Montréal: le mégacentre commercial reçoit un appui de taille

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc
Il vaudrait mieux attendre de voir en quoi consiste le projet de mégacentre commercial de Mont-Royal avant de le condamner, estime le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Michel Leblanc fait partie de ceux qui voient d’un bon œil l’arrivée du «Quinze40».

«Il est très tôt pour tuer un projet, croit M. Leblanc. Dès la première journée, on est en train de dire à un promoteur privé qui veut investir 2 milliards de dollars que ce n’est pas une bonne idée. C’est une réaction dangereuse.»

Selon M. Leblanc, il est également «absurde» d’invoquer la menace qui plane sur d’autres entreprises commerciales pour s’opposer au projet du promoteur Carbonleo, qui détient également le Quartier Dix30 de Brossard. Montréal s’enrichit. La population croît, le PIB augmente et le paysage commercial évolue. Si on craint pour les artères commerciales, c’est qu’il est temps d’y investir. «La première menace pour nos artères commerciales, c’est l’espèce d’indifférence, et même de complaisance, qu’on a eue face à ces artères, explique M. Leblanc. Dans le cas du Plateau-Mont-Royal, c’est encore pire. On a lancé le signal que ce n’était pas grave quand les commerces fermaient. Et qu’on n’avait pas besoin des consommateurs des banlieues.»

Lundi, les élus de Projet Montréal, avec Luc Ferrandez à leur tête, se disaient prêts à partir en croisade contre le projet de centre commercial «lifestyle» de Carbonleo. Ce centre de 1,6 million de pieds carrés qui doit voir le jour à la jonction des autoroutes 15 et 40 dans un secteur industriel de Mont-Royal menace l’économie montréalaise et la santé des artères commerciales, avait fait valoir M. Ferrandez.

De son côté, le maire Denis Coderre n’a pas voulu prendre position. Il a déjà discuté avec le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, et rencontré le promoteur lundi. Ce sera au tour des représentants des artères commerciales de Montréal dans les prochains jours. «Il ne faudrait pas que ça devienne un débat émotif. Il faut que ce soit vraiment factuel», a-t-il expliqué mercredi. «Je ne voudrais pas qu’on empêche une saine compétition. J’invite les gens à ne pas partir en peur», a-t-il ajouté tout en soulignant que Montréal ne pouvait décider de la réglementation de Mont-Royal.

Michel Leblanc prévient toutefois que le problème de congestion observé dans le secteur des autoroutes 15 et 40 devra être réglé avant de songer à y installer un mégacentre commercial.

Concurrence

Professeure au Département de marketing à HEC Montréal, JoAnne Labrecque estime que la «cannibalisation» entre les places commerciales est inévitable si le bassin de consommateurs n’augmente pas. «La demande n’est pas en croissance en ce moment. Et le secteur du commerce de détail est en restructuration. Les habitudes des consommateurs changent et les ventes en ligne augmentent», signale-t-elle. Dans ce contexte, la nature du concept du futur «Quinze40» sera déterminante.

Une certaine prise de conscience sociale des consommateurs envers l’économie locale pourrait profiter aux artères commerciales, mais de façon globale, une part d’inconnu subsiste quant aux habitudes des consommateurs dans trois à cinq ans, dit-elle.

D’autres soulèvent des inquiétudes à l’égard de la planification urbaine dans le contexte où le projet de mégacentre commercial, voisin de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, se retrouvera à proximité de l’ancien hippodrome où un nouveau quartier doit voir le jour. «Il faut que ce soit planifié en fonction de l’ensemble afin que ce projet ne siphonne pas toute l’activité commerciale du futur quartier Blue Bonnets. Celui-ci ne doit pas être uniquement résidentiel. On n’arrêtera pas ce projet, mais il faut s’asseoir ensemble», dit Ron Rayside, associé principal chez Rayside Labossière architectes.
10 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 février 2015 07 h 42

    Quelle perspective de haut niveau

    A vouloir faire de la terre un énorme centre d'achats, sommes nous que des bibittes a consommer, pas drôle drôle comme perceptions surtout qu'ils disparaissent aussi vite qu'ils apparaissent, vous ne trouvez pas que ca ressemble au chien qui coure apres sa queue, qu'elle perspective de haut niveau

    • Yves Corbeil - Inscrit 12 février 2015 10 h 45

      C'est avec des visionnaires comme ce M.Leblanc que l'humanité progresse. Ils pouront même faire une passerelle au dessus de Décarie pour que les magasineux puissent aller au centre Blue Bonnets. Faudra juste interdir les camions à benne sur Décarie.

    • Robert Beauchamp - Abonné 12 février 2015 10 h 52

      Cet organisme subventionné par la gestion des parcomètres se permet de faire la leçon aux Montréalais. Dieu l'argent achète tout mais si cela en appauvrit d'autres.

  • Gilles Théberge - Abonné 12 février 2015 07 h 46

    Ces gens-là...

    Ils ont une physionomie en forme de tiroir-caisse. Que peut-on attendre de plus d'une organisation qui se définit essentiellement par le mot commerce? Et si on transformait toutes nos maisons en commerce?

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 12 février 2015 08 h 20

    Chaque fois

    que la CCM se prononce sur un sujet ,j ai le reflexe d etre contre ,contre ces fideles du Veau d Or.qui poussent les gens et surtout les jeunes a une consmmation effrenee.J ai vu le Dix-30 une fois et je ne crois pas que j y retournerai. J-P.Grise

  • Raymond Chalifoux - Abonné 12 février 2015 08 h 53

    Que j'imagine une minute...

    Dans l'coin, il y a déjà le vénérable Centre Rockland - une institution: il y a de cela 45 ans, j'y vendais des chaussures du temps où le centre était encore un "strip" - et il y a aussi cet autre vieillard, le Marché Central.

    Ce serait un peu débile de nous offrir juste un peu plus de la même chose, non, soit une autre succursale des chaînes de magasins déjà présentes dans ces deux endroits-là?

    Et c’est sans compter l’ouverture récente à Blainville d’un autre complexe de vente au détail, avec un méga Walmart sur son bord de la 15, et les autres, en face.

    Je soupçonne donc qu'au train où va la concentration de la richesse - et cela ne s'améliorera pas de sitôt avec les politiques d'austérité de nos deux gouvernements de la "drette", à Québec comme à Ottawa, les chômeurs de Jacob et de Target qui auront de la misère à percevoir leur juste dû, les retraités des villes qui verront leur pensions diminuées, les prochains congédiés annoncés, soit le régiment de sous-fifres du réseau de la santé que Couillard et Barrette s’apprêtent à mettre à pied, en plus de ceux du Casino, les employés de Bombardier qui sont à risque, vu les pertes enregistrées et le remaniement dans le « board room » de la maison, etc.

    Non, ce qu’il nous faut vraiment, à Montréal, c’est une offre d’établissements adaptés au présent et à l’avenir. Il nous faut l’équivalent des Champs Élysées ou de Rodeo Drive, bref, un spot où il y aurait de vrais bons commerçants tels Gucci, Hermès, Cartier, quelques bons concessionnaires automobile tel que Ferrari, Lamborghini, Bugatti, Bentley, Rolls Royce, quelques comptoirs bancaires, Pictet, Ankerbank, et HSBC feraient l’affaire, un Harrods à côté duquel il y aurait un mosquée, vraiment chic…

    Et pour bien les attirer il serait de bon ton de leur assurer congé de taxes foncières et d’impôt sur le revenu pour, disons, 50 ans. Avec option.

    PS : Il y a des chemises en vente chez L’Équipeur. Les modèles plus chers encore restés invendus.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 12 février 2015 10 h 02

      Messieurs-dames de "la Faune" aussi bientôt en recherche d'emploi, la vente au détail ça vous dirait?

  • Robert Godin - Abonné 12 février 2015 09 h 00

    Développement durable

    Alors qu’il y a lieu de promouvoir la décroissance et une meilleure utilisation de nos ressources, les grands de ce monde font la promotion d’un méga projet de consommation, d’utilisation de ressources non renouvelables accessibles uniquement en utilisant des hydrocarbures. La grande majorité des biens de consommation qui y seront vendus proviendront de Chine alors que le marché au détail dans notre région est en difficulté.
    Les élus doivent faire preuve d’une plus grande responsabilité dans la planification urbaine et dans l'analyse des impacts environnementaux des projets de cette nature. Le réchauffement climatique est bien réel et il est urgent d'agir.