L’Office national de l’énergie ouvrira un bureau à Montréal

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Disant vouloir mieux communiquer avec les Québécois au sujet des projets controversés d’oléoducs, l’Office national de l’énergie (ONE) ouvrira un bureau régional à Montréal ce printemps.

De passage à l’hôtel de ville vendredi, le président de l’ONE, Peter Watson, en a fait l’annonce aux côtés du maire Denis Coderre. Selon lui, cette décision démontre la volonté de l’ONE d’informer davantage les communautés et de travailler plus étroitement avec les villes québécoises en lien avec les projets d’oléoducs. Rappelons que l’inversion de l’oléoduc 9B d’Enbridge et le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada rencontrent de vives résistances au Québec.

« Ça fait cinq mois que je préside l’ONE. Les derniers mois m’ont convaincu que notre organisation devait en faire davantage dans nos relations avec les municipalités. Nous avons l’opportunité de travailler ensemble, d’être plus transparents », a-t-il expliqué.

Deux antennes

 

C’est la première fois que l’organisation basée à Calgary se déploie à l’extérieur de l’Alberta. Un autre bureau régional ouvrira ses portes en Colombie-Britannique, où le projet de pipeline Northern Gateway soulève l’opposition.

À son ouverture, le bureau comptera « moins d’une demi-douzaine d’employés », a précisé la vice-présidente de l’ONE, Lyne Mercier. L’équipe sera composée de personnes en relations communautaires et en communications, ainsi que d’inspecteurs.

Le maire Coderre s’est dit ravi de la décision de l’ONE. « La Ville et le monde municipal vont avoir un rôle à jouer important dans la façon de travailler, a-t-il dit. D’avoir un satellite à Montréal renforce davantage la confiance que j’ai déjà dans l’Office national de l’énergie. »

Le maire a rappelé que Peter Watson s’était montré sensible à l’insatisfaction de la Ville à l’égard des mesures prévues par Enbridge pour le franchissement des cours d’eau et les situations d’urgence.

Des bémols

 

Responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace, Patrick Bonin ne partage pas l’enthousiasme du maire. « Je trouve le maire Coderre particulièrement enthousiaste même si sa lecture du travail de l’Office national de l’énergie est très discutable. »

M. Bonin a évoqué la loi mammouth adoptée à Ottawa en 2012 qui avait modifié de nombreuses lois environnementales, accordant notamment à l’ONE la responsabilité d’étudier les projets de pipelines. « L’Office refuse notamment d’imposer à TransCanada la publication de ses documents en français, ce qui, en soi, est un affront énorme aux Québécois qui ne maîtriseraient pas la langue anglaise », a-t-il souligné.

Selon lui, l’ouverture d’un bureau régional ressemble davantage à une tentative de l’ONE pour redorer son image alors que le vrai problème réside dans l’absence de réelle évaluation environnementale. « C’est bon si les gens ont accès à plus d’informations, mais qu’est-ce que ça donne s’ils ne peuvent pas participer aux audiences ? », se demande-t-il.

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