Le SPVM fait porter le blâme au QG

Manifestation à l'hôtel de ville de Montréal le 18 août dernier
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Manifestation à l'hôtel de ville de Montréal le 18 août dernier

Un rapport interne du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) blâme la lenteur et l’inaction du Centre de commandement dans le dossier du saccage de l’hôtel de ville par des employés en colère, le 18 août dernier.

Le rapport de rétroaction exonère par ailleurs de tout blâme les policiers sur le terrain. « S’il y a eu des images véhiculées par les médias sur l’intervention policière qui ont choqué, il n’y a eu ni inaction ni collusion avec les manifestants », constate le rapport de 24 pages.

Les reproches visent le Centre de commandement et de traitement de l’information (CCTI), qui donnait les ordres à partir du quartier général du SPVM, rue Saint-Urbain.

Les débordements sont survenus très rapidement, prenant de court le CCTI. Les premiers manifestants se sont regroupés près de l’hôtel de ville vers 18h, et à 19 h 36, ils étaient déjà repartis après avoir semé la pagaille. L’essentiel des méfaits a été commis sur une période encore plus courte de 24 minutes, peu avant 19 h.

Des policiers sur le terrain ont demandé des renforts, mais leurs appels n’ont pas été pris en compte avant 18 h 51, alors qu’il était déjà trop tard pour contenir les employés en colère. Les officiers responsables au CCTI « n’ont jamais ressenti l’urgence d’agir », note le rapport.

L’ordre de procéder à des arrestations a été donné à 19 h 04, alors que les manifestants ressortaient tous de l’hôtel de ville à la hâte.

« Il y a eu confusion quant au sérieux de la situation. Des actions immédiates n’ont pas été prises par les officiers sur le terrain. Les demandes de faire entrer des policiers à l’intérieur n’ont pas été retenues », résume le rapport.

Des employés, principalement des cols bleus et des pompiers, ont envahi la salle du conseil, intimidé des élus et pourchassé le maire Denis Coderre jusqu’à son bureau (44 d’entre eux ont été accusés d’attroupement illégal, méfait ou voies de fait).

Quatre policiers syndiqués et quatre officiers de direction ont été traduits en discipline. Les hauts gradés ont déjà reconnu leurs torts. Il n’y aura pas d’autres sanctions dans cette affaire, a confirmé le directeur du SPVM, Marc Parent.

Dépenses contrôlées

Le SPVM a présenté un budget de 687 millions de dollars pour 2015, en hausse de 0,1 % par rapport à l’année précédente. Le directeur du SPVM, Marc Parent, est satisfait de la hausse totale de 90 000 $ puisqu’elle est largement inférieure à l’inflation. Le SPVM a diminué son effectif de 56 années-personnes chez les policiers et de 39 années-personnes chez les civils. L’effectif total sera de 5580 années-personnes en 2015. Le SPVM sera confronté à une vague importante de départs à la retraite, avec 908 départs anticipés au cours des cinq prochaines années. Par ailleurs, le chef Parent n’exclut pas de confier au privé la gestion de tâches cléricales liées à la circulation (signalisation, surveillance de chantiers) et de fusionner encore des postes de quartier (ceux de Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles sont dans la mire). Il espère enfin compléter la délicate réforme du Service des enquêtes d’ici 2016.
1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 4 décembre 2014 07 h 41

    Alors, si je comprends bien...

    lors du Printemps érable, quand les policiers établissaient des souricières pour empêcher la dispersion qu'ils ordonnraient ou laissaient des centaines de manifestants pacifiques menottés des heures sans eau ou médicament, c'était aussi un ordre du QG?