Charles Taylor propose de miser sur les régions

Charles Taylor (en avant-plan) et Gérard Bouchard durant les auditions de la commission Bouchard-Taylor. 
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Charles Taylor (en avant-plan) et Gérard Bouchard durant les auditions de la commission Bouchard-Taylor. 

Le philosophe Charles Taylor, qui a coprésidé avec Gérard Bouchard la commission de consultation sur les demandes d’accommodement religieux en 2008, est d’avis que le gouvernement Couillard devrait inciter bien davantage les candidats à l’immigration à s’installer en région plutôt qu’à Montréal.

En entrevue àLa Presse canadienne, M. Taylor a dit que le gouvernement devrait conclure une sorte de marché avec les étrangers désireux de vivre au Québec : ils s’engageraient pendant une période donnée, disons cinq ans, à demeurer en région pour y occuper un emploi précis et, en échange, leur dossier serait traité en priorité. L’avantage de ce procédé serait double : disperser l’immigration et pourvoir les postes vacants en région.

« Ce sera une espèce de marché qu’on conclut avec une personne : il y a ce travail concret, on a beaucoup de mal à le remplir. Vous allez le remplir, alors là on est très d’accord pour vous faire passer rapidement à travers toutes les étapes » du processus de sélection, a-t-il illustré. Entre 2009 et 2013, plus de deux immigrants sur trois (70 %) ont choisi de prendre racine à Montréal. Si l’on inclut Laval et la Montérégie, on découvre que la très grande majorité (84 %) des nouveaux arrivants s’implantent dans la métropole ou autour. Leur présence en région paraît infinitésimale : 0,1 % ont choisi la Gaspésie, 0,2 % l’Abitibi et 0,3 % le Saguenay, durant la même période.

Avec son collègue Bouchard, M. Taylor proposera donc un moyen d’inverser cette tendance, lors de leur témoignage jeudi devant la commission parlementaire qui se penche sur la future politique d’immigration québécoise. C’est une approche qui profite à tous, dit-il : « Il suffit qu’il y ait un contact humain entre les immigrants de toutes sources et les Québécois de souche, qu’ils se fréquentent un peu et les différentes craintes, les préjugés, les paniques, disparaissent. »

 

Opération séduction

La sélection des candidats pourrait même être conditionnelle à leur acceptation de s’installer en région. Mais M. Taylor prône une approche plus incitative que coercitive. Il ne s’agit pas de leur « forcer la main », mais de créer des conditions favorables. « On pourrait rendre l’acceptation de cette personne conditionnelle à ce qu’elle prenne un emploi, disons pour un certain nombre d’années, pas pour toujours, à Chicoutimi, à Rimouski, etc. Ça pourrait dépanner la communauté régionale » sur le plan des besoins de main-d’oeuvre.

Dans le même esprit, Québec devra accélérer la reconnaissance des diplômes acquis à l’étranger, a-t-il ajouté. Il propose à ce sujet de prévoir, au premier chef pour les médecins, une formation d’appoint, éventuellement financée par l’État.

25 commentaires
  • Carole Jean - Inscrite 2 février 2015 00 h 51

    Que d’importance donnée à des propos non étayés et non prouvés !


    La Presse canadienne rapporte :
    « Il [Taylor] ne craint donc pas de dérapage vers l’islamophobie au Québec, [là] où on trouve une importante communauté de confession musulmane. »

    M. Taylor veut vraiment détruire tout le Québec, après avoir contribué à détruire Montréal, ville où les francophones sont maintenant en minorité.

    Combien y a-t-il d’emplois vacants en région ? Où sont les études qui le démontrent ? Est-ce que M. Taylor a fait des études économiques et sociales sur ce qu’il propose ? Oui ou non ? Quelles sont ses compétences en la matière ?
    —Je crois que poser ces questions c’est d’y répondre. D’autant plus que le Canada s’apprête à entrer en récession économique. Sommes-nous un peuple d’abrutis pour prêter oreille à pareilles sornettes ?

    Ce n’est pas en édifiant une Tour de Babel sociale que nous allons construire un avenir prometteur pour nos enfants. Seuls les immigrants qui s’engagent à s’intégrer à la société québécoise et à respecter ses valeurs et la langue de la majorité devraient être admis au Québec. M. Taylor se garde bien de parler des problèmes d’intégration des immigrants issus de l’intégrisme islamiste. Pourquoi ?

    Dommage que la “Canadian Press’’ donne tellement d’importance à ce monsieur féru d’élitisme, à sa propagande multiculturaliste et communautariste, et à ses improvisations toutes irénistes et prosélytistes ! Il doit y avoir une raison.

  • François Ricard - Inscrit 2 février 2015 05 h 29

    Avons-nous besoin de l'immigration?

    Si l'on regarde les dernières données des sans-emploi, nous nous apercevons que le chômage est plus élevé en région. Alors en y important plus de nouveaux arrivants qu'accomplirons-nous?
    Pourquoi ne pas d'abord nous demander si nous avons besoin d'immigration?
    Si oui de laquelle? En quel nombre? de quelle composition? Quelles sont les conditions à mettre en place pour une véritable intégration sociale et économique des immigrants? Pas d'une simple inclusion qui permet aux immigrants de recréer ici le monde qu'ils ont quitté, mais une véritable intégration. Devenir des Québécois à part entière.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 2 février 2015 08 h 24

      Vous soulevez d'excellentes questions auxquelles le gouvernement ne veut pas répondre. Parce que si on osait regarder sérieusement les choses en face, il faudrait probablement changer drastiquement le profil de l'immigrant type qui entre au Québec depuis de nombreuses années, et leur nombre devrait être sensiblement réduit.

  • Denis Marseille - Inscrit 2 février 2015 07 h 13

    Bla, Bla, Bla

    «« On pourrait rendre l’acceptation de cette personne conditionnelle à ce qu’elle prenne un emploi, disons pour un certain nombre d’années, pas pour toujours, à Chicoutimi, à Rimouski, etc. Ça pourrait dépanner la communauté régionale » sur le plan des besoins de main-d’oeuvre.»

    Faudrait commencer par en avoir des emplois en régions! Va-t-on faire venir des gens d'ailleurs lorsque dans certaines régions, Plus de 70% de la population est inactive. Faudrait que M. Taylor se sorte la tête de Westmount de temps en temps.

    • Simone Lussier - Inscrit 2 février 2015 12 h 21

      Excellent! Vous avez bien raison.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 2 février 2015 08 h 09

    Pour qui ?

    C'est drôle, je ne peux m'empêcher de penser qu'il dit ça pour que les «arriérés intolérants» que sont les québécois «profonds» deviennent plus «ouverts», comme les gens de Montréal. Il y a quelque chose d'hypocrite et de condescendant dans son attitude. Il l'a démontré avec l'histoire de la charte.

    Surtout que les régions viennent de se faire amputer toutes les maigre structures d'accueil dont elles disposaient. Favoriser l'immigration en région, mais monsieur Taylor, si l'argent est là, si les emplois sont là, vous allez avoir tous les immigrants, y inclus les québécois de souche, qui vont se garocher dans les régions. Alors, quel est votre plan monsieur Taylor, votre idée est pas mal éculée ?

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 février 2015 11 h 33

      C'est aussi ce que je déteste de ce grand philosophe supposé grand-prête de la tolérance. Hérouxville ce n'est qu'un incident ridicule mais anecdotique. L'affaire du kirpan c'est déroulé à Montréal, tout comme l'histoire du YMCA. Les leçons que ces intellos nous donnent régulièrement révèlent plus sur leurs propres préjugés sur les banlieusards et sur les gens des régions sur leur bonne compréhension de la réalité de l'immigration. Notre nouvel "expert en immigration" apprendra peut-être que son idée a été régulièrement tentée depuis plusieurs années avec un certain succès mais ce n'est pas la panacée qu'il semble croire.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 2 février 2015 14 h 11

      Mais surtout, il est anglophone. Chanceux les anglophones, ils sont toujours plus tolérants et ouverts que nous, sauf envers nous. Les immigrants, avant la loi 101, s'en allaient systématiquement rejoindre la communauté (?) anglophone. Le muticulturalisme, c'était l'anglais en fin de compte. Aujourd'hui, ils se rendent compte, en Ontario surtout que la culture, c'est plus que la langue.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 2 février 2015 08 h 21

    Plusieurs régions se meurent

    Comment M. Taylor peut-il affirmer qu'en encourageant les immigrants à s'installer en région on réglera le problème d'intégration? Que connait-il des régions, et de quelles régions parle t'il?

    Dans les faits, plusieurs régions réussissent à simplement survivre grâce au tourisme et aux villégiateurs. Et puis, quel avenir y a t'il pour les jeunes dans de nombreuses régions? Tôt ou tard, ils partent en ville pour étudier au cégep ou à l'univerisité et souvent ne retournent pas en région parce qu'il n'y a pas d'emplois.