Montréal envisage de bannir les sacs de plastique

<em>«Personnellement, je pense qu’on devrait les bannir»</em>, a déclaré le maire Denis Coderre mercredi lors de la séance du comité exécutif. 
Photo: Getty Images Agence France-Presse «Personnellement, je pense qu’on devrait les bannir», a déclaré le maire Denis Coderre mercredi lors de la séance du comité exécutif. 

À l’instar d’autres municipalités dans le monde, la Ville de Montréal songe à bannir les sacs de plastique dans les commerces de son territoire.

« Personnellement, je pense qu’on devrait les bannir », a déclaré le maire Denis Coderre lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif mercredi matin. « On parle beaucoup de développement durable. Ce sont des petits gestes qui font la différence dans la qualité de vie des gens. »

Le maire a confié le dossier au responsable du développement durable au comité exécutif, Réal Ménard. « Le point de départ, c’est qu’un sac blanc à usage unique prend plus de 100 ans pour se dégrader, a expliqué au Devoir M. Ménard. On souhaite qu’à terme, on voie davantage de sacs réutilisables dans l’industrie du commerce de détail. »

 

Consultation

La Commission sur l’environnement et le développement durable mènera une consultation l’an prochain afin de sonder les Montréalais sur le sujet, a-t-il dit.

L’Association des détaillants en alimentation du Québec n’est pas convaincue de la pertinence de bannir les sacs de plastique. L’enjeu avait déjà causé un branle-bas de combat au Québec au milieu des années 2000. Les chaînes d’alimentation avaient finalement convenu d’imposer des frais de 5 ¢ aux clients qui utilisaient des sacs de plastique. Recyc-Québec avait ainsi observé qu’entre 2007 et 2010, les Québécois avaient réduit de 52 % le recours aux sacs de plastique.

Évoquant une étude de Recyc-Québec, Pierre-Alexandre Blouin, vice-président aux affaires publiques de l’Association, a soutenu que le sac de plastique représentait une bonne option s’il était recyclé ou réutilisé. Le sac d’emplettes réutilisable a des vertus, mais il est difficilement recyclable lorsqu’abîmé, a-t-il souligné.

En 2012, Toronto avait banni les sacs de plastique, mais le maire Rob Ford avait fait annuler cette décision.

12 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 6 novembre 2014 07 h 25

    Dégradation

    D'où vient cette donnée sur la durée de dégradation des sacs de plastique? Comment du plastique peut-il se dégrader?

  • Jean Richard - Abonné 6 novembre 2014 08 h 35

    Et les ordures ménagères ?

    Dans bien des immeubles à logement on fait usage de grosses poubelles dans lesquelles les résidents placent leurs déchets emballés dans ces petits sacs de plastique provenant des marchés d'alimentation. L'absence de ces petits sacs obligerait ces gens à acheter des sacs à poubelle qui ont la particularité suivante : ils sont beaucoup plus épais que les sacs à fruit des épiceries et pour une même capacité en volume, ils contiennent beaucoup plus de matières premières - du pétrole. Alors, le véritable sac à usage unique, c'est le sac Glad ou ses semblables qu'on doit acheter (à un prix plus élevé que le 0,05 $ du sac d'emballage) et c'est surtout le plus nocif pour l'environnement.

    Il y a plus : pour les résidents des plus petites habitations, duplex et triplex, chaque occupant gère lui-même la mise à la rue de ses ordures domestiques. Et que demande la Ville de Montréal à ces gens qui déposent leurs ordures à la rue de façon individuelle ? Rien de moins que « sacs de plastique solides et étanches, d’un format minimal de 56 cm x 61 cm ». Le sac minimal prescrit par la Ville offre une surface quatre fois plus grande que celle des sacs à fruits ou à légumes des marchés d'alimentation. Et comme ils sont beaucoup plus épais, faites le calcul.

    Le sac minimal prescrit par la Ville est inutilement grand. Dans le cas d'un logement occupé par un célibataire ou même un couple, il faudra de deux à trois semaines pour l'emplir, mais personne n'est intéressé à ne sortir ses ordures qu'aux trois semaines.

    Qu'on diminue les emballages inutiles, soit ! Qu'on en fasse un usage plus rationnel, soit ! Mais l'interdiction totale est une autre fausse bonne idée qui produit des résultats contraires à ceux recherchés. C'est une autre idée à classer dans la catégorie vernis vert.

  • Marc Davignon - Abonné 6 novembre 2014 09 h 35

    Et maintenant ....

    Après la ville intelligente ... les sacs de plastique!

    N'y a-t-il pas de question plus urgente? Quand on sait que l'argent est rare, ne faut-il pas la dépenser plus « intelligemment »?

    Combien paie-t-on ce Monsieur? Combien nous coute la grande équipe de haut fonctionnaire?

    Monsieur va demander de faire une « apps » pour que nous puissions avoir «en temps réel» avoir l'état trous dans nos rues. Une autre « app » pour détecter «en temps reel» l'utilisation illégale de sac de plastique.

    Voilà comment ont résous les problèmes à notre époque : on fait une «app» et le tour est joué. Et ils s'endorment avec le sentiment du devoir accompli

  • Diane Veilleux - Inscrite 6 novembre 2014 09 h 41

    Demandez donc au maire quel impact cette décision aura sur le ramassage d'excréments de chiens.

  • Gaétan Fortin - Inscrit 6 novembre 2014 09 h 50

    Côté pratique...

    Que fera celui qui, n'ayant pas de voiture, fait ses provisions
    quasi quotidiennement dans toutes sortes de commerces d'alimentation ?

    Bien utile de pouvoir au gré de ses déambulations s'arrêter dans un
    commerce d'alimentation pour y faire ses provisions des quelques
    jours suivants ? Devra-t-il être muni en permanence d'un encombrant
    sac â provision ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 novembre 2014 13 h 46

      Je n'ai pas de voitures, mais...
      j'ai un sac à dos.

    • Louise Gagnon - Inscrite 6 novembre 2014 21 h 31

      Devra-t-il être muni en permanence d'un encombrant
      sac à provision ?
      Oh, que oui! Plein de monde prenne déjà plaisir à le faire et ce depuis plusieurs années. Il faut retourner un peu en arrière car l'avenir en dépend, retrouver des façons de faire performantes et ludiques, se laissés inspirés par le passé.

    • Micheline Gagnon - Inscrite 7 novembre 2014 07 h 39

      Je réutilise les sacs d'épicerie pour la chute à déchets et ai toujours dans mon sac à main un sac réutilisable «lavable» pour le reste. Les sacs d'épicerie réutilisables peuvent favoriser la prolifération de bactéries:
      http://canadiensensante.gc.ca/eating-nutrition/saf