La reconstruction de Turcot atteindra 3,67 milliards de dollars

Le ministre des Transports, Robert Poëti
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Le ministre des Transports, Robert Poëti

Le signal de départ du plus imposant chantier routier québécois a été donné vendredi avec la signature du contrat au consortium qui devra livrer, en 2020, un tout nouveau complexe Turcot. La facture du projet atteindra 3,67 milliards de dollars, soit 30 millions de moins que le montant anticipé, a annoncé le ministre québécois des Transports, Robert Poëti.

Le coût total du projet Turcot, qui prévoit la reconstruction de quatre échangeurs, inclut l’octroi au consortium KPH Turcot d’un contrat de conception-construction de 1,54 milliard. Le prix de ce contrat étant fixe, tout comme la date de livraison du projet, le fournisseur sera responsable de tout dépassement de coûts ou d’échéancier, a assuré le ministre.

« La majorité des risques sont absorbés par le consortium. Cependant, nul n’est tenu à l’impossible. S’il arrivait une situation qu’on n’avait pas prévue, comme la découverte d’un sarcophage au milieu des travaux, on peut comprendre que le consortium ne sera pas responsable de ça », a expliqué le ministre.

Le projet prévoit aussi une enveloppe de 590 millions pour des travaux préparatoires qui seront réalisés par le ministère des Transports du Québec (MTQ), ainsi qu’un montant de 1,54 milliard pour diverses dépenses, dont les acquisitions immobilières, les mesures d’atténuation et la gestion des risques.

Le MTQ compte par ailleurs consacrer 400 millions au maintien de l’actuel échangeur Turcot, qui a atteint sa fin de vie utile. De cette somme, 258 millions ont été dépensés à ce jour.

En décembre dernier, lorsqu’il avait annoncé que le consortium KPH Turcot, formé des entreprises Construction Kiewit et Parsons du Canada, avait décroché le contrat, le ministre Poëti avait promis que le coût du projet ne dépasserait pas 3,7 milliards de dollars.

Le budget total de 3,67 milliards sera-t-il respecté ? « Le passé est souvent garant de l’avenir, a-t-il dit. Le processus s’est fait dans les règles de l’art. Je soulignerai aussi qu’on a le consortium qui a réalisé le pont de la 25 dans les temps et dans les coûts. À partir de là, je ne crois pas qu’on puisse avoir plein de surprises et plein de dépassements. »

Des travaux préparatoires liés aux futures voies du CN commenceront la semaine prochaine. Puis, en juin, seront entrepris les travaux d’excavation dans la cour Turcot. Quant aux structures du nouvel échangeur, dont la construction débutera en août, elles seront érigées en dessous ou à côté des structures actuelles afin d’assurer le maintien de la circulation automobile pendant le chantier.

Les entraves sont inévitables, a admis Sébastien Marcoux, représentant du consortium KPH et directeur adjoint du projet. « Mais en 2015, elles seront ponctuelles et mineures tant sur le réseau routier supérieur que municipal », a-t-il dit.

Le chantier sera surveillé de près par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), a tenu à rappeler le ministre Poëti. Un certificateur indépendant, doté d’une équipe d’une quarantaine de personnes, aura pour mandat d’attester que les travaux sont conformes aux exigences techniques du contrat.

Même si dans le passé le dossier Turcot a provoqué de nombreuses frictions entre la Ville de Montréal et le gouvernement, le maire Denis Coderre a souligné l’« excellente collaboration » de Québec. Des dépenses de près de 70 millions, engagées par la Ville, seront d’ailleurs remboursées par Québec, a-t-il indiqué.

Le ministre Poëti a promis la transparence dans ce dossier. Le contrat avec le fournisseur peut déjà être consulté sur le site Internet du projet (turcot.gouv.qc.ca), tout comme les détails de ses coûts.

Les coûts du projet Turcot

Travaux préparatoires: 590 millions de dollars

Contrat à KPH Turcot: 1,54 milliard

Autres coûts (acquisitions immobilières, gestion de risques, etc.): 1,54 milliard

Maintien de l’échangeur actuel: 400 millions

Pour en savoir plus

Turcot en un coup d'oeil