Les accusations visent surtout les pompiers

Le 18 août dernier, des centaines de syndiqués opposés à la réforme des régimes de retraite ont envahi la salle du conseil municipal de Montréal.
Photo: Jeanne Corriveau Le Devoir Le 18 août dernier, des centaines de syndiqués opposés à la réforme des régimes de retraite ont envahi la salle du conseil municipal de Montréal.

Des 44 employés municipaux accusés à la suite du grabuge survenu à l’hôtel de ville, 41 sont des pompiers, parmi lesquels le président de l’Association des pompiers, Ronald Martin. Deux cols bleus, dont le chef syndical Michel Parent, ainsi qu’une femme col blanc, figurent aussi parmi les accusés.

 

Les 44 personnes visées devront comparaître au palais de justice le 2 octobre prochain, révèlent les actes d’accusation dévoilés mercredi.

 

Les deux chefs syndicaux, qui étaient présents à l’hôtel de ville lorsque des dizaines de manifestants ont investi la salle du conseil municipal le 18 août dernier, font face à des accusations d’attroupement illégal et de méfait, a rapporté mercredi Radio-Canada. Deux pompiers sont aussi accusés de voies de fait contre des agents de sécurité.

 

Effet pervers

 

Le président de l’Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin, n’a pas voulu commenter les accusations portées contre lui. De son côté, le président du Syndicat des cols bleus, Michel Parent, a qualifié de « particulier » le fait que des syndiqués soient accusés d’attroupement illégal dans un hôtel de ville.

 

En entrevue à Radio-Canada, M. Parent a indiqué que si ces accusations ont semblé briser l’élan des syndiqués, l’effet n’est que temporaire. « L’effet pervers de ces accusations, c’est que ça fait une semaine qu’on ne parle pas du fond du dossier, soit le projet de loi 3, a-t-il dit. Mais les syndiqués sont vraiment motivés. »

 

Rappelons qu’en marge des accusations criminelles, le maire Denis Coderre a annoncé, vendredi, la suspension sans solde de 39 employés — 30 pompiers, 4 cols blancs et 5 cols bleus — en attendant la fin de l’enquête disciplinaire entreprise par la Ville.

 

Mercredi matin, le maire a fait savoir qu’il se rendait à Québec dans la journée pour y rencontrer le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, et faire le point sur le projet de loi 3. Le maire a assuré qu’il protégerait l’entente conclue avec les cols bleus, ajoutant qu’il était prêt à négocier avec les autres syndicats.« La porte est toujours ouverte. Ils n’ont pas besoin de la défoncer », a-t-il dit.

1 commentaire
  • Étienne Duclos-Murphy - Inscrit 4 septembre 2014 09 h 55

    Effet pervers

    L'effet pervers d'un geste stupide. Si ils veulent qu'on parle du projet de loi 3, qu'ils commencent par mettre de l'avant par eux-même autre chose qu'un "bumrush" dans un hotel de ville.