Les bars demandent un meilleur appui des policiers

Les propriétaires de bars ne se sentent pas en mesure d’identifier les criminels qui fréquentent leurs établissements.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les propriétaires de bars ne se sentent pas en mesure d’identifier les criminels qui fréquentent leurs établissements.

Des propriétaires de bars souhaiteraient une meilleure collaboration des policiers afin de les aider à empêcher les criminels de fréquenter leurs établissements. Le président de l’Association québécoise de la vie nocturne, Sandy White, estime que les tenanciers ne sont pas toujours en mesure d’identifier les clients indésirables.

Selon M. White, les policiers demandent souvent aux propriétaires de bars d’interdire l’accès à leurs établissements aux criminels. Mais il peut être très difficile pour un propriétaire de reconnaître ceux-ci. « Et si quelqu’un ne commet pas d’acte répréhensible, que peut-on faire ? Si on exclut des gens, ça peut même mener à du profilage racial », signale M. White.

Certains commerçants se sont par ailleurs plaints auprès de l’Association de la vie nocturne des opérations policières impromptues au cours desquelles une dizaine de policiers font irruption dans les bars achalandés à la recherche de membres de la pègre. Ces opérations indisposent les clients et ne donnent pas toujours des résultats probants, estime l’Association.

Les menaces de voies de fait et d’intimidation dont seraient victimes des propriétaires de bars du Plateau, tel que relatés lundi par un policier lors d’une audience devant la Régie des alcools, des courses et des jeux et rapportés par La Presse, ne seraient pas chose courante, soutient M. White. Certains se disent même plus dérangés par les « menaces » de suspension de leur permis de la part des policiers en lien avec la présence alléguée de criminels dans leurs bars, relate-t-il. « S’ils sont si criminels que ça, pourquoi ne sont-ils pas en prison ? » se demande-t-il.

L’Association croit qu’il serait plus approprié que des policiers en civil soient présents dans les bars pour identifier les criminels ou qu’ils aident les portiers à l’entrée des établissements. M. White indique que l’Association en a fait la demande auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais que celui-ci a refusé. Ce type de collaboration existe dans d’autres villes, soutient-il.

Sandy White cite également le programme BarWatch implanté par les tenanciers de bars en Alberta et en Colombie-Britannique en collaboration avec les forces policières.

Il n’a pas été possible d’obtenir des précisions de la part du SPVM à ce sujet.

Une loi?

L’Association envisage même de suggérer l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi interdisant l’entrée des bars aux individus condamnés pour trafic de stupéfiants ou pour leur appartenance à un gang criminel. M. White indique qu’il rencontrera des représentants du ministère de la Sécurité publique la semaine prochaine et que cet enjeu sera soulevé.