L’agrile du frêne a battu des records en 2014

En 2014, 572 arbres ont dû être coupés et détruits en raison de l’insecte ravageur, uniquement sur les terrains publics. L’année 2015, elle, s’annonce encore pire.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir En 2014, 572 arbres ont dû être coupés et détruits en raison de l’insecte ravageur, uniquement sur les terrains publics. L’année 2015, elle, s’annonce encore pire.

Malgré tous les efforts, l’agrile du frêne poursuit ses ravages à l’échelle de l’île de Montréal. À défaut de pouvoir enrayer l’épidémie, l’administration Coderre s’est engagée dimanche à injecter près de 13 millions de dollars en 2015 pour combattre le petit insecte venu d’Asie et accélérer ses efforts visant à reboiser les espaces publics.

À Montréal, où l’on dénombre 200 000 frênes sur le domaine public, un arbre de rue sur cinq est un frêne. De 2011 à 2013, près de 200 arbres ont été abattus sur le territoire. L’année 2014 aura été record, puisque 572 arbres ont dû être coupés et détruits en raison de l’insecte ravageur, uniquement sur les terrains publics. En tenant compte des arbres rasés sur des terrains privés, le bilan monte à près de 1100 frênes disparus. L’année 2015, elle, s’annonce encore pire.

C’est l’une des raisons qui poussent la Ville de Montréal à consacrer 12,9 millions pour la plantation d’arbres et la lutte contre l’agrile, la métropole s’étant déjà engagée à planter près de 300 000 arbres sur son territoire d’ici 2025. Montréal compte 1,2 million d’arbres publics, ce qui correspond à un indice de canopée de 20 %. Trop peu, selon les élus municipaux.

7000 nouveaux arbres

« Concrètement, pour 2015, cet investissement permettra, entre autres, de planter 7000 arbres sur le domaine public. Ce chiffre s’additionne aux efforts du programme régulier, annuel et récurrent [des] arrondissements. Nous estimons ainsi la plantation totale à plus de 12 000 arbres sur le domaine public. Quant au domaine privé, nous estimons les plantations à environ 13 550. Dans l’ensemble, il s’agit d’une augmentation considérable comparativement aux années dernières », a souligné Réal Ménard, membre du comité exécutif responsable du développement durable et de l’environnement.

M. Ménard a confirmé que la Ville de Montréal présenterait, « dans les prochains jours », son règlement sur la lutte contre l’agrile du frêne, sans fournir davantage de détails. Cette mesure était prévue depuis juin dernier.

Porte-parole de Projet Montréal en matière d’environnement, le conseiller municipal Sylvain Ouellet voit d’un bon oeil les mesures annoncées, mais estime que la Ville doit faire davantage pour planter rapidement des arbres dans les secteurs touchés par l’agrile. « Il y a déjà quatre foyers d’infestation sur le mont Royal. Si on ne fait rien maintenant pour planter des arbres, dans un à trois ans, nous aurons besoin de faire des coupes à blanc », ce qui fragiliserait l’écosystème et entraînerait l’arrivée d’autres espèces indésirables.