Luc Ferrandez devient chef intérimaire de Projet Montréal

Luc Ferrandez en conférence de presse lundi matin
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Luc Ferrandez en conférence de presse lundi matin

Luc Ferrandez est devenu lundi matin le chef par intérim de Projet Montréal après que Richard Bergeron eut décidé de céder sa place à la tête du parti qu’il a fondé en 2004. Le maire du Plateau Mont-Royal a indiqué qu’il ne fermait pas la porte à la possibilité d’être candidat à la mairie de Montréal en 2017. 

En conférence de presse, Richard Bergeron a invoqué le « poids des années » pour expliquer son retrait, lui qui a tenté, à trois reprises, de se faire élire à la mairie de Montréal. « En plus, j’ai le sentiment d’avoir atteint certaines limites », a-t-il dit. M. Bergeron demeurera conseiller municipal dans le district de Saint-Jacques. 

M. Ferrandez devra, dès lundi après-midi, assumer son nouveau rôle de chef de l’opposition puisque l’assemblée mensuelle du conseil municipal débutera à 14 h. Sa première bataille consistera à contrer le « projet destructeur » qu’est la réforme du financement des arrondissements imposée par l’administration de Denis Coderre, a-t-il prévenu. 

« Montréal est mal gérée. Ce n’est pas la seule responsabilité du maire actuel. Il y a de mauvaises décisions qui ont été prises dans les dernières années. Malheureusement, le maire actuel renforce ces mauvaises idées, la centralisation et la bureaucratie. On se dirige tout droit dans le mur en termes de contrôle des dépenses et de rémunération globale », a-t-il expliqué. 

Controversé? 

Luc Ferrandez soutient qu’il n’est pas aussi controversé que le prétendent les médias et que le nombre élevé de votes qu’il a obtenus lors des dernières élections en est la preuve. « En me proposant comme chef intérimaire, les élus de Projet Montréal ont fait le choix d’agir et de poursuivre la tradition de Richard Bergeron qui est de prendre des décisions qui ne plaisent pas à tout le monde », a-t-il expliqué. 

Les statuts du parti Projet Montréal fixent à six mois la période d’intérim à la chefferie. À moins que les instances du parti décident d’apporter des modifications aux règles, une course à la chefferie pourrait être lancée dans les prochains mois.

Luc Ferrandez n’écarte pas la possibilité d’être candidat et, s’il est choisi, de briguer la mairie de Montréal en 2017. « Ça va dépendre de la qualité des candidats, de l’évolution des enjeux, de la réforme des budgets d’arrondissement. Moi, je me présente [comme chef par intérim] entre autres parce que je veux lutter tout de suite, maintenant, d’arrache-pied contre la réforme des budgets d’arrondissement, contre la centralisation de la ville. Si ce n’est pas fini dans six mois, on verra. »

Du repos pour Bergeron 

Richard Bergeron a indiqué qu’il prendrait quelques jours de repos. À l’issue de la conférence de presse, il a quitté précipitamment les lieux, refusant d’émettre d’autres commentaires. 

Peu après sa défaite à la mairie de Montréal, en novembre dernier, Richard Bergeron avait fait savoir qu’il comptait quitter la vie politique dans un échéancier de 12 à 24 mois. 

Plus récemment, il s’était ravisé en laissant entendre qu’il pourrait être candidat à un poste de conseiller au scrutin de 2017, mais qu’il laisserait sa place à la direction du parti. 

Le maire Denis Coderre a salué le travail accompli par Richard Bergeron et le choix de Luc Ferrandez comme chef intérimaire de Projet Montréal.

«Il faut saluer l'apport de Richard Bergeron dans notre métropole. Bravo Luc Ferrandez pour sa nomination comme chef de l'opposition officielle par intérim», a-t-il commenté sur son compte Twitter.