La STM doit prendre sa place, dit Projet Montréal

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

Alors que Québec souhaite confier à la Caisse de dépôt et placement (CDP) la gestion et la réalisation de projets de transport collectif, Craig Sauvé, porte-parole de Projet Montréal, a demandé à la Société des transports de Montréal (STM) de prendre sa place dans le projet de loi, mercredi soir, lors du conseil d’administration de l’organisation.

La STM et la Ville de Montréal sont « exclues de l’identification des besoins, de la définition des objectifs, de la réalisation des projets et de leur opération », déplore-t-il. Après s’être tourné vers la Ville, c’est à la STM qu’il s’adresse.

Ces deux instances doivent « interpeller le gouvernement du Québec et revendiquer publiquement l’importance de conserver un rôle dans la planification des projets de transport collectif sur le territoire de l’île de Montréal », estime M. Sauvé.

À ses yeux, l’organisation a une expertise en la matière dont ne peut se passer la CDP. « Il faut que la STM ait une place à la table où seraient prises les décisions », insiste-t-il.

M. Sauvé souhaitait obtenir l’heure juste auprès du président de la STM, Philippe Schnobb. Ce dernier lui a répondu que la STM donnera son opinion à ce sujet le 19 mai prochain, en présentant son mémoire en commission parlementaire, indique M. Sauvé.

Il est prévu dans le projet de loi 38 que le gouvernement du Québec définisse « les besoins à combler et les objectifs d’intérêt public concernant les projets » et « autorise la solution à mettre en oeuvre parmi les différentes options proposées par la Caisse ».

La Caisse a quant à elle « autorité sur chaque projet faisant l’objet d’une telle entente et peut fixer des tarifs pour l’utilisation de l’infrastructure de transport collectif concernée ». Une consultation de différents acteurs du domaine est en cours.

Rôle incertain

En parallèle, un flou persiste quant à l’indépendance des sociétés de transport de Montréal, Laval et Longueuil dans la planification et l’exécution de leurs projets, si venaient à être créés l’Agence régionale de transport (ART) et le Réseau de transports métropolitains cet automne, dans le cadre d’un autre projet de loi.

L’attachée de presse du ministre Robert Poëti, Anne-Catherine Couture, a indiqué au Devoir mercredi qu’il est impossible de confirmer pour le moment si la STM perdra la responsabilité de planification de ses projets puisque « le projet de loi n’a pas encore été rédigé ».

Marvin Rotrand, membre du conseil d’administration de la STM et élu de Coalition Montréal, croit que les trois entités n’auront pas moins d’influence avec le nouveau modèle envisagé, puisque cette responsabilité est déjà limitée sous l’Agence métropolitaine des transports.