges, nous faisons une agriculture industrielle ou ces animaux seront malheureux et ou la propagation des maladies sera facilité à l'intérieur des troupeaux. Les maires d'arrondissements qui prône les poulaillers urbains termineront-ils leur carrière comme gérant des magasins du Colonel Sanders ?