Outremont aux prises avec un nouveau débat

Les souccas, installées à côté des résidences, à l’occasion de Souccot, l’une des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Torah, qui dure neuf jours.
Photo: Bernat Armangue Associated Press Les souccas, installées à côté des résidences, à l’occasion de Souccot, l’une des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Torah, qui dure neuf jours.

La réunion du conseil d’arrondissement d’Outremont s’annonce houleuse, lundi soir, les élus devant se prononcer sur d’éventuels changements au règlement qui permettraient l’installation de « souccas », ces cabanes installées chaque automne par près de 1200 familles juives hassidiques du quartier. Un nouveau débat qui menace de raviver les tensions entre la minorité hassidique et la majorité, craint la mairesse, Marie Cinq-Mars.

Au coeur de la controverse : la volonté du service d’urbanisme et de la conseillère Mindy Pollak de faire passer de 15 à 24 jours la durée pendant laquelle sont permises les souccas, installées à côté des résidences, à l’occasion de Souccot, l’une des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Torah, qui dure neuf jours.

Trois ou sept jours?

Le règlement outremontais actuel permet que ces abris temporaires restent en place pendant 15 jours, sans préciser une date de début ou de fin dans les semaines entourant la célébration, ce qui complique son application. Le service de l’aménagement urbain a donc proposé un délai de sept jours avant et de sept jours après Souccot pour permettre le montage et le démontage des souccas. Une formule qui a fait ses preuves dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, notent les partisans de la proposition.

La mesure n’obtient pas que des appuis, toutefois. Lors de la dernière réunion du conseil d’arrondissements, devant une salle comble, un citoyen a même dû être escorté par la sécurité. Le conseil avait alors reporté sa décision au 1er décembre.

La conseillère Céline Forget propose maintenant de limiter les délais à trois jours avant et trois jours après la fête. Ce qui est bien trop peu, selon des citoyens. « Certaines années, les familles ne disposeraient même pas d’une journée pour bâtir et décorer leur soucca. Ce sera le cas l’année prochaine. La journée de la fête tombe un lundi, mais, le dimanche, un règlement interdit la construction et, lors du sabbat [le samedi], les juifs hassidiques observent leur jour de repos. […] Si on ajoute à tout cela la météo et les obligations familiales, il est clair que le projet risque d’occasionner beaucoup de contraventions », notent les signataires d’une lettre ouverte envoyée au maire Denis Coderre. Selon eux, s’il est adopté, ce règlement deviendrait le plus sévère de son genre en Amérique du Nord.

Mais la mairesse Cinq-Mars juge qu’il ne faut pas rouvrir ce débat qui menace une fois de plus le fragile équilibre outremontais. « À Outremont, la tension a baissé. On vit en paix. J’ai beaucoup travaillé en ce sens-là. Rouvrir ce débat va polariser les gens. Ça risque de créer une nouvelle fois de la confrontation entre les communautés, dit-elle. […] On a une obligation d’accommodement raisonnable pour certaines pratiques religieuses. Ce n’est pas moi qui l’ai inventé, c’est dans la Charte. C’est ainsi pour la pâque russe, le dimanche des Rameaux des Libanais. C’est la même chose pour la soucca. »

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22 commentaires
  • Lise Bélanger - Abonnée 1 décembre 2014 04 h 41

    J'ai vécu la plus grande partie de ma vie à Outremont, j'ai vu l'augmentation de la présence juive dans ce petit arrondissement.

    De plus en plus les commerces péréclitent, faute de clients non juifs et les non juifs commencent à fuir Outremont.

    Ceci en grande partie du à la tension que fait vivre une communaué, elle-même disparate,ancrée dans des traditions souvent ridicules, comme l'érouv que je vois souvent implanté illégalement.

    Ces communautés juives, hermétiques, intrinsèquement anti-sociales, font qu'Outremont n'est déjà plus la petite ville des intellectuels québécois et français, uparfois bourgeois.

    Ces communautés s'agrandissent de gens venant principalement de New-York et pour qui le français n'existe pas, d'autant qu'ils peuvent très bien vivre ici sans jamais avoir à dire un mot en français, grâce à notre immense tolérance linguistique.

    Ces communautés sont inadaptables car elle refusent tous compromis et par leur essence même ne doivent pas se mêler aux autres, les non juif. Elles sont une enclave dans les sociétés.

    Ce qui automatiquement amène des conflits, des tensions. Parce que pour qu'il y ait harmonie et bonne entente, les communautés doivent se respecter mutuellement.

    Ce qui ne peut exister avec ces communautés juives car leurs principes religieux ne fait aucune concession et ce partout dans le monde.

    Je suis à la fois heureuse et triste d'avoir quitter Outremont et je ne suis pas la seule. Heureuse, car lutter continuellement avec des groupes religieux radicaux est un stress que je suis jeureuse de ne plus vivre. Triste, de voir un coin de ville, autrefois si calme, devenir une petite marmite bouillante et où il ne fait plus bon vivre.

    • Cheskie Weiss - Inscrit 1 décembre 2014 14 h 47

      @Lise :

      Pour avoir réside à Outremont depuis plus de 15 ans, je peux vous dire qu'on a seulement à ouvrir les yeux pour voir qu'il y a une abondance de respect et d'harmonie dans ce quartier. Vous avez entendu parler de l'organisme les Amis de la rue Hutchison ou du site OutremontHassid.com?

      La plupart des outremontais entretiennent des relations respectueuses avec leurs voisins hassidiques. Ce fait s'est confirmé lors de la consultation publique qui a eu lieu dernièrement. Nous avons pu constater à quel point la majorité des gens non-hassidiques ont soutenu le gros bon sens au nom de leurs voisins hassidiques.

      Oui, parfois il y a des tensions. Et oui, il peut y avoir des différends, mais imposer des lois suffocantes et des règlements irréalistes aux Hissidim ne fera qu'attiser les tensions.

      Le dialogue ouvert et respectueux constitue la seule façon d'atténuer les tensions. Mais ce n'est pas en ridiculisant des traditions paisibles millénaires (comme vous l'avez fait) qu'on y arrivera. On pourrait aussi bien ridiculiser l'halloween ou des arbres de Noël. Mais à quoi bon?

      Il n'y a pas si longtemps dans notre quartier, Mme Forget s'est objecté à l'érouve juif (un fil invisible) sur la base qu'il lui enlèverait le droit de faire voler son cerf-volant dans les rues urbaines. On veut parler de pratiques ridicules? Même le juge dans la cause judiciaire occasionné par sa plainte a qualifié cette préoccupation de "ridicule."

      Je vous suggère fortement de vous mettre à jour en lisant les postes récents sur OutremontHassid.com

    • Claude Lachance - Inscrite 1 décembre 2014 17 h 31

      monsieur Weiss, je vous invite à vous informer des problèmes de cette communauté sur le site bien informé de M. Pierre Lacerte, Accommodement Outremont, cette lecture vous donnera un son de cloche autre que celui qui provient uniquement de la communauté assidique,

    • Christian Aubry - Inscrit 2 décembre 2014 01 h 20

      Madame Lachance, si vous êtiez une lectrice assidue du blogue de Pierre Lacerte, vous devriez savoir que lui et Cheskie Weiss se connaissent fort bien. Le nom de ce dernier y est cité à plusieurs reprises.

      Le problème, avec le blogue de M. Lacerte, ce n'est pas la qualité du travail de recherche ou d'écriture, qui est souvent excellent. C'est le concept même d'un journal qui ne viserait qu'un seul objectif: détruire une communauté entière, dénoncer jour après jour d'infâmes complots comme de négligeables pécadilles, à tort et à travers, en multipliant les amalgames, en caricaturant à l'extrême.

      Et pour quel résultat? Je vous avoue que je ne connais pas la réponse et que la bienséance de ce journal m'interdit de me perdre en conjecture. Ce que je sais et puis dire ici, en revanche, c'est que le concept d'OutremontHassid est fort différent. Il vise à encourager une expression moderne et ouverte de la communauté hassidique, à accueillir des témoignages, voire des débats de toute provenance, à tisser des liens. Il représente à mes yeux l'image d'une communauté qui, tranquillement, s'ouvre et évolue.

      Je crois que nous autres, québécois, francophones, citoyens modernes d'un pays moderne, devrions avoir à coeur d'encourager cette évolution plutôt que de l'empêcher d'éclôre par un rejet en bloc. Nous devrions juger chaque cas à la pièce et non selon nos préjugés.

      N'oublions pas que la fermeture de nos sociétés à la réalité juive (et hassidique) est susceptible d'amener ces derniers à se replier encore plus sur eux-mêmes, comme c'est déjà arrivé, dans ce pays, de 1920 à 1940 (http://tlmv.ca/judaiqc). À moins de vouloir les chasser purement et simplement, ce qui serait à mes yeux totalement ignoble et répugnant, je ne vois pas comment une telle attitude pourrait apporter une quelconque amélioration à la situation.

  • Marc Lacroix - Abonné 1 décembre 2014 07 h 16

    Confrontation entre les communautés !

    C'est là, où se situe le problème, quand les communautés s'isolent les une des autres sous des prétextes religieux... ou raciaux — la communauté — n'a aucune chance de voir le jour. Cette vision du — nous VS les autres — mène de par son existence même vers les affrontements et une forme d'individualisme collectif outrancier; mes droits sont importants, ceux des autres, s'ils ne contreviennent pas aux miens peuvent le devenir... un peu.

    La libanisation des communautés n'a pas a être vue comme un droit acquis en vertu de la fumeuse charte des droits et libertés pour laquelle, par exemple, le sexisme peut exister s'il est entériné par un groupe quelconque — qui crie fort — et se paie de bons avocats.

    Expliquez-moi comment il se fait que tout dépendant à quel groupe une personne appartient, elle peut jouir de droits à géométrie variable ? Nous ne pouvons bâtir de véritables sociétés dans un fouillis pareil !

    Il n'y a pas si longtemps un ancien juif hassidique (Yonanan Lowen) a décidé de poursuivre le gouvernement du Québec qui, par sa maladive inertie, a permis que sa communauté le prive d'une éducation minimale; va-t-on finir par comprendre que la pseudo tolérance entraine des injustices plus réelles que celles entrainées par les avocasseries théoriques qui se règlent à la Cour suprême !

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 décembre 2014 09 h 33

      Franchement, ces cabanes ne menacent rien du tout... Que dire des terrasses sur t.Denis qui obligent les piétons à marcher au milieu des automobiles?

    • Sylvain Auclair - Abonné 1 décembre 2014 10 h 23

      Il ne s'agit pas de plusieurs communautés, mais d'UNE communauté face à la société.

    • Christian Aubry - Inscrit 1 décembre 2014 14 h 12

      Face à quelle société, M. Auclair? Pas à celle dans laquelle je vis, je vous assure. Je vis sur la rue Hutchison, où j'ai acheté en 2013, et à un prix malheureusement pas du tout bradé, un condo situé à deux pas de la grande synagogue Satmar du carrefour Saint-Viateur. Je suis francopĥone, intéressé par les questions intellectuelles, partisan de la laïcité (c'est à dire à la stricte séparation entre la religion et les affaires d'état) et, au plan spirituel, totalement antithéiste, pour ne pas dire athée.

      Cela ne m'empêche pas de respecter les choix de vie des autres, tant et aussi longtemps qu'ils me respectent et respectent la loi. Des magasins et des voisins hassidiques, il y en a tout autour de chez moi. Les plus immédiats sont sortis sur leur balcons pour me souhaiter la bienvenue lorsque j'ai emménagé. Depuis lors, nous ne passons pas nos soirée à jouer aux cartes ensemble, mais nous entretenons d'excellentes relations de bon voisinage. Et oui, je parle en anglais avec le mari tandis que sa femme, élevée ici, comprends très bien mon français et me répond dans les deux langues.

      Par ailleurs, ces gens sont généralement pacifiques et ne cherchent à convertir personne. Oui, ils restent généralement entre eux mais il y a une foule d'initiatives de part et d'autre qui cherchent à créer des ponts, des occasions de communiquer, de se comprendre et D'ÉVOLUER.

    • Christian Aubry - Inscrit 1 décembre 2014 14 h 12

      Car tout le monde peut évoluer, savez-vous? Vos grand-parents n'aimaient peut-être pas se faire traiter d'arriérés ne parlant pas la langue dominante, mais ils se sont battus pour préserver leur intégrité morale et culturelle, sans que cela les empêche d'évoluer. Les communautés hassidiques sont, elles aussi, beaucoup moins immobiles que vous ne le pensez sans vous donner la peine d'entrer en contact avec elles.

      Le cas Lowen dont parle M. Lacroix plus haut est un exemple extrême de cette évolution qui fait bien l'affaire de l'intolérance, mais il y a d'autres. Comme celui, exemplaire, de ma conseillère d'arrondissement, Mindy Pollak, une jeune femme de 25 ans parlant un excellent français et travaillant fort, avec nous tous, Québécois de souche ou d'adoption qui l'appuyons, afin de séparer les affaires de religion et les questions citoyennes relevant du bon voisinage, du respect mutuel et de l'empathie.

      Oui, il y a du travail à faire, mais ce travail ne peut aller que DANS LES DEUX SENS, sans quoi renaîtra le spectre de l'intolérance qui conduit généralement les communautés ostracisées à se replier encore un peu plus sur elles-mêmes. Est-ce cela que vous souhaitez?

  • François Dugal - Inscrit 1 décembre 2014 08 h 33

    Proverbe chinois

    "Là ou s'arrête la Charte, commence les règlements municipaux" - Lao-Tseu

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 1 décembre 2014 08 h 47

    Trop grand danger?

    Ces constructions temporaires sont comme des boîtes d'allumettes quasi adhérentes
    aux logements des immeubles!!S'il fallait qu'un fil électrique tombe sur l'une d'elles
    ou que la foudre d'un violent orage du réchauffement climatique s'abatisse sur des
    matériaux à vue d'oeil si inflammable,ou encore,le pire des scénarios,qu'un vilain
    juifhophobe circulait la nuit muni d'un jerry-can de 5 litres à bec-verseur...Le diable
    est dans les détails,qu'on y croit ou pas.

    • Christian Aubry - Inscrit 1 décembre 2014 16 h 30

      M. Guillote, j'entends bien votre premier argument mais, en ce cas, édictons des règles de sécurité concernant *toutes* les constructions temporaires, et ce tout au long de l'année.

      Le 6 octobre, Mme Forget insinuait que si l'on devait "allonger" la période d'autorisation de 15 (flexible car sans date) à 23 jours (à date fixe), il allait falloir réexaminer la sécurité, les matériaux, etc. En d'autres termes, et si le danger duquel vous nous avertissez est vrai, il s'agit de contraindre les Juifs pratiquants en-deça de leur seuil minimum de confort tout en risquant quand même leur vie et celle de leurs voisins pendant 15 jours. Expliquez-moi ce que l'on a résolu là!

      Quant au deuxième argument, je veux croire que c'est par pure inconscience que vous brandissez vous-même, ici, le spectre odieux d'un attentat antisémite, ce que personne, jusqu'ici, n'avait osé imaginer. Doit-on, pour faire bonne figure, imaginer qu'un militant écologiste pourrait mettre le feu à un point de vente de sapins de Noël et que, par conséquent, il est urgent de les interdire? Poser la question, je crois, c'est y répondre.

  • Gilles Delisle - Inscrit 1 décembre 2014 09 h 29

    Les prescriptions folles des religions!

    Comme dans bien d'autres religions, on assiste encore une fois aux élucubrations complètement folles d'un groupe religieux, l'installation des souccas. Autrefois, la religion catholique, aujourd'hui, les juifs ultra-radicaux, demain les musulmans, après demain, ce sera autour de qui? La laicité dans notre pays devient de plus en plus importante, mais on a refusé la Charte qui nous était proposée! Tant que nous n'aurons pas réglé ce problème, nous serons obligés de subir le diktat de ces religieux.

    • François Dandurand - Inscrit 1 décembre 2014 21 h 20

      Dieu merci! La charte n'était que l'illustration de l'intolérance de gens comme vous monsieur Delisle qui jugez si légèrement l'ensemble des religions. Vous devez vous sentir particulièrement mal à l'approche de Noël. Encore une fois laïcité et tolérance ne semblent pas être sinonyme. Personne ne vous oblige à subir de diktat. La seule chose que les gens qui ne pensent pas comme vous vous oblige c'est à l'ouverture d'esprit et à la tolérance. Mais force est de constater qu'ils ont beaucoup de travail avec vous.

    • Christian Aubry - Inscrit 2 décembre 2014 00 h 49

      M. Delisle, je me demande sur quoi vous vous basez pour juger l'installation des souccas d'«élucubrations complètement folles d'un groupe religieux». Je peux comprendre que ce rituel ne vous concerne pas, que vous ne croyez probablement en aucun dieu et que vous vous méfiez des pouvoirs religieux comme de la peste. Mais croyez-vous réellement que les milliards d'êtres humains qui croient en un Dieu ou un autre sont "complètement fous"? Les États-Uniens sont-ils "complètement fous"? Vos propres ancêtres étaient-ils "complètement fous"?

      Je suis moi-même un grand partisan de la laïcité, mais je crois résolument, à l'instar du professeur Claude Braun, qu'il ne faut pas se tromper de cible. L'an dernier, en plein débat sur la Charte des "Valeurs", il écrivait ceci: (source: http://tlmv.ca/laicitemoderne)

      «La laïcité peut et doit être une dimension fondamentale et centrale de tout État moderne, pas une vulgaire réglementation concernant deux ou trois bouts de tissu, quelques bâtons en forme de croix, etc. La laïcité est ailleurs. Elle est infiniment plus glorieuse que ce qui décante des rictus xénophobes. Elle est exprimée absolument clairement dans la loi de "Séparation des Églises et de l’État de 1905" en France (...) : L’État se déclare incompétent en matière de religion et ne finance en aucune façon quelque fonction ou organisme religieux que ce soit.»

      «Voilà la seule et la vraie laïcité. Si nous voulons créer un Québec réellement laïque, il faut oublier les trois considérations insignifiantes énumérées plus haut. Elles ne font que détourner le débat.»

      Fin de citation. Quant à "subir le diktat de ces religieux", précisons pour l'instant que ce sont eux qui subissent le diktat du règlement municipal le plus contraignant en Amérique au sujet des soukkas. Alors, s'il vous plait, M. Delisle, je crois que nous devrions tous essayer de tempérer nos émotions, de regarder la réalité en face et de nous ouvrir les uns aux autres plutôt que d'accentuer l'isolement de