Montréal glisse au 20e rang des meilleures villes cyclables

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir

Montréal a dégringolé au classement des meilleures villes cyclables dressé par la firme danoise Copenhagenize, passant du 11e au 20e rang. Elle devra mettre les bouchées doubles si elle veut se maintenir dans le peloton mondial.

Tous les deux ans depuis 2011, Copenhagenize, une firme spécialisée en aménagement urbain, classe les villes en fonction de paramètres tels que la qualité des infrastructures cyclables, leurs politiques en faveur du vélo urbain et leur aménagement urbain.

Montréal compte un réseau de pistes cyclables assez étendu et un nombre impressionnant de cyclistes, mais elle devra en faire davantage, prévient Copenhagenize. La firme lui suggère notamment de mieux entretenir son réseau pendant l’hiver et d’aménager des pistes le long d’artères principales.

Copenhague trône au sommet de ce palmarès, suivie d’Amsterdam et d’Utrecht, aux Pays-Bas, et de Strasbourg. Pour leur part, Bordeaux détient le 8e rang, Séville le 10e, Berlin le 12e et Paris le 17e.

Bilan mitigé


« Montréal demeure parmi les meilleures villes de vélo sur le continent américain, mais il lui manque la volonté politique de son maire Denis Coderre », a commenté sur son compte Twitter le « pape du vélo urbain », Mikael Colville-Anderson, aussi p.-d.g. de la firme Copenhagenize.

Vendredi dernier, le maire Coderre se disait lui-même insatisfait du bilan de la Ville en matière de pistes cyclables pour 2014. Sur les 50 kilomètres annoncés l’an dernier, seulement 33 avaient été réalisés, a-t-il admis.

Pour 2015, le maire a promis que les 17 kilomètres non réalisés s’ajouteraient aux 50 nouveaux kilomètres promis. À cette occasion, la Ville a notamment annoncé la création d’une voie cyclable sur la rue Saint-Denis à l’heure de pointe du matin.

Les Montréalais doivent-ils s’inquiéter de voir leur ville glisser au 20e rang du palmarès de Copenhagenize ? « Il y a des éléments positifs qui sont démontrés. Être 20e au monde, c’est quand même pas si mal, estime Mathieu Séguin, porte-parole de la Coalition Vélo Montréal. Montréal est descendue dans le classement, pas parce que sa situation a empiré, mais parce que les autres villes se sont améliorées plus rapidement qu’elle. »

Il reconnaît tout de même que Montréal devra faire preuve de plus d’audace. « On s’assoit un peu sur nos lauriers. On avance beaucoup avec du marquage, des flèches et des pistes non protégées. Il faudra passer à une autre vitesse si on veut augmenter notre part modale », explique-t-il.

Le statu quo pourrait exclure Montréal du prochain palmarès, reconnaît M. Séguin. Selon lui, Londres et New York seront à surveiller à l’avenir.

Si ce type de palmarès peut prêter le flanc aux critiques, Mathieu Séguin estime qu’il s’appuie sur des critères appropriés : « Et ça stimule tout le monde vers le haut. »

Rappelons qu’en septembre dernier le magazine américain Bicycling avait classé Montréal en 6e place parmi les villes-amies du vélo.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 3 juin 2015 08 h 42

    Espérons que M. Coderre lit Le Devoir

    Un problème à Montréal, c'est qu'il arrive que des solutions coûteuses et moyennement efficaces canibalisent les maigres ressources disponibles pour faire évoluer le reste du réseau.

    Un bel exemple, c'est le réaménagement du passage sous le viaduc du chemin de fer, boulevard Saint-Laurent. Ça a coûté cher et c'est mal foutu. On s'abstiendra de parler de gaspillage, mais on retiendra qu'on aurait pu faire mieux à moindre coût.

    Un autre problème, c'est l'incohérence dans la progression des travaux. Au lieu de s'attaquer aux barrières – les enclaves, les zones à risque élevé, on semble parfois privilégier l'apparence.

    Les choses avancent, c'est indéniable, mais quand on veut rattraper le train qu'on a raté, il faut courir plus vite, beaucoup plus vite. Or, on marche à petits pas.