L’industrie du trottoir s’attire les soupçons

L’absence de concurrence observée dans l’industrie du trottoir fait croire au contrôleur général, Alain Bond, que celle-ci est toujours «sous influence».
Photo: iStock L’absence de concurrence observée dans l’industrie du trottoir fait croire au contrôleur général, Alain Bond, que celle-ci est toujours «sous influence».

L’absence de concurrence observée dans l’industrie du trottoir fait croire au contrôleur général de la Ville de Montréal, Alain Bond, que celle-ci est toujours «sous influence».

Mandatée pour dresser un portrait de l’évolution des marchés à Montréal, l’équipe d’Alain Bond a analysé 607 contrats d’infrastructures octroyés par la Ville de Montréal entre 2008 et mai 2014. Ces contrats touchent des travaux d’égouts, d’aqueducs, d’asphaltage et de trottoirs.

Une baisse considérable dans le nombre d’appels d’offres a été observée en 2010 et 2011 après que la Ville eut suspendu l’octroi de contrats dans la foulée des allégations de corruption et de collusion, a expliqué M. Bond lors d’une présentation devant les membres du comité exécutif mercredi matin.

Dans le cas des travaux d’aqueducs et d’égouts, le contrôleur a observé que les prix soumis étaient 10 % plus bas que les estimations de la Ville en 2011 et 2012 alors qu’on a constaté une hausse des prix en 2013 et 2014 : « La fluctuation des prix semble suivre une courbe logique d’offre et de demande. » Un phénomène similaire a été observé pour les travaux d’asphaltage.

Absence de concurrence

La situation s’avère plus problématique lorsqu’il est question de réfection de trottoirs. Ainsi, M. Bond a observé une absence de concurrence dans ce domaine.

Une analyse effectuée en 2013 avait déjà révélé qu’entre 2002 et 2011, trois entreprises avaient accaparé le marché, en obtenant chacune 27 % de la valeur des contrats octroyés par la Ville de Montréal. « Il ne s’agissait pas d’une coïncidence, parce qu’au fil des ans, cette constance est régulière », a souligné M. Bond.

Or, ces entreprises sont disparues du marché après l’adoption de mesures pour lutter contre la collusion et la corruption. Pendant la période du 1er janvier au 28 mai 2014, sept contrats ont été accordés et les prix obtenus ont été de 16 % plus élevés que les estimations de la Ville, a souligné M. Bond. « La première hypothèse, c’est que le marché peut ne pas avoir terminé sa restructuration, a suggéré Alain Bond. La seconde hypothèse, c’est que le marché n’est pas en libre concurrence, ce qui signifierait donc que l’industrie du trottoir serait toujours sous influence. »

Travaux internes

Le contrôleur a soumis son analyse à l’inspecteur général afin qu’il en tienne compte dans ses travaux. Son équipe promet de maintenir à jour ses données et de parfaire son analyse au cours des prochains mois.

Alain Bond a également indiqué que son bureau étudierait, avec la collaboration des arrondissements, la possibilité de confier les travaux de réfection des trottoirs à des équipes de cols bleus, comme cela se fait déjà dans Villeray et dans Rosemont–La Petite-Patrie.

« C’est un travail de surveillance soutenu », a rappelé le maire Denis Coderre en insistant sur le rôle que jouera l’inspecteur général dans la lutte contre la collusion et la corruption. Il a aussi dit souhaiter que davantage de travaux de trottoirs soient effectués par les employés municipaux.

1 commentaire
  • Cyr Guillaume - Inscrit 6 novembre 2014 16 h 16

    Avec le PLQ de retour au pouvoir

    Rien de neuf sous le ciel du Québec, et plus particulièrement de Montréal! Coderre+Couillard (et potentiellement PET Junior) = corruption amplifié par 200%