Croisade antiquotas au SPVM

La Fraternité des policiers de Montréal a lancé une offensive contre les quotas de contraventions que les policiers ont à respecter. Au cours des prochains jours, les policiers distribueront au public un message imprimé sur du carton aux dimensions des constats d’infraction et incitant les citoyens à communiquer avec le maire Denis Coderre pour dénoncer les quotas. Selon un sondage Internet réalisé par Léger Marketing pour le compte de la Fraternité, 79 % des répondants seraient d’accord avec l’adoption d’une loi interdisant les quotas, comme l’ont fait la moitié des États américains. Le maire Denis Coderre a fait valoir que les constats d’infraction faisaient partie des fonctions des policiers et qu’ils avaient un rôle à jouer dans le sentiment de sécurité de la population. « Les gens peuvent m’appeler. Ça va me faire plaisir », a-t-il dit avant de lancer : « J’ai hâte de voir les policiers en uniforme intégral comme à Québec. »

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 16 décembre 2014 09 h 22

    L'effet pervers des quotas

    Les policiers n'ont jamais été reconnus pour leur jugement quand vient le temps de distribuer des contraventions. Or, ce qu'on soupçonnait depuis longtemps est maintenant chose avouée : on ne demande pas aux policiers de faire preuve de jugement, mais de distribuer un nombre x de contraventions.

    J'ai observé, à plusieurs reprises, des policiers qui, en fin de matinée, sur une avenue très passante en direction du centre-ville, se cachaient derrière un arbre, armé de leur pistolet cinémomètre. La pêche aux contravenants, c'est semblable à celle des poissons : il y a des moments de la journée où ça mord et d'autres où le poisson boude l'appât. Or, en choisissant ce moment de la journée, les policiers se comportaient en très mauvais pêcheurs. Ils pouvaient rester 15 ou 20 minutes sans rien attrapper. Fussent-ils venus à 6 heures le matin, à l'heure où les banlieusards cherchent à prouver que Saint-Eustache est à 10 minutes du centre-ville, qu'ils auraient fait une pêche miraculeuse, en autant qu'ils n'abusent pas et ne déciment pas les stocks de poissons.

    Mais il semble que les policiers n'aient même pas le pouvoir de choisir l'heure et l'endroit de la pêche. On leur assigne une portion de territoire et on leur dit qu'entre 10 heures et midi, ils doivent ramener 20 poissons – pardon, qu'ils doivent émettre 20 contraventions sans poser de question.

    Je ne suis pas aussi convaincu que M. Coderre que cette façon de faire alimente « le sentiment de sécurité de la population ».