Sitôt monté, sitôt démantelé

Trois manifestants, âgés de 25 à 35 ans, ont été accusés d’entrave au travail d’un policier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Trois manifestants, âgés de 25 à 35 ans, ont été accusés d’entrave au travail d’un policier.

Le « camp pour le logement » a été de courte durée: sitôt monté, il fut sitôt démantelé. La police a arrêté jeudi trois des militants qui avaient installé des tentes sur un terrain de la place des Festivals, au centre-ville de Montréal, pour sensibiliser la population aux besoins des locataires québécois.

Les trois manifestants, âgés de 25 à 35 ans, ont été accusés d’entrave au travail d’un policier. Le campement a été démantelé à la demande de l’administration du maire Denis Coderre, après une manifestation calme et sans histoire dans les rues du centre-ville, en après-midi.

Plus de 300 militants pour le droit au logement ont convenu de reprendre leur manifestation ce vendredi, dans un lieu qui reste à déterminer. Ils tenteront à nouveau d’établir un campement, a dit François Saillant, du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui dirigeait la manifestation.

« L’avenir du logement social est en jeu à l’heure actuelle », a lancé M. Saillant au début d’une marche qui a parcouru le centre-ville, sous escorte policière.

Les gouvernements fédéral et provincial diminuent leurs investissements dans le logement abordable malgré la hausse des besoins. Dans son récent budget, le gouvernement Couillard a divisé par deux le nombre de logements financés chaque année — de 3000 à 1500, a souligné François Saillant. Ottawa a aussi annoncé une diminution graduelle de ses investissements dans le logement, qui s’élèvent à 1,7 milliard par an. D’ici 2018, 20 000 logements sociaux du Québec ne recevront plus de financement fédéral, a déploré M. Saillant.

Pourtant, un locataire montréalais sur quatre parvient difficilement à payer son loyer, ont fait valoir les militants pour le logement. « Le logement est pourtant un droit, au même titre que la santé et l’éducation », a lancé le comédien Alexis Martin, venu appuyer les manifestants. Le professeur Michel Seymour, le comédien Gilles Renaud et le scénariste François Avard ont aussi participé à la marche.

1 commentaire
  • Jacques Boulanger - Inscrit 22 mai 2015 08 h 55

    Que des clous

    Faut comprendre le manque d'empressement des gouvernements conservateur et libéral. C'est pas précisément leur clientèle. D'autant qu'avec des logements sociaux, pour les libéraux, y'a pas d'argent à faire.

    Hommage à Alexis Martin, Michel Seymour, le comédien Gilles Renaud et le scénariste François Avard. De vrais solidaires, pas des bobos.