Des voitures en libre-service partout à Montréal

Implanté à Montréal depuis plus d’un an, le système de voitures en libre-service permet aux abonnés d’utiliser une voiture pour de courtes distances sans réserver.
Photo: Communauto Implanté à Montréal depuis plus d’un an, le système de voitures en libre-service permet aux abonnés d’utiliser une voiture pour de courtes distances sans réserver.

Montréal devrait permettre l’expansion du service de voitures en libre-service à tout son territoire, estime la Commission sur le transport et les travaux publics dans un rapport déposé mercredi soir.

À la suite de consultations menées en septembre et octobre derniers, les membres de la commission suggèrent à l’administration d’inclure les voitures en libre-service (VLS) dans le Plan de transport de la Ville, au même titre que le transport en commun, le Bixi, le taxi et l’autopartage.

Implanté à Montréal depuis plus d’un an, le système de voitures en libre-service permet aux abonnés d’utiliser une voiture pour de courtes distances sans réservation.

Deux entreprises offrent ce service à Montréal, soit Communauto et Car2go, mais pour l’instant, elles ne sont autorisées que dans quatre arrondissements, soit le Plateau Mont-Royal, Rosemont-La Petite-Patrie, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et le Sud-Ouest. Réfractaire à ce service, le maire Coderre avait freiné son expansion lorsqu’il avait pris le pouvoir en novembre 2013, invoquant la concurrence faite à l’industrie du taxi.

Or, chaque véhicule en libre-service remplace trois voitures privées, diminue les émissions de gaz à effet de serre et améliore la qualité de vie des citoyens, note la commission.

Électrification

L’une des huit recommandations contenues dans le rapport de la commission suggère que « les autorités municipales compétentes encouragent les opérateurs de service de VLS à étendre leur service sur l’ensemble du territoire montréalais ».

La commission presse également l’administration d’établir, avec ses partenaires, des priorités pour faire évoluer le service vers une technologie plus écologique et de proposer des mesures pour aider à l’électrification des véhicules. Pour y parvenir, la commission suggère que la Ville instaure une tarification distincte pour les voitures électriques ou qu’elle invite les entreprises à participer à l’implantation d’un réseau de bornes électriques.

Les membres de la commission croient également que la Ville devrait exiger des entreprises un partage des données de déplacement de leurs véhicules et qu’elle commande auprès d’un organisme autonome — Polytechnique Montréal, par exemple — une étude sur l’impact du déploiement des voitures en libre-service sur d’autres modes de transport comme l’industrie du taxi.

La commission ne semble donc pas avoir retenu l’idée d’un système avec un seul fournisseur de service comme l’ont craint Communauto et Car2go. Rappelons que lors d’un voyage à Paris en mai dernier, le maire Coderre avait rencontré Vincent Bolloré, président-directeur général du Groupe Bolloré, fournisseur du système de voitures en libre-service parisien Autolib’, ce qui avait suscité certaines inquiétudes à Montréal.

4 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 5 novembre 2014 23 h 30

    Des doutes...

    « Or, chaque véhicule en libre-service remplace trois voitures privées, diminue les émissions de gaz à effet de serre et améliore la qualité de vie des citoyens, note la commission. »

    L'expérience est bien jeune pour pouvoir ainsi évaluer les retombées d'un tel système. Ainsi,

    - une voiture en libre-service POURRAIT remplacer trois voitures privées, mais elle ne l'a pas fait jusqu'ici et rien ne garantit qu'elle va le faire – qu'on nous démontre que dans les quartiers où a eu lieu l'expérience, le nombre d'immatriculation de voitures privées a diminué, ce dont on peut douter et,

    - la voiture en libre-service pourrait donner davantage accès à la voiture individuelle avec comme résultat possible (et même probable) que des gens sans voiture pourrait préférer cette formule aux transports en commun (ça s'est produit avec Bixi), ce qui ferait augmenter la circulation automobile – dispose-t-on vraiment de sondages auprès des usagers qui permettrait de démontrer le contraire ?

    Dans le cas possible où la voiture en libre-service rend trop aisé l'accès à l'automobile (alors que bien des grandes villes tentent au contraire de restreindre l'accès à cette forme de transport dans les centres-villes), la circulation automobile ne fera qu'augmenter, ce qui ne diminuera pas les émissions de GES et ne contribuera en rien à la qualité de vie des citoyens.

    Enfin, nous savons tous que la surpopulation automobile à Montréal a fait exploser les coûts du déneigement des rues. L'impossibilité de déblayer les rues des deux côtés à la fois (car on en retient un pour le stationnement) fait qu'on doit passer deux fois plutôt qu'une. Comment les sociétés de location de voitures vont-elles pouvoir s'assurer que les voitures ont toutes été déplacées à temps dans les zones de stationnement interdit pour des fins de déneigement ?

    A-t-on réponse à de telles questions ? Bien des gens ont des doutes bien légitimes.

  • Yves Lanthier - Abonné 6 novembre 2014 10 h 30

    Sondage

    Communauto a fait un sondage passablement élaboré récemment. On peut supposer que Car2go fait la même chose.
    Personnellement, je ne ferai pas de vélo à Montréal tant que je ne me sentirai pas en sécurité.

  • Pierre Carles - Inscrit 6 novembre 2014 13 h 06

    Dans le doute continuons à agir n'importe comment...

    Messieurs, quand bien même en effet les donnés précises manquent, faut-il vraiment chercher la petite bête ? Je pense qu'il n'est pas nécessaire de faire 10 ans d'études pour comprendre l'impact d'une telle solution.

    Oui, certaines personnes pourraient parfois remplacer un trajet en métro par un en voiture. Mais le prix n'est définitivement pas le même ! A équivalence, on parle de 2.5$ pour un trajet en metro vs entre 5 et 15 dollars pour le même en voiture libre. Le calcul est rapide non ?

    Maintenant, ma propre expérience : je suis abonné au service, je n'ai pas de véhicule particulier. Grâce à ce service combiné à communauto, je ne souhaite pas en acquérir. Je me déplace principalement en vélo et transport en commun, sauf pour les trajets particuliers qui sont complexes ou beaucoup trop longs par ces moyens là. Et ici encore, c'est un choix qui me coute davantage que si je prenait le bus + metro pendant une heure, donc que chacun limitera a hauteur des ses moyens. Et quand bien même, cela limiterait naturellement le nombre de véhicules en ville, donc les embouteillages, donc la pollution.

    Oui le rapport de la commission se base sur un questionnaire de Communauto auprès de tous ses abonnés. Il était relativement long, et je ne vois pas vraiment pourquoi les abonnés auraient menti.

    Pour finir, je trouve Montréal très sûr pour les vélos. Beaucoup de pistes, des rues assez larges. Oui il y a et aura toujours des accidents, comme il y en a en voiture, mais pour avoir pas mal voyagé, c'est TRÈS loin d'être préoccupant ici.

  • Pierre Carles - Inscrit 6 novembre 2014 13 h 14

    Autre chose..

    Oui la question du déneigement s'est déjà posée.

    Déjà cela diminuera le nombre total de voitures à moyen terme.

    Ensuite la question du déplacement des voitures s'est déjà posée et différentes stratégies sont mises en oeuvre :
    - en tant qu'usagé je suis tenu de me stationner dans un endroit ou il n'y a aucune restriction de stationnement pour au moins les prochains 12 ou 24h.
    - il y a souvent des périodes de gratuité suite aux tempetes de neige pour inciter les gens a prendre un vehicule et le laisser ensuite en lieu "sûr"
    - il y a des agents en charge du déplacement si jamais ils sont toujours là (chaque véhicule est localisable sur une carte a n'importe quel moment).