Ferrandez aux commandes jusqu’en 2016

Luc Ferrandez posera sa candidature si le parti n’arrive pas à recruter de meilleurs chefs potentiels.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Luc Ferrandez posera sa candidature si le parti n’arrive pas à recruter de meilleurs chefs potentiels.

Projet Montréal attendra à 2016, soit un an avant l’échéancier électoral, pour se choisir un nouveau chef. D’ici là, le parti entend redéfinir ses priorités en vue des élections de l’automne 2017. Celui qui occupe la chefferie par intérim, Luc Ferrandez, n’écarte pas l’idée de se lancer dans la course.

Réunis en congrès extraordinaire au Centre culturel et sportif de l’Est dimanche, les militants de Projet Montréal ont modifié les statuts du parti afin de prolonger le mandat de Luc Ferrandez à la tête du parti. Le parti souhaitait s’accorder une plus grande flexibilité pour lancer une course à la chefferie au moment jugé opportun et non dans les six mois suivant la démission de l’ancien chef, comme le prévoyaient les règles auparavant.

Ils ont aussi modifié le nom du parti pour retirer le suffixe « Équipe Bergeron » qui avait été ajouté lors de la campagne électorale de 2013. Rappelons que l’ancien chef et cofondateur du parti, Richard Bergeron, a quitté Projet Montréal en octobre dernier pour se joindre au comité exécutif de Denis Coderre.

Luc Ferrandez croit par ailleurs que Projet Montréal a besoin de revoir ses priorités. « Je pense qu’il faut réinventer le parti. [...] Il n’est pas question de renier ce que nous avons fait, mais il faut aller plus loin », a-t-il dit aux militants. Depuis sa création, Projet Montréal a beaucoup misé sur les projets tels le tramway, l’Entrée maritime et les mesures d’apaisement de la circulation, a rappelé Luc Ferrandez. Il doit désormais mettre l’accent sur le développement économique, l’habitation et le commerce « quartier par quartier », croit le chef par intérim.

M. Ferrandez a profité du congrès pour décocher quelques flèches au maire Coderre qu’il a décrit comme « un homme à la redoutable efficacité médiatique qui n’a pas peur de se contredire »: « La ville que M. Coderre propose, c’est un syndic de condominiums. C’est une entreprise qui répond aux besoins individuels en fonction du “ hourramètre ” alors que nous, nous voulons définir une culture, un habitat. »
 

Ferrandez dans la course ?

La course à la chefferie pourrait donc être lancée dans un an et demi. M. Ferrandez a dit souhaiter que Projet Montréal attire des candidats extérieurs au parti pour la chefferie. Il n’écarte pas l’idée d’être lui-même candidat. « Je verrai. J’ai bon espoir qu’on attire des candidats meilleurs que moi. Si ce n’est pas le cas, je serai candidat », a-t-il déclaré à l’issue du congrès.

Dans l’assistance, un membre du parti se faisait discret : Guillaume Favreau Bergeron, 31 ans, le fils de l’ancien chef Richard Bergeron. Membre de Projet Montréal depuis ses débuts, il a dit respecter le choix de son père d’accepter un poste dans l’administration Coderre. « Je le vois serein avec sa décision et je m’en réjouis », a-t-il dit. « Les projets le passionnent. N’oubliez pas que mon père a commencé en politique pour les projets, pour que la ville change. »

Guillaume Favreau Bergeron dit ne pas être encore prêt à faire de la « politique active » et solliciter un poste électif. Il songe encore moins à la chefferie de Projet Montréal, a-t-il affirmé.

Philipe Tomlinson dans Outremont

Projet Montréal a présenté son candidat à l’élection partielle qui aura lieu dans le district Robert-Bourassa d’Outremont le 22 mars prochain. Il s’agit de Philipe Tomlinson, diplômé en gestion et développement durable à HEC Montréal. Candidat dans le district de Joseph-Beaubien lors du scrutin du 3 novembre 2013, M. Tomlinson avait perdu par 11 voix contre Céline Forget. Depuis un an, il occupe les fonctions d’attaché politique pour Projet Montréal dans Outremont où le parti compte une élue, Mindy Pollak. La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, du parti Conservons Outremont, a lancé dans la mêlée Christine Gélinas-Elie. De son côté, le maire Denis Coderre a fait savoir qu’il présentera aussi un candidat.

 
3 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 19 janvier 2015 02 h 13

    Luc Ferrandez : homme d'avant-garde


    J'applaudis les nouvelles décisions de Projet Montréal, et particulièrement celles qui veulent mettre l'accent sur l’habitation et le commerce quartier par quartier; sans compter la flèche décochée à populiste maire Coderre et sa ville «condominiumnisée».

    Luc Ferrandez est un homme d'avant-garde qui a du panache et de la verve et viendrait appliquer un peu de verni à cette ville du condo et de la «course de char», bâillonnée par la loi anti-liberté d'expression P-6 toujours maintenue en place par l'équipe Coderre.

    Ferrandez semble donc la personne toute désignée, non seulement pour achever le projet politique qu'est «Projet Montréal» lui-même. Mais faire de Montréal une ville capable de s'inscrire dans les impératifs changements sociologiques et écologiques à adopter afin d'être en mesure d’affronter les défis du 21e siècle.

    Je lui souhaite donc non seulement un bon mandat, mais la meilleure des chances pour tenir à long terme les rennes d'un parti mériterait qu'on lui donne enfin sa véritable chance.

    Bon succès à Ferrandez et à Projet Montréal.

    Christian Montmarquette

  • Pierre Vincent - Inscrit 19 janvier 2015 08 h 37

    Luc Ferrandez est et sera le prochain chef de Projet Montréal...

    Tout comme Richard Bergeron, qui voulut jadis attirer Louise Harel à la tête de Projet Montréal, Luc Ferrandez a une personnalité abrasive qui devrait agir comme un repoussoir de toute candidature de prestige à la tête de son parti municipal. Luc Ferrandez sera donc sans doute chef du parti lors des prochaines élections à Montréal et à moins qu'il change de personnalité d'ici là, il sera battu comme son prédécesseur. On a vu lors de la dernière campagne électorale combien il est facile de créer des partis politiques municipaux pour diviser le vote et combien des chefs si prometteurs peuvent disparaître rapidement par la suite, au propre comme au figuré. C'est bien dommage pour M. Ferrandez qui ferait mieux de rester à son poste de maire à vie du Plateau, tant qu'il le voudra bien.

    • Serge Grenier - Inscrit 19 janvier 2015 09 h 29

      Par « candidatures de prestige », voulez-vous parler des personnalités mégalomanes et narcissiques qui dirigent nos destinées ces temps-ci ?

      En ce qui me concerne, tant mieux si la personnalité abrasive de Monsieur Ferrandez les fait fuir. Je préfère un parti intègre, même s'il n'a pas le pouvoir, à un parti corrompu, sourtout s'il a le pouvoir.