Projet Montréal presse la Ville d’abandonner son «combat idéologique»

Selon le conseiller de Projet Montréal François Limoges, le jugement de la Cour municipale devrait obliger le SPVM à revoir ses méthodes et renoncer aux arrestations de masse.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Selon le conseiller de Projet Montréal François Limoges, le jugement de la Cour municipale devrait obliger le SPVM à revoir ses méthodes et renoncer aux arrestations de masse.

Projet Montréal espère que le jugement rendu lundi par la Cour municipale dans le dossier du règlement P-6 incitera la Ville de Montréal à abandonner les procédures contre les centaines de manifestants accusés de ne pas avoir fourni leur itinéraire.

Le conseiller François Limoges s’est réjoui de la décision rendue par le juge Randall Richmond qui a prononcé l’acquittement de trois manifestants. Accusés en vertu de l’article 2.1 du règlement P-6 pour ne pas avoir divulgué leur itinéraire, Éric Thibault-Jolin, Patrick René et A.K. étaient passibles d’amendes de 637 $.

Comme 291 autres personnes, ils avaient été interpellés par les policiers le 22 mars 2013 dans le cadre d’un rassemblement jugé illégal par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Écorchant au passage les méthodes employées par le SPVM, le juge a acquitté les trois manifestants en concluant qu’on ne pouvait leur reprocher de ne pas avoir fourni d’itinéraire puisqu’ils étaient de simples participants et non des organisateurs.

La Ville de Montréal et le SPVM n’ont toujours pas fait savoir si le jugement sera porté en appel. Au cabinet du maire Denis Coderre, on a indiqué mardi que l’analyse du jugement était toujours en cours.

François Limoges, lui, espère que la Ville de Montréal abandonnera les accusations portées contre des centaines de manifestants en vertu de l’article 2.1 du règlement P-6. « La Ville devrait mettre fin au combat idéologique qu’elle mène avec les taxes des contribuables », a-t-il dit.

Le conseiller de Projet Montréal estime que ce jugement confirme que la très grande majorité des accusations portées en lien avec l’application du règlement P-6 ne peuvent être considérées comme valides.

Selon lui, le jugement devrait obliger le SPVM à revoir ses méthodes et renoncer aux arrestations de masse.

Rappelons que le règlement P-6 adopté en 2001 avait été modifié en mai 2012 pour y ajouter trois articles, dont l’obligation pour les manifestants de fournir leur itinéraire et l’interdiction du port d’un masque. En avril 2013, Projet Montréal avait déposé au conseil municipal une motion demandant l’annulation des modifications introduites l’année précédente. En vain, car la motion avait été rejetée par la majorité.

7 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 11 février 2015 08 h 25

    Et les manifs anarchistes

    Si il faut arrêter seulement les organisateurs, comment est-ce possible avec des manifs de type anarchiste improvisées n'importe où et n'importe comment , allant n'importe où ,et se fichant ds citoyens ?

    il faut donc logiquement obliger chaque manif à avoir des organisateurs comme c'était le cas avant, quand les manifestants étaient respectueux de leurs concitoyens.

    Pour avoir participé à des dizaines de manifs (syndicats, groupes marxistes etc..) il y avait TOUJOURS des organisateurs responsables, ainsi qu'un comité de surveillance des casseurs qui travaillait avec les policiers. Pas un seulement un foule d'irresponsables,.

    Il est vrai que le but était alors de s'exprimer, pas de déranger le plus de monde possible dans une forme d'intimidation des citoyens comme durant le printemps étudiant. Il faut mettre fin à ces manifs anarchistes pour déranger et intimider ses concitoyens les plus possible.

    • Sylvain Auclair - Abonné 11 février 2015 13 h 00

      Je ne crois pas qu'on puisse, en démocratie, conditionner le droit de manifester au dépôt d'un document.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 février 2015 00 h 35

      «Je ne crois pas qu'on puisse, en démocratie, conditionner le droit de manifester au dépôt d'un document.»

      C'est pourtant ce qui se fait dans toutes les pays dévellopés.

  • Sylvain Auclair - Abonné 11 février 2015 09 h 24

    À part les pays dictatoriaux

    ...je crois qu'on est bien le seul endroit au monde à effectuer des arrestations de masse de manifestants pacifiques. Même Hong-Kong, qui fait bien partie d'un pays communiste pas très porté sur le respect des droits de l'homme, a laissé des manifestants bloquer les principales artères commerciales pendant DES SEMAINES, jour et nuit!

    • André Michaud - Inscrit 11 février 2015 12 h 44

      Dans la plupart dans grandes villes il faut un permis de manifestation et un itinéraire précis pour que les policiers puissent faire correctement leur travail au niveau de la sécurité et du traffic .

      Une manif fait contre au lieu d'avec les policiers sera toujours inecceptable !

  • Richard Coulombe - Inscrit 11 février 2015 09 h 32

    Projet Montréal

    Le véritable projet de ce parti de rêveurs est de faire de Montréal une ville fantôme. Pas d'automobiles, pas de commerces, pas d'entreprises, seulement des rues piétonnières où l'on peut manifester à volonté. Il y sera difficile de briser les vitrines des commerces, toutes ayant été remplacées par du contreplaqué suite aux fermetures. N'ayant plus d'argent, la ville va arrêter le service de métro, les tunnels seront transformés en pistes cyclables. La ville ne va pas bien (malgré ce qu'en dit l'arriviste maire jovialiste), et on s'acharne à la faire crever. Le laboratoire du Plateau est un échec, et nos amis de la gauche caviar qui applaudissaient, se tirent maintenant en douce vers d'autres lieux plus "in".

    • Sylvain Auclair - Abonné 11 février 2015 13 h 01

      Bizarrement, partout dans le monde, les rues qui ont été piétonnisées ont vu leurs commerces... prospérer. Évidemment, ces faits ne cadrant pas avec votre idéologie, vous préférez les ignorer.