La STM congédie son d.g.

Les temps sont difficiles pour la STM. En 2014, elle a dû réduire ses dépenses de 57 millions et abolir 180 postes. Une hausse des tarifs entrera aussi en vigueur en 2015.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les temps sont difficiles pour la STM. En 2014, elle a dû réduire ses dépenses de 57 millions et abolir 180 postes. Une hausse des tarifs entrera aussi en vigueur en 2015.

La Société de transport de Montréal (STM) a congédié mercredi son directeur général, Carl Desrosiers. Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, a invoqué sa volonté d’aller chercher des idées nouvelles dans le cadre de la révision du plan stratégique de la société de transport pour expliquer sa décision.

Entré à la STM en 1984, Carl Desrosiers était devenu directeur général en mai 2012. « C’est un choc, j’en conviens, a indiqué M. Schnobb. M. Desrosiers a fait du bon travail avec nous. Il était admissible à la retraite. Donc, on s’est dit qu’on pouvait aller de l’avant avec cette décision que le conseil d’administration a appuyée à l’unanimité. »

M. Schnobb a fait valoir que la STM voulait un « regard neuf » pour élaborer son plan stratégique 2025 dans le contexte d’une réforme de la gouvernance à laquelle réfléchit le gouvernement du Québec. « Ce n’est pas une question de conflit, mais puisqu’on veut regarder vers l’avenir avec un regard neuf, il faut le faire avec une nouvelle personne dans notre esprit », a-t-il expliqué.


Une indemnité de départ de 450 000 $

Âgé de 54 ans, M. Desrosiers touchait un salaire annuel de 327 369 $. Tel que le prévoit son contrat — qui devait prendre fin en 2017 —, il recevra 450 000 $ à son départ, soit une année de salaire, le paiement de ses vacances accumulées et des sommes liées à son fonds de retraite.

Carl Desrosiers avait une connaissance approfondie du réseau de transport de la STM après 30 ans dans l’organisation et son départ abrupt a causé une certaine surprise. « Il a livré la marchandise. Le taux de satisfaction est en hausse et il y a des records d’achalandage jamais vus », a-t-on indiqué en coulisse.

Une source a précisé au Devoir qu’il s’agissait visiblement d’une décision « télécommandée » par le maire Denis Coderre, le directeur général de la Ville de Montréal, Alain Marcoux, et le président du comité exécutif, Pierre Desrochers.

Philippe Schnobb affirme que ce n’est pas le cas : « C’est une décision que je prends et que j’assume. J’y ai réfléchi longuement. »

M. Schnobb dit souhaiter trouver un nouveau directeur général rapidement, à l’interne ou à l’externe. En attendant, l’actuel trésorier et directeur exécutif aux finances et au contrôle, Luc Tremblay, assumera l’intérim.

Les temps sont difficiles pour la STM. En 2014, elle a dû réduire ses dépenses de 57 millions et abolir 180 postes. Elle a par ailleurs annoncé une hausse de ses tarifs pour 2015, faisant passer de 79,50 $ à 82 $ le coût de la carte autobus-métro (CAM).

1 commentaire
  • Robert Beauchamp - Abonné 18 décembre 2014 10 h 12

    Le tordage de bras

    «Il a livré la marchandise, le taux de satisfaction est en hausse,et il y a des records d'achalandage jamais vus.» «Un regard neuf» dit le journaliste devenu gestionnaire qui fait maintenant partie du club des obéissants serviles du monde politique. Il faut le faire, après trente ans de service. J'ai l'impression que ce DG se tenait debout et celui que l'on appelle le maire en était contrarié. Ça sent le tordage de bras.
    Robert Beauchamp