Coderre propose un sommet sur le «vivre-ensemble»

C’est à l’Élysée que le président français, François Hollande, a accueilli Denis Coderre, lundi 2 février 2015.
Photo: Michel Euler Associated Press C’est à l’Élysée que le président français, François Hollande, a accueilli Denis Coderre, lundi 2 février 2015.

Alors qu’il a été reçu lundi par le président François Hollande comme un véritable chef d’État, le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé qu’il organiserait, en juin dans la métropole, un sommet des grandes villes sur le « vivre-ensemble ». À la suite des attentats de Charlie Hebdo, Denis Coderre a convaincu son homologue parisienne, Anne Hidalgo, de participer à cet exercice de réflexion sur les mesures destinées à favoriser l’intégration et à combattre la radicalisation. Le sommet se tiendra dans le cadre de la Conférence de Montréal, qui regroupe déjà chaque année des décideurs du monde économique.

« Je vais demander à plusieurs de mes collègues des grandes métropoles de venir à Montréal, dit-il. On pourra parler du vivre-ensemble et de toute cette question d’intégration. » Le maire de Montréal se défend bien de vouloir « créer des amalgames » ou « stigmatiser une communauté par rapport à l’autre ». Son objectif, dit-il, « c’est vraiment de travailler dans un contexte de résilience à ce qu’on puisse s’assurer du vivre-ensemble ».

Denis Coderre compte inviter à ce sommet les maires de plusieurs grandes villes européennes, comme Bruxelles, Berlin et Barcelone, mais aussi américaines, comme Boston et Chicago. Il y sera question, dit-il, de l’équilibre à créer « entre l’ouverture et la vigilance ».

Jamais on n’avait vu un maire de Montréal reçu de la sorte à l’Élysée. Signe d’un accueil plus que cordial, François Hollande est venu accueillir son hôte au bas des marches et l’a raccompagné à l’extérieur. Des attentions auxquelles tous les chefs d’État n’ont pas nécessairement droit.

Après les attentats de Charlie Hebdo, « il était important pour nous de venir directement dire toute notre amitié et notre solidarité », a affirmé Denis Coderre tout en rappelant que, après les attentats, Montréal a été « la ville la plus mobilisée hors de France ». Le maire n’a pas voulu commenter l’absence à Paris du premier ministre québécois, Philippe Couillard, lors de la manifestation monstre du 11 janvier et dans les semaines qui ont suivi alors qu’il était pourtant en mission à Londres, à Bruxelles et à Davos. « Je ne pense pas qu’il faut mesurer le niveau de solidarité de M. Couillard, a-t-il dit. […] Mais je pense qu’il faut envoyer un message très clair au peuple français que tous les Québécois […] ont démontré leur solidarité. »

Proximité Montréal-Paris

Denis Coderre a aussi demandé à François Hollande de nommer un commissaire français responsable du 375e anniversaire de Montréal, qui sera célébré en 2017. C’est ce que la France avait fait à l’occasion du 400e anniversaire de Québec.

Dans la foulée, le maire de Montréal a justifié sa décision de ne pas accorder de permis d’ouvrir un centre communautaire musulman à l’imam Hamza Chaoui, qu’il désigne comme « un fomenteur de tensions sociales » et « un agent de radicalisation. » Il ne s’agit pas, dit-il, d’« une question de liberté d’expression ni de liberté de culte », mais « d’ordre public ».

Évoquant les moyens qui pourraient permettre aux villes de mieux combattre le terrorisme, Denis Coderre a mentionné que cela pouvait impliquer la création, « comme à New York, d’un groupe antiterroriste ». Mais, précise-t-il, « ce n’est pas une question d’avoir plus de pouvoirs ».

En fin de journée, Denis Coderre a rencontré la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, qui a remercié son homologue de « la belle solidarité que Montréal a exprimée ». Selon elle, la façon dont Montréal et Paris envisagent la question de l’intégration « montre une grande proximité ».

Mardi, Denis Coderre rencontrera les représentants de la société Bolloré, afin de parler de l’implantation à Montréal d’un service de voitures électriques en libre-service. Bolloré est le constructeur des 2900 Autolib’que l’on trouve partout en libre-service dans la capitale française. Une partie des batteries de ces voitures est d’ailleurs fabriquée à Boucherville. Selon Denis Coderre, « Bolloré peut être intéressant », mais le maire refuse de dire s’il veut implanter à Montréal le même service qu’à Paris ou une formule différente.

Ce matin, Denis Coderre devait aller déposer une gerbe de fleurs devant l’Hyper Cacher de Vincennes, où ont été assassinés quatre juifs. Il sera accompagné du vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi. À l’Élysée, Denis Coderre était accompagné de l’ambassadeur du Canada en France, Lawrence Cannon, et de la commissaire aux relations internationales de la Ville de Montréal, Dominique Poirier.

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