Montréal International réclame des procédures d’immigration simplifiées

Dominique Anglade
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Dominique Anglade

L’obtention d’un statut de résident permanent devrait être facilitée pour les travailleurs spécialisés et les étudiants étrangers qui sont déjà dans la métropole, estime Montréal International, qui presse Québec et Ottawa de simplifier les procédures d’immigration.

Seulement un étudiant étranger sur six dépose une demande de résidence permanente. Le taux est similaire chez les travailleurs temporaires, déplore la p.-d.g. de Montréal International, Dominique Anglade, qui croit que Montréal perd ainsi une précieuse main-d’oeuvre.

Les perspectives d’emploi et la complexité du processus d’immigration sont les raisons les plus souvent invoquées pour expliquer ce phénomène, dit-elle : « Il faut qu’au Québec, on soit beaucoup plus proactif avec cette clientèle qui représente un bassin d’intégration extraordinaire pour l’immigration. »

Après avoir plaidé auprès de Québec le rétablissement des crédits d’impôt pour des secteurs comme celui de la production de jeux vidéo, Montréal International compte faire du dossier de l’immigration son cheval de bataille en 2015, a indiqué Mme Anglade alors qu’elle dressait le bilan de l’année 2014 de son organisation en compagnie de Jacques Ménard, président du conseil d’administration de Montréal International.

Investissements étrangers

Dominique Anglade se dit satisfaite des réalisations de Montréal International, même si les investissements étrangers ont diminué en 2014 par rapport à l’année précédente. Montréal avait connu une année exceptionnelle en 2013 en raison de deux projets importants, ceux d’Ubisoft et d’Ericsson, qui ont fait grimper les investissements étrangers à près de 1,3 milliard. « Ce ne sont pas des projets qui arrivent systématiquement. Ce qu’il faut, c’est qu’on ait une structure organisationnelle qui nous permette d’aller chercher de tels investissements de façon plus systématique », a souligné Mme Anglade.

L’année 2014 a tout de même permis d’aller chercher des investissements étrangers atteignant 866,8 millions. Montréal International espère dépasser la barre du milliard d’ici les trois prochaines années.

Ces investissements proviennent d’Europe dans une proportion de 51 %, d’Amérique du Nord (37 %) et d’Asie (12 %). Une bonne part, soit 55,2 %, est liée aux technologies de l’information, contre 20,3 % pour l’aérospatiale. Ils ont permis de créer 2934 emplois et d’en maintenir 345, pour un total de 3279. « Ces emplois sont permanents, avec des salaires élevés et dans des secteurs innovants », note Dominique Anglade.

Montréal a pu briller en 2014 avec, notamment, l’implantation du siège social principal de Future Earth à Montréal, mais des efforts supplémentaires devront être consentis pour la faire rayonner davantage à l’étranger.

Aux dires de Dominique Anglade, les scandales de corruption qui ont ébranlé Montréal au cours des dernières années ont eu peu d’effets sur l’image de la ville à l’étranger. « Ça n’a pas d’incidence. À l’étranger, personne ne nous en parle », soutient-elle.