Ottawa et le secteur privé appelés à payer leur part

Le sous-financement chronique du transport en commun appelle de nouvelles sources de financement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le sous-financement chronique du transport en commun appelle de nouvelles sources de financement.

Québec et Ottawa, de même que le secteur privé, devraient mettre plus d’efforts pour soutenir financièrement le transport en commun, révèle un sondage dévoilé jeudi par l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ).

Le sondage CROP réalisé en ligne auprès de 1000 répondants québécois pour le compte de l’ATUQ met également en relief que l’option d’une hausse de la taxe sur l’essence pour financer le transport en commun n’est guère populaire.

À l’heure actuelle, les sociétés de transport en commun au Québec puisent 36 % de leurs revenus auprès des usagers, contre 33 % auprès des municipalités et 21 % auprès du gouvernement du Québec alors que la contribution des automobilistes s’élève à 6 % et celle du gouvernement fédéral se limite à 1 %.

Or, 65 % des personnes sondées jugent que le gouvernement fédéral devrait hausser sa participation financière, et 52 % d’entre eux suggèrent que le secteur privé soit plus généreux à l’égard du transport en commun.

Taxes et péages

Parmi les solutions suggérées pour financer le transport en commun, l’option d’une hausse (de 0,5 à 1 ¢) du prix du litre d’essence n’obtient l’appui que de 15 % des répondants. Cette solution a longtemps été défendue par l’ex-maire Gérald Tremblay.

Pour leur part, le péage routier à l’heure de pointe et un pourcentage de la taxe de vente font meilleure figure, avec respectivement 35 % et 33 % d’appuis.

« Les hypothèses qui sont là ne font pas l’unanimité, mais de toute façon, quand on demande aux gens s’ils veulent payer davantage de taxes ou d’impôts, ils disent non », a commenté le président du conseil d’administration de l’ATUQ, Philippe Schnobb, qui s’est étonné que la taxe de vente obtienne l’approbation d’un tiers des répondants : « Il y a peut-être une piste de solution de ce côté-là ».

Alors qu’il prononçait une allocution devant les membres de l’ATUQ réunis à Boucherville pour un colloque, le ministre des Transports, Robert Poëti, a promis que malgré l’austérité budgétaire, Québec ne réduirait pas sa contribution financière au transport collectif. Mais selon lui, il faudra diversifier les sources de financement et « faire mieux avec ce qu’on a ».

À cet égard, M. Poëti a souligné que le taux de réalisation des projets d’infrastructures en transport en commun au cours des cinq dernières années se limitait à 60 %. Il a d’ailleurs évoqué la possibilité de revoir le partage des investissements requis entre Québec et les sociétés de transport compte tenu de la difficulté de certaines d’entre elles d’assumer leur part.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 10 octobre 2014 09 h 37

    Et les stationnements ?

    Vous êtes amateur de cinéma et fréquentez, puisque vous aimez les bons films, un certain cinéma du boulevard Saint-Laurent et un autre sur l'avenue du Parc. Sachez que si vous venez en voiture, ces deux commerces vont vous offrir un rabais substantiel sur le stationnement, rabais qui correspond au moins à un aller-retour avec la STM ou même davantage.

    Mais si vous prenez l'autobus pour vous y rendre, n'attendez pas une telle largesse de la part des exploitants de ces salles. Vous n'aurez ni réduction sur le coût de votre billet, ni remboursement de vos tickets d'autobus. Pourtant, il y a un coût associé au stationnement des voitures privées et ce coût, il est inclus dans votre billet (de cinéma).

    Ce sont deux exemples, mais on pourrait en déterrer des centaines. Chaque fois que vous allez dans un commerce qui rembourse une partie des frais de stationnement de ses clients, dites-vous que dans le prix des items que vous achetez, il y a une taxe déguisée qui sert à financer le stationnement automobile.

    Ne serait-il pas normal qu'un établissement accordant à ses clients ou à ses employés un soutien au transport par automobile privée soit tenu de contribuer également au transport en commun, là où il y a une desserte ? Le stationnement gratuit en milieu urbain ou périurbain, ça n'existe pas. Ce qui existe, c'est un stationnement dont les coûts ne sont pas défrayés par l'usager mais par une partie de la collectivité. On nous dira que ces établissements paient des taxes municipales. Soit ! Mais il faudrait voir s'il y a équilibre entre la partie des taxes payées qui vont aux transports en commun et le coût total du stationnement des voitures privées. Il ne faut pas oublier dans le calcul la portion des taxes qui vont aux infrastructures routières (dont les établissements profitent), beaucoup plus importante que celle allouée aux transports en commun.