Montréal veut récupérer l’argent des contraventions non distribuées

La semaine dernière, la Ville avait demandé l’intervention de la Commission des relations du travail car elle reprochait aux policiers d’avoir réduit le nombre de constats d’infraction qu’ils donnent.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La semaine dernière, la Ville avait demandé l’intervention de la Commission des relations du travail car elle reprochait aux policiers d’avoir réduit le nombre de constats d’infraction qu’ils donnent.

La Ville de Montréal a déposé un grief contre la Fraternité des policiers afin de récupérer les sommes qu’elle soutient avoir perdues en raison de la baisse du nombre de contraventions données par les agents depuis le mois de juin.

Le maire Denis Coderre a nié que la Ville ait ressorti la hache de guerre contre ses policiers. « C’est une question de processus. On va jusqu’au bout du processus », a-t-il expliqué. Selon lui, la conclusion d’une entente entre la Ville et la Fraternité des policiers la semaine dernière n’empêche pas le dépôt d’un grief : « On a convenu avec nos avocats et avec l’administration qu’on devait passer à une autre étape, tout simplement. »

Le maire n’a pas voulu préciser les montants que la Ville souhaitait récupérer.

Conciliation

La semaine dernière, la Ville avait demandé l’intervention de la Commission des relations du travail (CRT), car elle reprochait aux policiers d’avoir réduit le nombre de constats d’infraction distribués. Elle attribuait ce comportement aux moyens de pression des policiers qui sont opposés au projet de loi 3 sur les régimes de retraite. Après une longue journée de conciliation vendredi, les deux parties avaient conclu une entente.

La Fraternité s’était alors engagée à « prendre les moyens nécessaires pour demander à ses membres d’émettre de façon normale et habituelle des constats d’infraction aux contrevenants sur le territoire de la Ville ».

La sécurité ou l’argent ?

Le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, n’a pas semblé inquiété par ce grief. « Je ne suis pas inquiet, mais pas du tout. Première des choses, il n’y a pas de mot d’ordre des policiers, a-t-il indiqué. Ce qui est étonnant, c’est que […] pour la période qui nous est reprochée, il y a une baisse de 35 % du nombre d’accidents pour 2014 par rapport à 2013. C’est difficile de croire que nos policiers ne faisaient pas leur travail. »

Selon lui, la démarche de la Ville démontre que ce n’est pas la sécurité des citoyens qui lui tient à coeur, mais l’argent. Ce à quoi le maire Coderre a rétorqué qu’il s’agissait d’une question de relations de travail. « Ce n’est pas une question de sécurité », a-t-il affirmé.

En 2013, Montréal a récolté des revenus de plus de 150 millions pour les contraventions liées à la circulation et au stationnement.