Des stationnements étagés à Montréal?

Richard Bergeron voit le tout d’un bon œil, tant que la facture est assumée par le secteur privé.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Richard Bergeron voit le tout d’un bon œil, tant que la facture est assumée par le secteur privé.

Le maire Denis Coderre croit qu’il faut plus de stationnements au centre-ville de Montréal et il verrait d’un bon oeil la construction de stationnements étagés. Le responsable de la stratégie pour le centre-ville au sein de son administration, Richard Bergeron, est favorable à cette idée pourvu que le secteur privé en assume la facture.

Interpellé par la conseillère Lorraine Pagé sur la future patinoire réfrigérée sur l’îlot Clark, un projet du quartier des Spectacles enlisé depuis des années, le maire Coderre a promis de prendre une décision au retour des Fêtes. « On est d’accord avec l’aménagement de l’îlot Clark. Il est déjà dans le programme triennal d’immobilisations. La question qu’on doit se poser, c’est : “Est-ce qu’on doit avoir un stationnement souterrain ou non ?” », a-t-il expliqué.

L’administration de l’ex-maire Gérald Tremblay avait proposé l’aménagement de 400 places de stationnement sous l’esplanade Clark, mais faute d’intérêt de la part d’investisseurs privés, le projet ne s’est jamais concrétisé.

Le maire Coderre compte dévoiler sa politique sur le stationnement dans quelques semaines. Montréal souhaite notamment rapatrier Stationnement de Montréal, qui est géré par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le maire évoque la possibilité de modifier la réglementation pour permettre la construction de stationnements étagés, ce qui n’est pas autorisé à l’heure actuelle. Il songe aussi à l’aménagement de stationnements sous la rue Sainte-Catherine, « un peu comme les Champs-Élysées ».

 

Nouveau discours ?

Le nouveau responsable du centre-ville au sein de l’administration Coderre, Richard Bergeron, soutient être favorable à l’ajout de stationnements au centre-ville, à condition que le secteur privé en assume les frais. Des « ajustements fiscaux » pourraient être envisagés pour rendre l’opération plus rentable, dit-il.

Richard Bergeron, qui a toujours plaidé pour une réduction de la circulation automobile lorsqu’il dirigeait Projet Montréal, soutient ne pas avoir changé de discours depuis qu’il a joint l’administration Coderre. « Dans mes engagements pour le centre-ville [pendant la campagne électorale de 2013], j’ai dit que j’allais autoriser tous les stationnements privés en souterrain et en étages ». Vérification faite, le programme électoral de Projet Montréal parlait plutôt de « réduire l’offre de stationnement au centre-ville en favorisant une gestion active du stationnement ».

 

Place des Arts

Pour André Poulin, directeur général de Destination centre-ville, il ne fait pas de doute que Montréal a besoin de plus de stationnements, car les clients fuient vers la banlieue. « Mais il faudrait être compétitifs avec les stationnements des commerces de périphérie, où c’est gratuit », a-t-il rappelé.

Du côté de la Place des Arts, qui compte 1000 places de stationnement, on n’est pas convaincu de la pertinence d’aménager un stationnement souterrain sous l’esplanade Clark. L’achalandage du stationnement de la Place des Arts varie en fonction des heures, mais les soirs de spectacles, l’accès devient très difficile en raison du nombre élevé de voitures. « L’ajout d’un stationnement à côté empirerait la situation », signale Denise Melillo, directrice des relations publiques, qui n’a pas été en mesure de préciser le taux d’occupation du stationnement de la Place des Arts.

Polémique autour de l’autoroute 19

La dernière séance du conseil municipal de Montréal avant les Fêtes a donné lieu à des débats acrimonieux mardi. Les élus devaient notamment débattre d’une motion de Projet Montréal contre le prolongement de l’autoroute 19. Enceinte de neuf mois, la conseillère Émilie Thuillier, qui présentait cette motion, a dû s’absenter en raison de contractions et l’administration Coderre a refusé qu’un autre élu présente la motion à sa place. Constatant la polémique qui faisait rage sur le réseau Twitter, le maire a finalement fait volte-face et a accepté que la motion soit débattue au conseil. Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a accusé le maire d’avoir eu recours à une « tactique infâme » pour brimer le droit de parole de l’opposition. Les élues de son parti ont plutôt soulevé la difficulté des femmes d’avoir un enfant en cours de mandat, car elles n’ont pas droit à un congé de maternité.
10 commentaires
  • Jacques Baril - Inscrit 17 décembre 2014 06 h 04

    Montréal, ma ville(!)

    J'habite un petit quartier (arrondissement) d'une ville un peu dérangée (euphémisme). Désolé. Dans les années '90, le maire Jean Doré a voulu aménager sous le «Carré Saint-Louis» un «parc de stationnement». Les «Plateausaures» ont dit: «Niet». (...) Plein cauchemar. Du pur surréalisme.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 17 décembre 2014 14 h 07

      Ce projet était une demande d'un riche restaurateur de la rue Prince Arthur. Il n'est plus en affaire aujourd'hui.

  • Marc Lavallée - Inscrit 17 décembre 2014 07 h 45

    On est des valises

    Se servir d'un projet de patinoire au centre-ville pour justifier la construction d'insfrastructures de stationnement? N'y a-t-il pas assez de gens en ville pour une patinoire? Si c'est ça l'innovation pour une ville intelligente, ça doit être qu'on est lobotomisé par l'industrie automobile, et que même Mr. Bergeron est affecté. Si on avait investi nos énergies à faire de Montréal autre chose qu'un terrain de jeux pour banlieusards, on en serait pas là. On l'appelera comment le "quartier des Spectacles" quand le ridicule tuera? Dix30?

  • Sylvain Auclair - Abonné 17 décembre 2014 08 h 43

    Une solution...

    La Communauté métropolitaine de Montréal pourrait imposer une taxe pour les stationnements de centre commerciaux. Cet espace n'est pas gratuit et a été volé aux merveilleuses terres agricoles de la plaine du Saint-Laurent.

    • Jean Richard - Abonné 17 décembre 2014 11 h 30

      Exact ! Le stationnement gratuit n'est pas gratuit. Il est payé par la collectivité au profit de l'individu.

      Toutefois, il n'y a pas que les centres commerciaux qui pratiquent cette gratuité à l'envers. Il y a aussi plusieurs commerçants du centre-ville qui le font. Par exemple, vous allez voir un film au cinéma E*******. Ça vous donne droit à un espace de stationnement à demi-tarif. Que penser ? Que l'exploitant du stationnement vous fait une aubaine par amour du cinéma ? Que celui de la salle de cinéma comble une partie de la différence ? J'avoue préférer le Beaubien, qui, dans son site web, nous encourage à utiliser le transport collectif ou en saison, le Bixi.

      Le Communauté métropolitaine de Montréal pourrait exiger une taxe pour les stationnements des établissements commerciaux. Mais mieux, elle pourrait exiger que ces établissements offrent aux usagers du transport collectif des avantages au moins comparables à ceux accordés aux automobilistes. Si un monstre comme le Dix-Trente offre aux automobilistes des milliers de mètres carrés d'espace de stationnement, il devrait offrir aux usagers du transport collectif une gare décente pour les autobus et des voies d'accès prioritaires pour ces autobus.

      Or, à l'heure actuelle, quelle est la contribution de ces commerces au transport collectif ? Trop souvent très faible ou presque nulle.

  • Gaétan Fortin - Inscrit 17 décembre 2014 10 h 25

    Comme à Paris...

    Un stationnement souterrain comme sous les Champs-Elysées ?
    Où les trottoirs - ou sont aménagés ces parcs - ont sans doute quatre fois
    la largeur de ceux de notre rue Sainte-Catherine.

  • Jean-Martin Tremblay - Inscrit 17 décembre 2014 10 h 31

    pas près de la place des arts

    Si le stationnement était connecté directement par une entrée privée sur l'autoroute Ville-Marie, ça serait bien, mais je vis près de l'esplanade Clark et je veux vous dire que plusieurs soirs par semaine le stationnement de la place des arts crée déjà d'énormes problèmes de circulation au centre-ville. Les soirs de spectacle, l'entrée de la rue St-Urbain congestionne le trafic jusqu'à Sherbrooke, sans compter d'immenses files sur cette rue, de même sur Maisonneuve et Ontario jusqu'à Berry. St-Laurent est également affecté. À cette entrée, s'ajoute celle sur Jeanmance qui elle crée des problèmes sur St-Catherine et René-Lévesque... Bref, un stationnement sur le terrain vague au coin Clark est une mauvaise idée.