Une élue au secours des abeilles

Les effets néfastes des néonicotinoïdes sont de plus en plus documentés. Ces insecticides s’attaquent au système nerveux central des insectes, affectant non seulement les abeilles, mais également d’autres espèces animales.
Photo: iStock Les effets néfastes des néonicotinoïdes sont de plus en plus documentés. Ces insecticides s’attaquent au système nerveux central des insectes, affectant non seulement les abeilles, mais également d’autres espèces animales.

Montréal restreint depuis 2004 l’utilisation des pesticides sur son territoire, mais la conseillère Justine McIntyre souhaite que la Ville aille plus loin et bannisse le recours aux insecticides de la famille des néonicotinoïdes, qui sont accusés d’être responsables du déclin des abeilles. L’élue déposera une motion à cet effet au conseil municipal la semaine prochaine.

Les effets néfastes des néonicotinoïdes sont de plus en plus documentés. Ces insecticides s’attaquent au système nerveux central des insectes, affectant non seulement les abeilles, mais également d’autres espèces animales. En 2013, l’Europe a imposé un moratoire sur l’usage de trois néonicotinoïdes et l’an dernier, l’Ontario a proposé de réduire de 80 % la surface des terres agricoles traitées aux néonicotinoïdes d’ici 2017.

Si l’usage de pesticides à des fins esthétiques est interdit à Montréal depuis 2004, il est toutefois possible d’obtenir un permis pour les utiliser en cas d’infestation d’insectes, d’araignées et de fourmis.

Ainsi, l’imidaclopride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, est parfois utilisé pour contrer les infestations de vers blancs. « Montréal devrait bannir l’usage de ce produit », estime Justine McIntyre, conseillère du Vrai changement pour Montréal. « On pense souvent à l’impact direct sur la production de miel, mais il y a aussi l’impact secondaire sur la production de fruits et légumes et sur la santé humaine parce que ce produit se retrouve dans les cours d’eau. C’est très préoccupant. »

Dans sa motion, qui devrait être débattue lundi ou mardi, Mme McIntyre demande aussi que la Ville joigne sa voix à celles des groupes environnementaux, dont Équiterre et la Fondation David Suzuki, qui réclament du gouvernement du Québec qu’il restreigne l’usage des néonicotinoïdes.

Si les villes peuvent limiter l’usage des pesticides, elles ne peuvent en interdire la vente, qui est de compétence provinciale, rappelle Nadine Bachand, chargée de projet Agriculture et pesticides, chez Équiterre. « C’est bon que les municipalités adoptent des réglementations avant que Québec aille plus loin, mais à terme, on pense que tous les Québécois devraient être protégés. »

Or, Québec serait en train de revoir les conditions d’utilisation des pesticides, dont les néonicotinoïdes, a rapporté récemment La Terre de chez nous.

1 commentaire
  • Yvonne Dolbec - Abonnée 21 mars 2015 15 h 18

    Parfois utilisé contre le ver blanc?

    Je ne comprends pas ce "parfois", puisque la compagnie d'entretien du gazon avec qui je ne fais plus affaire utilise ce produit de façon routinière. Et je soupçonne toutes les autres de faire de même. Je ne vois presque plus jamais de bourdons chez moi. Bravo à leur prétention écologie: vert quoi au juste?

    Étant donné les clauses de libre-échange favorisant les compagnies productrices de produits chimiques en tout genre, on n'entend plus jamais parler d'initiatives gouvernementales pour réduire l'usage de pesticides. Bravo à la première ministre de l'Ontario, qui devra sans doute allonger de l'argent pour "bénéfices perdus".