Front commun des policiers contre les quotas

<p>Les syndicats évaluent que les policiers sont forcés de distribuer en moyenne de 16 à 18 contraventions par jour.</p>
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Les syndicats évaluent que les policiers sont forcés de distribuer en moyenne de 16 à 18 contraventions par jour.

Les syndicats policiers se liguent contre les quotas de contraventions.

La Fraternité des policiers de Montréal et la Fédération des policiers municipaux du Québec demandent à la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, de légiférer pour mettre un terme à cette pratique.

Selon les évaluations des syndicats, les policiers sont forcés de distribuer en moyenne de 16 à 18 contraventions par jour.

« Nos policiers veulent intervenir en matière de sécurité publique, pas pour collecter des taxes », a dit le président de la Fraternité, Yves Francoeur. Les quotas de contraventions transforment les patrouilleurs en percepteurs de taxes, a déploré M. Francoeur. En raison des pressions pour atteindre leurs objectifs, ils en viennent à délaisser leur mission première, qui consiste à assurer la sécurité publique.

Le vice-président de la Fédération, Paulin Aubé, a dénoncé « le double discours des politiciens ». « D’une part, les élus martèlent qu’il est primordial de respecter la capacité de payer des contribuables. D’autre part, ils imposent des objectifs financiers aux directions des services de police qui ne peuvent se concrétiser que par des quotas de contraventions. Cessons de jouer avec les mots?: les quotas, ce sont des taxes déguisées », a-t-il dit.

Les deux regroupements font valoir, pour soutenir leur demande, que 22 États américains ont déjà adopté des lois pour interdire l’imposition de quotas de contraventions aux policiers.

Sans lien avec le conflit

La Fraternité et la Fédération représentent plus de 9000 policiers syndiqués. Yves Francoeur et Paulin Aubé ont tous deux nié que leur revendication était liée au dur conflit de travail sur la réforme des régimes de retraite.

Encore la semaine dernière, la Ville de Montréal a déposé un grief pour forcer la Fraternité à rembourser 13 millions de dollars pour des amendes non perçues par les patrouilleurs. Selon les évaluations de l’administration Coderre, l’émission de constats a chuté de 37 % en septembre et octobre par rapport à la même période l’an dernier.

La Ville a déjà obtenu une ordonnance de la Commission des relations du travail (CRT) pour forcer les policiers à donner des contraventions de façon normale. Les deux parties seront de retour devant la CRT vendredi à ce sujet.

Cessons de jouer avec les mots: les quotas, ce sont des taxes déguisées.