UberX sous haute surveillance

Mercredi, l’application de covoiturage d’UberX, qui permet à des automobilistes de transporter des passagers contre rémunération, a été activée à Montréal.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Mercredi, l’application de covoiturage d’UberX, qui permet à des automobilistes de transporter des passagers contre rémunération, a été activée à Montréal.

À peine arrivé à Montréal, le service UberX a été qualifié de « concurrence déloyale » pour l’industrie du taxi par le ministre des Transports, Robert Poëti, qui prévient déjà que l’entreprise devra se plier aux règles qui encadrent le transport rémunéré.

« On est ouverts au covoiturage et on pense que c’est une saprée bonne idée. Mais s’il s’agit d’une activité commerciale, il faut que les gens soient encadrés. Si c’est de la concurrence déloyale, ce n’est pas acceptable », a déclaré le ministre lors d’un entretien téléphonique.

M. Poëti dit avoir demandé à son ministère de procéder à des vérifications sur les opérations d’UberX afin d’éclaircir le flou juridique entourant ce service. L’entreprise ne pourra agir à sa guise, dit-il.

Le maire Denis Coderre, qui s’est entretenu avec le ministre Poëti mercredi matin, n’écarte pas la possibilité que des procédures judiciaires soient intentées contre l’entreprise comme cela s’est fait dans d’autres villes dans le monde. « On va regarder toutes les options, a-t-il dit. On ne peut pas arriver comme un cheveu sur la soupe et dire qu’on prend le contrôle de tout. […] On a un cadre réglementaire qui nous régit. »

 

Un service qui dérange

Mercredi matin, l’application de covoiturage d’UberX, qui permet à des automobilistes de transporter des passagers contre rémunération, a été activée à Montréal. Uber, qui récolte 20 % des revenus de chaque course, se targue d’offrir des tarifs en moyenne 30 % moins élevés que le taxi conventionnel.

L’entreprise se défend de se livrer à des activités illégales. Directeur général d’Uber Montréal, Jean-Nicolas Guillemette décrit le service comme du « covoiturage citoyen » qui présente des avantages économiques, écologiques et sociaux.

UberX ne concurrence pas le taxi, affirme-t-il, mais représente une option supplémentaire de transport au même titre que la voiture en libre-service, Bixi ou l’autobus 747. « Nous, ce qu’on veut, c’est s’asseoir avec les autorités et s’assurer de développer une réglementation pour encadrer le covoiturage. »

M. Guillemette assure que le service est sécuritaire pour les usagers. Uber a recours à une firme privée qui procède à une vérification des antécédents criminels des conducteurs auprès des corps policiers.

L’industrie du taxi ne voit pas d’un bon oeil l’arrivéed’UberX qui fait concurrence aux chauffeurs de taxi sans se plier aux mêmes contraintes. « C’est comme deux poids deux mesures », déplore DorySaliba, présidentduComité provincial de concertation pour le développement de l’industrie du taxi.

Contrairement au maire Coderre, Projet Montréal croit que l’arrivée d’UberX est une bonne nouvelle. « Dans ce que nous pouvons constater sur ce qui se passe dans les autres villes, ce type de transport est bien vécu par les participants », indique Catherine Maurice, attachée de presse au cabinet de l’opposition à l’Hôtel de Ville. « UberX a une bonne assurance et les antécédents des chauffeurs sont vérifiés. Il faut mettre de la pression sur le gouvernement du Québec pour qu’il encadre mieux ces nouvelles réalités de l’industrie du taxi qui semblent être là pour de bon. L’industrie du taxi est en pleine mutation. Le statu quo n’est plus possible. »


 
1 commentaire
  • Jacques Parent - Inscrit 30 octobre 2014 11 h 44

    ma sécurité par Uber prime sur les dinosaures

    Évaluer un mauvais chauffeur, payer par le web et suivre l'arrivée d'un véhicule sont des options essentielles. Je ne reviendrais jamais en arrière. Pour vivre au centre-ville, je vois des dizaines de mauvais conducteurs de taxi chaque jour. N'avoir aucun moyen de savoir si mon conducteur est dangereux ou pas est inacceptable. Je préfère vivre avec une utilisation illégale d'un bon service plutôt que d'encourager l'industrie du taxi archaïque de Montréal. Je ne mettrais plus jamais ma sécurité en jeu. Sans compter que les voitures sont souvent sales et n'offrent pas systématiquement le paiement par carte de débit ou crédit. Ce n'est pas seulement une question de sauver 15-30%. L'industrie doit s'adapter maintenant ou crever!