Charlie Hebdo: plusieurs rassemblements à Montréal

<em>«Il s’agit d’un acte ignoble, barbare»</em>, a commenté Denis Coderre mercredi après-midi, à Montréal.<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Il s’agit d’un acte ignoble, barbare», a commenté Denis Coderre mercredi après-midi, à Montréal.

Des centaines de Montréalais ont répondu présents à divers rassemblements organisés sur le réseau Facebook, mercredi, quelques heures après l'attentat au journal satirique Charlie Hebdo qui a coûté la vie à 12 personnes.
 

 

La première vigile s'est tenue devant l'hôtel de ville vers 17h, où le maire de Montréal, Denis Coderre, avait invité plusieurs dignitaires, dont le consul général de France à Montréal, Bruno Clerc. Des chefs de toutes les communautés religieuses étaient présents, ainsi que de nombreux politiciens, notamment le ministre de la métropole, Robert Poëti.


«Il est important de se recueillir, d'être tous ici ce soir pour vivre le deuil d'une tragédie sans nom», a déclaré M. Clerc. «Vive la liberté! Vive la France!» a-t-il lancé à une foule, qui l'a applaudi tant bien que mal avec ses mitaines. Les participants ont ensuite enchaîné en chantant l'hymne national français, La Marseillaise. Bougies à la main, les citoyens fixaient tous du regard la façade de l'édifice, sur lequel trône une bannière géante «Je suis Charlie».

«Il s’agit d’un acte ignoble, barbare. On s’est attaqué à ce qu’il y a de plus précieux: notre liberté, liberté d’expression et la liberté de presse», a commenté M. Coderre, flanqué de M. Clerc.


Drapeau en berne

Selon le maire, il importe que les Montréalais expriment leur solidarité à l’égard de Charlie Hebdo et du peuple français. «Si on veut protéger notre qualité de vie, si on veut protéger notre liberté, il est essentiel qu’on ne tombe pas sous l’intimidation de ces terroristes», a-t-il dit. Le drapeau de l’hôtel de ville a été mis en berne. 

 

Interrogé sur la possibilité qu’un attentat semblable se produise à Montréal, le maire a précisé que la vigilance était toujours de mise, mais qu’il était en communication continue avec le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent. « Ce qui est arrivé, peut arriver n’importe où », a-t-il dit, avant d’ajouter que pour l’instant, « il n’y a pas lieu de s’inquiéter ».

 

Deux membres de la communauté hassidique, qui assistaient à la cérémonie devant l'hôtel de ville, se sont dits troublés par le massacre survenu plus tot à Paris. «Cette tuerie n'a rien à voir avec la religion. L'islam, comme toutes les autres religions, vise la paix. C'est une abomination», a déclaré Mayer Feig.

Nombreux étaient les participants d'origine française. 


Devant le consulat

À 18h30, plus de 3000 personnes sont attendues devant le consulat de France à Montréal, situé sur l'avenue McGill, en plein centre-ville. Marie Pâris, journaliste d'origine française ayant immigré au Québec il y a près de deux ans, a tenu à participer au recueillement collectif.


La jeune femme, qui a travaillé pour le site web Rue89 à Paris, peine à comprendre l'atrocité des évènements survenus. «Ayant travaillé pour un média français ouvertement de gauche, je sais qu'ils sont souvent, malheureusement, la cible de menaces, de poursuites... mais de là à aller aussi loin dans le crime, ça me rend furieuse», lance-t-elle. À ses yeux, malgré la peur qui peut envahir les salles de presse, il faut que les journalistes demeurent solidaires et continuent leur travail, sans se laisser atteindre par la terreur.

À Québec, les citoyens ont rendez-vous à 18h devant les bureaux du Consulat de France à Québec, au 25, rue Saint-Louis.