Denis Coderre ne tolérera pas le campement du FRAPRU

Même si le maire Denis Coderre n’entend pas tolérer la tenue d’un campement au centre-ville de Montréal jeudi, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ne renonce pas à son coup d’éclat.

L’organisme avait déjà annoncé son intention d’organiser un campement urbain « pour une durée indéterminée » afin de dénoncer le manque d’investissements en matière de logement social. Les tentes seront installées au centre-ville jeudi, dans un lieu qui n’a pas été divulgué.

Mercredi, le maire Coderre a été catégorique : il n’est pas question pour la Ville d’autoriser ce campement. « Il n’y a pas de règlement qui permet ça, a-t-il dit. Je suis très sensible à la question du logement social. […] Je veux que le gouvernement fasse davantage [de logements sociaux], mais je n’accepte pas la notion du camp. Il peut y avoir des problèmes de sécurité », a-t-il expliqué en évoquant le campement d’Occupons Montréal qui s’était installé au square Victoria en octobre 2011.

À l’époque, les « indignés » avait eu peine à maintenir l’ordre sur le site qui avait été adopté par des sans-abri, dont certains étaient aux prises avec des problèmes d’alcool, de toxicomanie ou de santé mentale. « Je ne doute pas de la bonne foi du FRAPRU, a dit le maire. Je salue leur travail en matière de logement social, mais je ne peux pas accepter la notion d’occupation. Ça va prendre de l’ampleur et ça peut déraper. »

Code de vie

Coordonnateur du FRAPRU, François Saillant confirme que lors d’une rencontre samedi dernier, le maire a demandé « poliment mais fermement » aux représentants de l’organisme de renoncer à leur projet : « Mais on va de l’avant. Ça fait un an qu’on travaille sur cette action. C’est une décision qui avait été prise en congrès au FRAPRU. Il nous semble que c’est le genre de geste qu’il faut poser compte tenu des dangers qui pèsent sur le logement social ».

M. Saillant explique qu’une équipe de militants s’assurera de la sécurité du campement et du respect des règles établies. « Ce n’est pas n’importe qui qui pourra venir au camp. Il faudra accepter les règles du camp. On s’est donné un code de vie qui prévoit qu’aucune consommation de drogues ou d’alcool ne sera tolérée, pas plus que les gestes de harcèlement sexuel », a-t-il indiqué.

Si jamais les policiers devaient fermer le camp, François Saillant espère qu’ils le feront dans le respect des gens vulnérables qui participeront à l’événement.

Le camp sera précédé, à midi trente, par une manifestation à laquelle participeront plusieurs personnalités, parmi lesquelles le dramaturge Alexis Martin, le comédien Gilles Renaud, l’auteur François Avard et les professeurs et philosophes Normand Baillargeon, Christian Nadeau et Michel Seymour.

Logements

Le FRAPRU déplore que le dernier budget Leitão ait réduit de moitié les investissements pour la construction de nouveaux logements sociaux, faisant passer le nombre de nouvelles unités de 3000 à 1500 par année. « C’est ridicule. À l’échelle du Québec, selon les estimations du gouvernement, il y a 270 000 ménages locataires qui ont des besoins impérieux de logement », a signalé M. Saillant.

L’organisme dénonce aussi l’intention du gouvernement fédéral de mettre fin aux subventions versées pour 120 000 logements sociaux existants à l’échelle du Canada pour la période de 2015 à 2018.