Un bain portuaire dans le fleuve pour les 375 ans de la métropole

Montréal est une île et il est temps de donner aux Montréalais les moyens de se réapproprier le fleuve et ses berges, a fait valoir le maire Denis Coderre.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Montréal est une île et il est temps de donner aux Montréalais les moyens de se réapproprier le fleuve et ses berges, a fait valoir le maire Denis Coderre.

Les Montréalais pourront se baigner dans les eaux du Vieux-Port pour le 375e anniversaire de la ville, a promis le maire Denis Coderre vendredi. L’aménagement d’un bain portuaire à la tour de l’Horloge fait partie des projets inscrits dans le Plan de l’eau dévoilé par l’administration à quelques jours de la Journée mondiale de l’eau.

Montréal est une île et il est temps de donner aux Montréalais les moyens de se réapproprier le fleuve et ses berges, a fait valoir le maire Coderre. Les projets dévoilés sont à des degrés différents d’avancement, mais l’aménagement d’un bain portuaire dans le Vieux-Port représente la principale nouveauté du plan.

Il s’agira d’une aire sécurisée dans l’eau qui pourrait être dotée d’un quai flottant et s’inspirera des bains portuaires réalisés à Copenhague, Berlin, Paris et Londres. Pour l’instant, la Ville n’a pas évalué le coût de ce projet qui sera élaboré en collaboration avec la Société du Vieux-Port et sera aménagé à proximité de la plage de la Tour de l’horloge. « Un comité de pilotage est déjà en place pour faire progresser rapidement ce projet et lancer une première étude pour déterminer le concept et les aspects techniques », a expliqué Chantal Rouleau, responsable du dossier de l’eau au comité exécutif de la Ville.

Le projet verra le jour au plus tard en 2017, soit à temps pour le 375e anniversaire de Montréal et le 150e anniversaire du Canada, a assuré l’administration.

Deux plages sont également en chantier et seront accessibles en 2017. La plage de l’Est, qui avait fait l’objet d’un concours de design, sera aménagée dans Pointe-aux-Trembles au coût de 3 millions de dollars. Celle de Verdun, dont les plans et devis seront dévoilés cette année, sera réalisée au coût d’environ 4,7 millions.

Le surf urbain

Montréal veut aussi sécuriser les berges des « vagues éternelles » du fleuve très prisées par les surfeurs urbains, soit celles de la vague à Guy, à LaSalle, et celles de la vague d’Habitat 67. « C’est un sport extrême, mais extrêmement populaire. Ça cause toutefois une érosion des berges et ça peut mettre en danger les gens », a indiqué Chantal Rouleau. Les aménagements prévus seront « légers », mais permettront de protéger les berges tout en améliorant la sécurité des utilisateurs, a-t-elle dit.

La Ville mettra aussi en place un programme de soutien pour les initiatives locales de plein air des arrondissements et des organismes sans but lucratif pour des projets de baignade, de plongée, de pêche et de loisirs nautiques. Ce programme sera doté d’une enveloppe de 300 000 $ sur cinq ans.

Finalement, Montréal accélérera les travaux correctifs des raccordements inversés qui consistent à un branchement incorrect des conduites d’égouts sanitaires aux égouts pluviaux et qui font en sorte que les eaux usées sont directement rejetées dans le fleuve sans être traitées. Plus de 2300 bâtiments sont visés. Pour 2015, un budget de 810 000 $ est prévu.

Bon accueil

« Ça fait des années qu’on investit des millions de dollars pour améliorer la qualité de l’eau du fleuve et de la rivière des Prairies. Il est plus que temps que les Montréalais arrêtent de tourner le dos à ce joyau », a commenté le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet, tout en soulignant que l’administration Coderre s’était inspirée largement de propositions de son parti, notamment en ce qui a trait au bain portuaire et à la plage de Verdun.

« C’est une très bonne nouvelle. On améliore à la fois l’accès aux cours d’eau et on se préoccupe de la qualité de l’eau », s’est réjouie Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal.

Alexandre Joly, directeur général adjoint d’Accès Fleuve ZIP Ville-Marie, s’est dit lui aussi heureux des annonces. « C’est très positif. Ce sont des projets sur lesquels on a travaillé, a-t-il expliqué. Le fait qu’on améliore la qualité de l’eau, qui est déjà bonne et baignable la plupart du temps, ça ne peut qu’être bénéfique. »

Recréer les ruisseaux disparus

Montréal songe à recréer des ruisseaux que l’urbanisation à fait disparaître au cours des deux derniers siècles. Des études techniques d’hydrologie et environnementales seront effectuées au cours de 2015 afin d’évaluer la faisabilité d’un tel projet. « C’est un moyen de redonner aux ruisseaux leur fonction naturelle, soit de recueillir les eaux de ruissellement pour désengorger le réseau pluvial et d’égouts », a souligné Chantal Rouleau, responsable du dossier de l’eau au comité exécutif de la Ville, tout en reconnaissant la difficulté de l’entreprise. Pour l’instant, la Ville prévoit de consacrer une somme de 700 000 $ à la restauration de ruisseaux. Les projets seront classés en fonction du gain environnemental, des bénéfices pour la collectivité et de la complexité de leur réalisation.