La Ville accuse ses pompiers d’user de moyens de pression illégaux

Furieux contre le projet de loi 3 qui prévoit une importante réforme de leurs régimes de retraite, les pompiers ont adopté plusieurs moyens de pression, dont la pose d’autocollants sur les véhicules du Service de sécurité incendie de Montréal.
Photo: Nicolas Noël / CC Furieux contre le projet de loi 3 qui prévoit une importante réforme de leurs régimes de retraite, les pompiers ont adopté plusieurs moyens de pression, dont la pose d’autocollants sur les véhicules du Service de sécurité incendie de Montréal.

La Ville de Montréal a demandé jeudi l’intervention de la Commission des relations du travail (CRT) car elle allègue que le temps de réponse des pompiers aux appels d’urgence s’est allongé depuis le début du conflit lié aux régimes de retraite.

 

Montréal estime que la hausse des délais dans l’intervention des pompiers constitue un moyen de pression illégal qui compromet les services aux citoyens. La Ville soutient également qu’au cours des mois de juillet et d’août, elle a constaté une baisse dans le nombre de visites de prévention effectuées par les pompiers.

 

Elle s’est donc adressée à la CRT dans l’espoir que celle-ci ordonne à l’Association des pompiers de Montréal (APM), à ses dirigeants et à ses membres d’effectuer leurs tâches « de manière habituelle ».

 

La Ville n’a pas voulu donner plus de précisions sur les reproches faits aux pompiers ni sur l’ampleur des délais d’intervention qu’elle a enregistrés. « Les deux parties ont convenu de ne pas émettre de commentaires », a indiqué le directeur des communications du cabinet du maire Denis Coderre, Louis-Pascal Cyr, avant d’ajouter que « la Ville estime qu’il s’agit de moyens de pression illégaux, car il y a eu une diminution de la prestation de travail des pompiers ».

 

Conciliation

 

La CRT a convoqué les deux parties à une séance de conciliation à huis clos vendredi matin à 9 h 30 à ses bureaux. « Si cette séance ne permet pas aux deux parties de trouver une solution à leurs difficultés, la Commission les entendra en audience publique », a précisé la CRT.

 

De son côté, le syndicat a aussi été avare de commentaires. « Nous sommes très surpris », a confié le porte-parole de l’Association des pompiers de Montréal, Alexandre Dumas, jeudi soir. « Les informations nous sont arrivées en fin de journée. On ne connaît pas les arguments de la Ville pour justifier la demande d’intervention auprès de la Commission. On va les étudier ce soir. »

 

Relations tendues

 

La Ville est à couteaux tirés avec ses pompiers. Rappelons que 41 pompiers — dont le président de l’APM, Ronald Martin — font face à des accusations criminelles à la suite de la manifestation survenue à l’hôtel de ville le 18 août dernier. En parallèle, dans le cadre d’enquêtes disciplinaires menées par la Ville, 30 pompiers ont été suspendus sans solde. Mercredi, Ronald Martin a allégué que les enquêtes policières ayant conduit au dépôt d’accusations criminelles contre les pompiers émanaient d’une « commande politique ». Le leader syndical disait trouver suspect que certains pompiers aient été suspendus par la Ville, mais qu’ils ne fassent pas l’objet d’accusations criminelles, et vice-versa. « C’est ce qui nous fait penser que l’enquête a été bâclée et qu’il y a eu une commande politique », avait expliqué M. Martin.

 

Furieux contre le projet de loi 3 qui prévoit une importante réforme de leurs régimes de retraite, les pompiers ont adopté plusieurs moyens de pression, dont la pose d’autocollants sur les véhicules du Service de sécurité incendie de Montréal.